• [^] # Re: Foutaises !

    Posté par . En réponse au journal La France ridiculisée par Amazon. Évalué à 1. Dernière modification le 18 juillet 2014 à 15:14.

    La tendance à y faire n'importe quoi quand ce n'est pas sous un contrôle fin est encore très forte. Cela dit, tu vois aussi des usines chinoises qui font de la haute qualité.
    Encore une fois, c'est un problème d'offre et de demande: si tu veux toujours tirer les prix toujours plus bas, inéluctablement, un fournisseur va te proposer de la merde à pas cher.

    Je n'ai pas dit le contraire, juste que dans la majorité des cas, les délocalisations le sont surtout pour une question de pognon, et vu que les gains sur les salaires sont la plupart du temps négligeables, c'est surtout sur tout le reste que ça gratte. Donc oui, à condition d'y mettre le prix la Chine peut tout aussi bien produire de la qualité que les pays occidentaux (voire plus facilement aujourd'hui, puisque les usines et le savoir faire y sont), mais la réalité, c'est que très souvent, la délocalisation là-bas a pour conséquence une baisse de qualité, parce que c'est le bas prix qui est cherché avant tout.

    Ce qui est drôle, c'est que vu que la France a laissé partir ses usines sans rien faire, si la production revenait, on aurait les mêmes problèmes: le savoir-faire est perdu.

    De ce que j'en ai vu, ce n'est pas vraiment le savoir-faire qui est perdu. Faut pas déconner, former un ouvrier sur un poste, c'est quelques heures à peine (en quelques jours, j'avais fait le tour des postes de la ligne de fabrication d'un vélo, là où normalement, c'était 6 mois de formation/ancienneté mini). Les postes sont volontairement simplifiés à l'extrême pour que l'homme puisse être interchangeable très rapidement.

    Non, ce qui pêche en France, c'est que les gens que j'ai vu passer dans l'usine ne veulent plus travailler. Sur les 15 personnes envoyées par l'ANPE qui sont arrivées avec moi à l'usine, nous étions 2 à être resté à la fin de la semaine. 2 abandons de poste dans les premières heures, sans même prévenir le chef de ligne, la moitié qui n'est pas revenue travailler le lendemain, à la fin de la semaine, nous étions 2. Et c'était un bon chiffre de l'aveux même du chef d'atelier, d'habitude, ils ont du mal à en garder un seul. En comptant les groupes suivants d'une vingtaine de personnes arrivées sur le mois, on a réussi à completer une ligne à 8 (en clair, sur une centaine de personnes, seules 8 sont restées travailler). La moitié de ceux qui sont resté bossait correctement, l'autre moitié, c'était du travail bâclé, mal fait et surtout très lent, parce qu'ils n'avaient juste pas envie de se fouler et ne s'en cachaient même pas. Du coup, sur les 8, 4 n'ont pas vu leur premier mois en CDD renouvellé. Quand je dis que certains étaient des flemmards, je n'exagère pas. Là où je faisais 2 ou 3 postes, certains n'en faisaient même pas un (et leur poste était en parti déporté en aval sur la ligne, forcément...).

    -absence de droit du travail, un travail à la limite de l'esclavagisme:
    ça réduit les coûts de main d’œuvre (et oui)
    -non respect des normes (hygiène, environnementale, CE, etc.)
    ça réduit aussi les coûts
    Et culturellement, sur place, ils s'en foutent.

    Et ça te semble bien ? Moi non, et la logique voudrait donc que soit l'on n'importe pas/délocalise pas dans un pays qui n'a pas les mêmes valeurs que nous, soit on place des taxes douanières pour éviter que nos industries respectueuses de nos valeurs ne soient en concurrence déloyale avec les financiers margouilins qui s'asseoient sur tout pour se rentrer toujours plus de fric dans les poches. Sous couvert de mondialisme, on encourage pourtant les patrons-voyous.

    C'est la course permanente au moins-disant, qui va délocaliser là où c'est toujours moins cher et plus favorable, d'abord en Chine, puis une fois que le coût de production a trop augmenté ailleurs où il est moins cher. C'est une spirale infernale vers toujours plus de pauvreté, avec des patrons/multinationales qui t'expliquent qu'ils exploitent les gens pour leur éviter de crever de faim en te cachant que ce faisant, ils précarisent toujours plus les populations chez eux à qui ils destinent les produits fabriqués. En gros, on appauvri le monde entier en faisant croire que c'est pour el bien des populations exploitées, parce que sans ça elles crèveraient de faim. À se demander comment elles ont pu survivre et se reproduire jusque là avant eux, d'ailleurs... Le manège ne s'arrêtera que lorsque nous serons tous esclaves.

