Sur le fond, je ne sais pas si l'argument est vraiment vrai. On peut imaginer un système assez simple où l'administration communique aux FAI une liste d'IP et/ou de noms de domaines à rediriger vers un site gouvernemental qui annonce "contenu filtré par tel service pour telle raison, contacter X si vous pensez que le blocage est injustifié". Du coup, les FAI devront bien sûr investir un peu dans une infrastructure capable de traiter ces requêtes, mais de là à traduire ça dans un retard de croissance du PIB, ça me semble assez déconnant. Les FAI ont par exemple dû investir pour répondre aux requêtes débiles de l'Hadopi, et ça m'étonnerait que ça ait couté des points de croissance au pays.
Les points de croissance, ce n'est pas juste pour faire de la bête redirection comme tu indiques. Si je reprend le billet de Benjamin Bayart, la solution de redirection simple vers un serveur du gouvernement a le double inconvénient de:
ne pas permettre de garder la liste des sites filtrés secrète (beaucoup de FAI a mettre dans la boucle) ou ne pas filtrer partout (rupture d'égalité devant la loi en fonction du FAI)
être très peu fiable (un DNS/VPN suffit pour contourner le filtrage)
Ce qui nous ferait perdre des points de croissance serait de revenir a un réseau archaïque, unique, et centralisé sur un seul acteur, contrôlé par le gouvernement. Cette solution est bien plus fiable, mais a quel prix ?
Je cite Benjamin Bayart:
Vouloir faire du filtrage sur le réseau, c'est une mauvaise idée, parce que le réseau n'est pas fait pour ça. Il faudrait en changer complètement la structure et les principes, mettre des machines beaucoup plus puissantes à chaque nœud du routage pour que ces machines puissent filtrer. Mais ça revient à exiger des investissements délirants des opérateurs, ou à prendre artificiellement du retard dans la croissance du réseau. C'est typiquement l'approche de l'ASI dans la Tunisie de l'époque Ben Ali: un réseau entièrement centralisé, sous contrôle du gouvernement, pour être filtré et espionné en permanence. Cela suppose de perdre quelques points de croissance en prenant du retard dans les nouvelles technologies, et ça suppose un État totalitaire. Délicieux.
[^] # Re: Amen
Posté par Mildred (site web personnel) . En réponse au journal "Le filtrage administratif, encore, vraiment ?" par Benjamin Bayart. Évalué à 3.
Les points de croissance, ce n'est pas juste pour faire de la bête redirection comme tu indiques. Si je reprend le billet de Benjamin Bayart, la solution de redirection simple vers un serveur du gouvernement a le double inconvénient de:
Ce qui nous ferait perdre des points de croissance serait de revenir a un réseau archaïque, unique, et centralisé sur un seul acteur, contrôlé par le gouvernement. Cette solution est bien plus fiable, mais a quel prix ?
Je cite Benjamin Bayart: