Quand on achète un lecteur vidéo, ce qu’on en attend, c’est :
– de pouvoir l’allumer et l’utiliser,
– de pouvoir lire dessus n’importe quel film acheté dans le commerce ou emprunté à un proche.
Ce deuxième critère conduit à acheter un lecteur Blu Ray et pas un HD DVD.
Eh bien le consommateur de base achète un ordinateur avec quasiment les mêmes attentes et un ordinateur sous Windows répond aux deux.
Si Windows n’a pas l’hégémonie absolue, c’est uniquement parce qu’il répond assez mal à la première :
– une version de Windows sur deux est merdique (Vista, 8), et on n’a pas forcément le choix de prendre l’autre dans le commerce ;
– avec les virus ou pourriciels dont l’utilisateur non averti est victime, le fonctionnement se dégrade nettement avec le temps.
À ce stade-là, si le consommateur veut un ordinateur plus satisfaisant au niveau du premier critère, il sacrifie le deuxième... et achète un Mac.
L’autre aspect de la relative réussite du Mac, c’est son positionnement luxe. Des gens achètent bien des Mercedes ou des BMW X5, alors qu’en général, pour l’usage qu’ils en ont, une Volkswagen milieu de gamme bien moins chère ferait l’affaire avec une fiabilité proche.
Avec Linux, on a l’équivalent des voitures GPL (l’autre GPL) : ça revient moins cher et ça pollue moins, mais il y en a peu qui sont prééquipées (en général, l’installation doit être faite après l’achat), on ne peut pas aller dans certains parkings souterrains (DRM), on ne trouve pas le carburant (logiciels) partout. Voyez-vous beaucoup de voitures GPL ?
Ça n’est pas inhérent aux qualités ou défauts du système en lui-même, ils passent au second plan. L’améliorer pourra améliorer la satisfaction de ses utilisateurs, mais n’attirera pas toute la masse du grand public d’un coup, comme par magie.
Tout comme les voitures GPL ne sont achetées que par des utilisateurs avertis, les distributions Linux ne peuvent attirer dans les conditions actuelles qu’un public technophile.
La seule exception est le cas d’une solution clés en mains où l’installation et gestion du système sont prises en charge par l’entreprise ou un proche : ça ne répond pas mieux qu’un autre Linux à la deuxième attente (pouvoir utiliser n’importe quel logiciel — mais en entreprise, on n’a de toute façon pas souvent cette possibilité), mais ça peut facilement répondre mieux qu’un Windows non administré à la première (on allume et ça marche).
« Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone
# Consommation
Posté par Arthur Accroc . En réponse au journal Disruptive innovation comme y disent aux states. Évalué à 9.
Quand on achète un lecteur vidéo, ce qu’on en attend, c’est :
– de pouvoir l’allumer et l’utiliser,
– de pouvoir lire dessus n’importe quel film acheté dans le commerce ou emprunté à un proche.
Ce deuxième critère conduit à acheter un lecteur Blu Ray et pas un HD DVD.
Eh bien le consommateur de base achète un ordinateur avec quasiment les mêmes attentes et un ordinateur sous Windows répond aux deux.
Si Windows n’a pas l’hégémonie absolue, c’est uniquement parce qu’il répond assez mal à la première :
– une version de Windows sur deux est merdique (Vista, 8), et on n’a pas forcément le choix de prendre l’autre dans le commerce ;
– avec les virus ou pourriciels dont l’utilisateur non averti est victime, le fonctionnement se dégrade nettement avec le temps.
À ce stade-là, si le consommateur veut un ordinateur plus satisfaisant au niveau du premier critère, il sacrifie le deuxième... et achète un Mac.
L’autre aspect de la relative réussite du Mac, c’est son positionnement luxe. Des gens achètent bien des Mercedes ou des BMW X5, alors qu’en général, pour l’usage qu’ils en ont, une Volkswagen milieu de gamme bien moins chère ferait l’affaire avec une fiabilité proche.
Avec Linux, on a l’équivalent des voitures GPL (l’autre GPL) : ça revient moins cher et ça pollue moins, mais il y en a peu qui sont prééquipées (en général, l’installation doit être faite après l’achat), on ne peut pas aller dans certains parkings souterrains (DRM), on ne trouve pas le carburant (logiciels) partout. Voyez-vous beaucoup de voitures GPL ?
Ça n’est pas inhérent aux qualités ou défauts du système en lui-même, ils passent au second plan. L’améliorer pourra améliorer la satisfaction de ses utilisateurs, mais n’attirera pas toute la masse du grand public d’un coup, comme par magie.
Tout comme les voitures GPL ne sont achetées que par des utilisateurs avertis, les distributions Linux ne peuvent attirer dans les conditions actuelles qu’un public technophile.
La seule exception est le cas d’une solution clés en mains où l’installation et gestion du système sont prises en charge par l’entreprise ou un proche : ça ne répond pas mieux qu’un autre Linux à la deuxième attente (pouvoir utiliser n’importe quel logiciel — mais en entreprise, on n’a de toute façon pas souvent cette possibilité), mais ça peut facilement répondre mieux qu’un Windows non administré à la première (on allume et ça marche).
« Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone