Une petite parenthèse, il faut éviter de juger tout à l'aune de son efficacité (ou de son efficience), mais en priorité se demander si les buts recherchés sont légitimes. Il vaut mieux avancer lentement dans la bonne direction que vite dans la mauvaise...
Combien de fois avons-nous entendu "la Hadopi n'est pas efficace", "les DRM ne sont pas efficaces"... Comme si, s'ils l'étaient, ils seraient acceptables... Ça serait encore pire ! Ces arguments ne sont pas invalides, mais il est nécessaire d'expliciter que ce ne sont que des arguments secondaires.
D'ailleurs, c'est la différence entre l'open source et le logiciel libre.
Les deux termes décrivent à peu près la même catégorie de logiciel, mais ils représentent des points de vue basés sur des valeurs fondamentalement différentes. L'open source est une méthodologie de développement ; le logiciel libre est un mouvement de société. Pour le mouvement du logiciel libre, le logiciel libre représente un impératif éthique, l'indispensable respect de la liberté de l'utilisateur. En revanche, la philosophie de l'open source considère uniquement les questions pratiques, en termes de performance. Elle dit que les logiciels non libres sont des solutions sous-optimales aux problèmes pratiques à résoudre. La discussion de l'open source ne s'intéresse pas au bien et au mal, seulement à la popularité et au succès.
Le débat – parfois virulent – entre les deux parties met en lumière la coexistence au sein du monde du libre de deux « philosophies » assez nettement opposées. Pour les partisans de l’open source, les logiciels libres doivent êtres défendus pour l’unique raison qu’ils sont meilleurs que les logiciels propriétaires ! À l’inverse, pour les défenseurs du free software et son fondateur Richard Stallman, la performance technologique est une préoccupation secondaire par rapport au mouvement social que représente le logiciel libre, et aux principes qu’il défend.
Plutôt que de postuler invariablement que l’utilisation de plus en plus massive du numérique par les individus est une bonne chose, le conférencier propose de lever une ambiguïté. Entre « bon » et « bon ». Ce qui peut être positif et pertinent dans une « culture du résultat » qui vise essentiellement l’efficience peut oublier de faire entrer en ligne de compte le respect dû et à l’autre et à soi.
Kant, lecteur de Rousseau, dans sa Critique de la Raison Pratique, dissocie lui aussi l’habileté technique pratique et « la loi morale en moi », impérative, universelle, qui est la voix du devoir. Ce n’est pas parce que je suis intelligent que je serai, pour autant, bon. Ainsi, si je suis ingénieux au point de maintenir mes prérogatives d’être puissant, ce n’est pas pour autant que le principe de mon action sera respectable.
[^] # Re: Sémantique
Posté par ®om (site web personnel) . En réponse au journal Vous êtes tous des terroristes (potentiellement). Évalué à 9.
Une petite parenthèse, il faut éviter de juger tout à l'aune de son efficacité (ou de son efficience), mais en priorité se demander si les buts recherchés sont légitimes. Il vaut mieux avancer lentement dans la bonne direction que vite dans la mauvaise...
Combien de fois avons-nous entendu "la Hadopi n'est pas efficace", "les DRM ne sont pas efficaces"... Comme si, s'ils l'étaient, ils seraient acceptables... Ça serait encore pire ! Ces arguments ne sont pas invalides, mais il est nécessaire d'expliciter que ce ne sont que des arguments secondaires.
D'ailleurs, c'est la différence entre l'open source et le logiciel libre.
http://www.gnu.org/philosophy/open-source-misses-the-point.fr.html
http://www.framablog.org/index.php/post/2009/11/23/logiciel-libre-theories-intelligence-collective-sebastien-broca
http://www.framablog.org/index.php/post/2013/09/22/richard-stallman-rousseau-kant
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