    Pour info, en électronique, il n'y a pas 36,000 fonderies différentes pour fabriquer les puces. Donc les composants sont non seulement les mêmes, mais ils sortent certainement des mêmes usines.

    Entièrement d'accord, cependant c'est comme pour tout, la même usine ne te sort pas forcément la même qualité. Elle peut parfaitement produire les mêmes produits plus vite (et donc avec quelques défauts), ou écouler les défauts de production à moins cher. En électronique par exemple, revendre moins cher des lots de puces pas exempt de défauts ou avec des tolérances moindre.

    Si tous les vélos sur le marché étaient des Decathlon super hauts de gamme qui tuent, acheter un vélo serait hors de portée de beaucoup de Français.

    Je n'ai pas demandé de ne produire que du haut-de-gamme, d'ailleurs, il est parfaitement possible de produire de l'entrée de gamme (voire du bas de gamme, pour les vélos d'une grande surface que je ne nommerai pas) en France.

    Alors toutes ces délocalisations que tu critiques tant, elles ont permis d'augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs.

    Je suis totalement opposé à cet argument, d'ailleurs il me semble avoir vu passé une étude dernièrement qui montrait que le pouvoir d'achat réel (toutes proportions égales) avait fait un bond en arrière de 50 ans. Par exemple, aujourd'hui bon courage pour te loger et survivre avec un seul salaire au SMIC et sans avoir droit à un logement social. Même avec 2 petits salaires ce n'est vraiment pas évident (et même en faisant l'impasse sur les loisirs, consoles de jeux, etc.). Il y a quelques décennies de ça, un seul salaire faisait vivre une famille nombreuse. Qu'on ne me parle pas des cas particuliers qui arrivent à vivre heureux avec un RSA, ça n'est absolument pas généralisable, leur conception du bonheur étant très éloignée de celles de la majorité. La même étude montrait qu'à parité de pouvoir d'achat, là où le salaire des femmes avait bien monté sur les dernières décennies, celui des hommes avait totalement stagné, et que la somme des deux salaires d'un couple d'aujourd'hui était inférieure à celui d'un seul salaire d'avant.

    -Tu ne connais vraisemblablement rien de la Chine hors la soupe nauséabonde qu'on te sert à la télé.

    J'ai une amie réunionnaise d'origine chinoise qui s'est expatriée en Chine, elle y a notamment travaillé pour Rolls Royce. Elle adore ce pays, et y passe le plus clair de sa vie désormais. Il y a des années, elle me disait déjà que les Français n'avaient pas idée du formidable coup de pied au cul qu'ils allaient se prendre par la Chine. Dans les grandes agglomération, le niveau de vie y était déjà supérieur à celui de la France (ce qui n'était bien évidemment pas le cas dans les campagne). Bref, je connais de la Chine ce qu'une amie qui y vit et y travaille m'en raconte, et aussi ce que j'en vois au détour de mes informations sur le sujet.

    -Tu ne connais rien à la production de masse hormis ton expérience personnel sur un produit en particulier.

    Je ne vois pas en quoi tu m'as appris quelque chose sur le sujet dans ton commentaire. Autant chaque cas de production est un peu un cas particulier, autant il y a des règles plus ou moins générales qui s'appliquent à la quasi totalité des produits.

    Dans l'ensemble, les délocalisations le sont très rarement pour des raisons de coût de main d'œuvre, et il serait assez facile de le vérifier. Ça serait d'ailleurs bien que cela soit fait à chaque fois que l'on se sert de ce prétexte pour justifier un départ. C'est sûr que ça fait mieux que de dire que « c'est pour pouvoir passer outre les acquis sociaux, le respect de la dignité humaine, le respect de l'environnement et des normes, mais continuer à vous vendre nous produits de merde parce qu'on a besoin de votre pognon ».

    Je comprends ta frustration de voir des délocalisations se faire et un peu n'importe quoi en revenir.
    Maintenant comprends aussi que si c'était autant un désastre que tu le dis, les usines seraient revenues depuis longtemps.

    C'est parfois le cas, même si rarement. Là où c'est vraiment dégueulasse, c'est que la concurrence ne se fait pas à armes égales, et que du coup, c'est une course en avant vers toujours plus d'exploitation.

    Au lieu de dire que "tout est de la merde", faut aussi se remettre en question des fois...

    Je n'ai pas dit ça non plus. Par contre, j'aspire à une certaine éthique, et elle est aujourd'hui totalement inexistante.