• [^] # Re: Nuance

    Posté par . En réponse au journal Le Parisien attaque un blog pour contrefaçon, ou comment se tirer une balle dans le pied. Évalué à 3.

    Pour le coup je suis assez d'accord avec Zenitram :

    Laisse ta morale de côté quand tu veux débattre.

    Et que puis-je dire en abandonnant mon sens moral ? Sans cela je ne peux plus juger de quoi que ce soit.

    Par exemple, tu peux intégrer ta morale à ton argumentation, sans l'invoquer explicitement. Si je débats avec quelqu'un, je me fiche de savoir si sa conception de la moralité est la même que la mienne. Par contre, en avançant des arguments de chaque côté, je peux évaluer où l'on se situe l'un par rapport à l'autre, comment notre conception de la vie (pour peu que le débat soit un peu abstrait) diffère, et comment il est similaire. Par exemple, il est fort possible que nous ayons tous les deux un fort sentiment anti-meurtre. Simplement, dans mon cas, je considère que toute mise à mort d'homme hors contexte de guerre est un meurtre, y compris lorsqu'un homme a été condamné à mort après avoir été reconnu coupable; y compris lorsqu'on la preuve irréfutable que l'accusé a effectivement commis un crime qui « vaille » la peine de mort. Je ne connais pas ta position sur le sujet, mais je connais tout un tas de gens qui seraient contre qualifier l'application de la peine de mort comme « meurtre ».

    J'ai donné des exemples que me semblent être largement reconnus, et qui ne nécessitent pas de débat, c'est pourquoi j'ai omis l'introduction « je pense que [ceci est mal] ». Ceci dit, si tel n'est pas le cas, on peut débattre dessus.

    Le problème c'est que même ces exemples-là sont discutables. Il ne s'agit pas de faire de la « relativisation absolue » (chouette, un oxymore !), mais par exemple, lorsqu'un gamin vole un croissant chez un boulanger, évidemment, c'est mal. Sauf que... sauf que peut-être que la vie du gosse qui a volé ainsi l'a mené à ça (encore une fois, je ressors l'exemple de Valjean, mais ça pourrait être moins extrême). Peut-être aussi ce gosse, qui voit tout le monde manger à sa faim et même plus, ne comprend pas pourquoi lui, il n'y a pas droit. Bref, ça va faire (削除) un peu (削除ここまで) carrément cliché, mais p'tet que c'est la faute à la société. Je t'invite à lire/écouter les chansons de Zebda (genre dans l'album « Essence ordinaire ») pour comprendre l'état d'esprit de ces gens.

    Le problème de penser en termes de « bien » et « mal », c'est que ça laisse très peu de marge pour considérer le contexte. Dans un monde idéal, personne ne volerait personne. Dans un monde idéal, tout le monde aurait un accès réellement égal à l'éducation, la nourriture, un loger, etc. Le monde n'est pas égal ni équitable pour tout le monde, et donc le bien et le mal ne peuvent être absolus, et doivent nécessairement évoluer avec le reste de la société.