La majorité des gens ont tendance à considérer le droit de restreindre l'utilisation qui est faite d'un logiciel comme un droit naturel. A vrai dire, ce droit est protégé de fait par la loi de la plupart des pays, même si plusieurs personnes diront que ce n'est pas le but originel des lois en question ceci entraîne certainement cela : c'est la loi, donc c'est normal.
Stallman, et la FSF, ont une toute autre opinion sur le sujet.
Digital information technology contributes to the world by making it easier to copy and modify information. Computers promise to make this easier for all of us.
Not everyone wants it to be easier. The system of copyright gives software programs ``owners'', most of whom aim to withhold software's potential benefit from the rest of the public. They would like to be the only ones who can copy and modify the software that we use.
Pour la FSF, le droit de restreindre l'utilisation d'un logiciel n'est absolument pas un droit naturel, mais plutôt une pratique amorale et anti-constructive. Comprendre ce point de vue permet d'éviter de grosses erreurs, comme de dire, par exemple, que la licence GPL est moins libre que les licences BSD (ou qu'elle est virale, ou qu'elle détruit la propriété intellectuelle). Si l'on se place du point de vue de Stallman, la GPL n'est pas moins libre, vu que le droit de « faire une version propriétaire » n'est pas considéré comme une liberté, mais comme une possibilité de restriction. Bien entendu, personne n'est obligé d'être d'accord avec la FSF; mais il ne faut pas considérer que « la GPL est moins libre », c'est un fait. Il s'agit juste d'une opinion, justifiable si l'on supporte le droit à restreindre l'utilisation d'un logiciel.
Dans l'optique de la FSF, la dernière phrase que tu cites n'est plus vraiment choquante. Ils considèrent avant tout la copie de logiciels comme un partage d'informations, indépendamment de la légalité de ladite copie. Ils n'ont jamais encouragé directement la copie illicite de logiciels propriétaires, mais, pour être cohérent, celle-i n'a rien de choquant ou d'amoral dans leur système de valeurs. Dans le même registre, une incompréhension courante est de dire qu'il n'y a pas lieu de hurler à chaque violation de la GPL si l'on copie ou utilise soi-même des logiciels de manière contraire à leur licence. Si effectivement, si l'on se place dans le point de vue d'un défenseur du copyright et de la législation associée, c'est défendre une loi qu'on viole soi-même. Mais d'un point de vue moral, si l'on suit les positions de la FSF, dans un cas il s'agit uniquement de passer outre des restrictions légales (considérées, de plus, comme anormales), dans l'autre, de priver les utilisateurs de certaines libertés. Dans le premier cas, c'est illégal mais ça n'est pas amoral selon la FSF, dans le second, c'est illégal ET amoral. Ils se préoccupent davantage de moralité que de légalité, et en celà, il ne faut pas voir la GPL comme une sacro-sainte icône du Libre, mais juste comme un outil permettant, dans le cadre des législations actuelles, de s'assurer qu'un code est libre et le restera.
But whether you run or change a program I wrote affects you directly and me only indirectly. Whether you give a copy to your friend affects you and your friend much more than it affects me. I shouldn't have the power to tell you not to do these things. No one should.
Ca, c'est un principe de la FSF. Si celui-ci était en usage, la GPL deviendrait de fait inutile et obsolète. Je le répète, elle n'est qu'un moyen.
Maintenant que ceci est dit, la FSF n'encourage personne à violer les lois. Elle a d'autres moyens, largement supérieurs, pour faire appliquer ses principes: utiliser et développer des logiciels libres. Si les gens utilisent des logiciels propriétaires, le fait que ce soit fait de manière légale ou illégale n'est juste pas leur problème. Leur problème, c'est avant tout de fournir au monde les moyens d'utiliser des logiciels qui suivent les principes qu'ils jugent justes.
[^] # Re: DRM : le format e-book de Microsoft piraté
Posté par Gruik Man . En réponse à la dépêche DRM : le format e-book de Microsoft contourné. Évalué à 10.
Stallman, et la FSF, ont une toute autre opinion sur le sujet.
( la suite, qui est un texte à avoir lu une fois dans sa vie, ici: http://www.gnu.org/philosophy/why-free.html(...) )
Pour la FSF, le droit de restreindre l'utilisation d'un logiciel n'est absolument pas un droit naturel, mais plutôt une pratique amorale et anti-constructive. Comprendre ce point de vue permet d'éviter de grosses erreurs, comme de dire, par exemple, que la licence GPL est moins libre que les licences BSD (ou qu'elle est virale, ou qu'elle détruit la propriété intellectuelle). Si l'on se place du point de vue de Stallman, la GPL n'est pas moins libre, vu que le droit de « faire une version propriétaire » n'est pas considéré comme une liberté, mais comme une possibilité de restriction. Bien entendu, personne n'est obligé d'être d'accord avec la FSF; mais il ne faut pas considérer que « la GPL est moins libre », c'est un fait. Il s'agit juste d'une opinion, justifiable si l'on supporte le droit à restreindre l'utilisation d'un logiciel.
Dans l'optique de la FSF, la dernière phrase que tu cites n'est plus vraiment choquante. Ils considèrent avant tout la copie de logiciels comme un partage d'informations, indépendamment de la légalité de ladite copie. Ils n'ont jamais encouragé directement la copie illicite de logiciels propriétaires, mais, pour être cohérent, celle-i n'a rien de choquant ou d'amoral dans leur système de valeurs. Dans le même registre, une incompréhension courante est de dire qu'il n'y a pas lieu de hurler à chaque violation de la GPL si l'on copie ou utilise soi-même des logiciels de manière contraire à leur licence. Si effectivement, si l'on se place dans le point de vue d'un défenseur du copyright et de la législation associée, c'est défendre une loi qu'on viole soi-même. Mais d'un point de vue moral, si l'on suit les positions de la FSF, dans un cas il s'agit uniquement de passer outre des restrictions légales (considérées, de plus, comme anormales), dans l'autre, de priver les utilisateurs de certaines libertés. Dans le premier cas, c'est illégal mais ça n'est pas amoral selon la FSF, dans le second, c'est illégal ET amoral. Ils se préoccupent davantage de moralité que de légalité, et en celà, il ne faut pas voir la GPL comme une sacro-sainte icône du Libre, mais juste comme un outil permettant, dans le cadre des législations actuelles, de s'assurer qu'un code est libre et le restera.
Ca, c'est un principe de la FSF. Si celui-ci était en usage, la GPL deviendrait de fait inutile et obsolète. Je le répète, elle n'est qu'un moyen.
Maintenant que ceci est dit, la FSF n'encourage personne à violer les lois. Elle a d'autres moyens, largement supérieurs, pour faire appliquer ses principes: utiliser et développer des logiciels libres. Si les gens utilisent des logiciels propriétaires, le fait que ce soit fait de manière légale ou illégale n'est juste pas leur problème. Leur problème, c'est avant tout de fournir au monde les moyens d'utiliser des logiciels qui suivent les principes qu'ils jugent justes.