Tu es payé (temps pris en compte) pour un temps plein (donc ~1600 heures par an), ça prend bien en compte l'ensemble des heures travaillées, pas que celles devant des élèves [...]
Je parlais de ce que les gens perçoivent du métier de prof. Mais évidemment, même en étant payés à temps plein, beaucoup de monde semble ignorer que tout un tas de profs travaillent bien plus que 15h par semaine ou qu'un simple temps plein (et je parle en particulier des profs du secondaire). J'essayais de faire un parallèle sur la perception qu'ont les gens du métier de prof, de la même façon que certains semblent avoir une certaine vision biaisée de ce que c'est qu'être intermittent pour beaucoup de gens (quantité de travail, conditions, salaires, contraintes pour accumuler suffisamment d'heures, etc.).
[à propos du travail personnel fourni par beaucoup d'intermittents] En gros, tu parles de choses que d'autres font aussi (ils doivent apprendre, se former...).
Disons que oui (je ne suis pas d'accord, mais bon) : dans le cas d'un technicien/ingénieur/etc., ce dernier aura le droit de demander un congé formation. Ça n'arrivera pas pour un intermittent : on ne se « forme » pas à apprendre les partitions qu'on va jouer 2 mois pour une seule année. Apprendre sa partoche, ça fait partie du boulot, on attend que le musicien le fasse, mais bon, pas sur le lieu de travail, et pas en comptant les heures que ça va prendre. La « formation » en question, elle se renouvelle un peu tout le temps. Dans un type de travail plus classique, aucun employeur ne serait prêt à payer pour ça — du moins pas aussi souvent.
Vite, mettons à tout le monde une méthode qui demande à d'autres de compenser les pertes. Mais... Qui va compenser les pertes alors?
Ce que j'essaie de dire, c'est que le gouvernement sort ce truc « maintenant » (il y a quelques mois en fait), deux ans après être arrivé au pouvoir, et la seule chose qu'ils trouvent à faire, c'est rendre les conditions des intermittents, qui pour beaucoup ont déjà une vie « bien-mais-pas-top » largement plus précaire. Ce que j'essaie de dire c'est que si réellement il faut remettre à plat tout un tas de contrats (et je ne suis pas contre en effet bien préciser qu'une partie de la rémunération des intermittents vient d'un fond créé par l'État spécifiquement à cet effet en reconnaissance de la nature particulière de ce boulot), alors la mesure qu'il essaie de mettre en place sur le court-terme doit être accompagnée d'un autre projet de loi pour à terme harmoniser ceci. Tel que c'est fait là, c'est simplement garder le même régime, garder l'épée de Damoclès au-dessus de la tête des intermittents, en augmentant le nombre d'heures à travailler pour les plus petits, et favoriser les plus gros au final. Il ne faut pas oublier qu'à un moment donné, les gens qui ont proposé cette loi ont voulu montrer que ça allait favoriser une bonne partie des intermittents. Sauf que la notion de « bonne partie » est fortement biaisée en faveur de ceux qui sont déjà bien mieux lotis que les autres (un peu comme la collecte sur la copie privée...).
Une critique est de noyer une demande dans un truc qui n'a rien à voir (l'assurance chômage à vocation à assurer contre le chômage, pas autre chose).
Ça je peux le comprendre parfaitement. Mais tu accuses un peu tous ceux qui défendent les intermittents ici de ne penser qu'à leur pomme (pourtant, je ne suis pas intermittent ;)). Je me dis que connaissant la nature humaine, et étant donné que le côté ultra-individualiste outre-Atlantique a déjà bien contaminé les pensées en France depuis un moment (je suis pour l'individualisme, mais j'ai l'impression que de plus en plus, ce dernier évolue en une forme d'égoïsme), si jamais on créait un réel fond pour aider les intermittents (ou disons, tout une catégorie de travailleurs qui obéissent à des contraintes similaires à celles des intermittents), on aurait le droit à toute une partie de la population qui crierait au scandale, que ce ne sont que des assistés, etc. On aura beau leur raconter que le fric investi ainsi est certes « perdu » (et encore, c'est très discutable) mais qu'il leur permet aussi d'assister à tous un tas de spectacles et de monter des projets de films, etc., tout en permettant un accès raisonnable en termes de prix à ces derniers, ils ne voudront jamais l'entendre.
Il faudrait donc une garantie que les intermittents ne vont pas tout à coup se découvrir avec un statut qui va les laisser avec le bec dans l'eau (i.e., plus de statut d'intermittent, mais toujours des conneries à faire au noir, etc., s'ils veulent rester dans la profession).
Les riches ont d'énormes avantages, je me demande pourquoi les moins riches veulent toujours leur enlever plus d'argent, arrêtons de les taxer toujours plus
Je ne comprends pas bien pourquoi tu abordes ceci. Mais je veux bien en discuter quand même. :) Je ne suis absolument pas contre le fait que les gens soient riches. S'ils le sont, tant mieux pour eux. Par contre, je suis pour une redistribution équitable des richesses — et du coup, je serais pas mal pour réduire la TVA de 20% à 10%, mais en échange d'augmenter significativement les impôts sur les tranches les plus élevées pour compenser. Sauf que si en théorie ça me semblerait plus équitable, en pratique je me demande comment on ferait pour empêcher la fraude fiscale (il semblerait que le fisc ne soit pas super bon dans ce domaine). C'est ça aussi le problème de « la réalité » : les solutions qui devraient être plus justes en théorie sont parfois difficilement applicables. Aux États-Unis, ils ont « réglé » le problème : en proportion, les millionnaires paient moins d'impôt sur le revenu que les plus pauvres (en moyenne : 16% contre 23% si je me souviens bien — je n'ai pas les chiffres à portée de main). Donc non seulement la TVA/tax sale est déjà basse (8% en moyenne sur le territoire, mais avec de grosses différences entre les états), mais en plus les plus pauvres paient énormément d'impôts face aux plus riches en proportion.
Mais oui, c'est mon côté de sale gauchiste/socialiste, et je me dis que, si quand tout va bien, on peut bien laisser les plus riches s'enrichir comme ils l'ont largement fait durant les 15-20 dernières années (entre autres grâce à des législations qui les favorisaient), alors en temps de crise, ils doivent plus mettre la main à la pâte que les plus pauvres. Car c'est aussi de ça dont on parle quand on aborde les problèmes des intermittents : ces mecs ne sont non seulement pas riches, mais ils sont aussi très souvent suffisamment pauvres pour bénéficier de tout un tas d'aides de l'état (et en particulier pour finir par obtenir un HLM...).
[^] # Re: Encore des pleurnichards ....
Posté par lasher . En réponse au journal Que pensez-vous de cette citation de Axelle LEMAIRE ?. Évalué à 3.
Je parlais de ce que les gens perçoivent du métier de prof. Mais évidemment, même en étant payés à temps plein, beaucoup de monde semble ignorer que tout un tas de profs travaillent bien plus que 15h par semaine ou qu'un simple temps plein (et je parle en particulier des profs du secondaire). J'essayais de faire un parallèle sur la perception qu'ont les gens du métier de prof, de la même façon que certains semblent avoir une certaine vision biaisée de ce que c'est qu'être intermittent pour beaucoup de gens (quantité de travail, conditions, salaires, contraintes pour accumuler suffisamment d'heures, etc.).
Disons que oui (je ne suis pas d'accord, mais bon) : dans le cas d'un technicien/ingénieur/etc., ce dernier aura le droit de demander un congé formation. Ça n'arrivera pas pour un intermittent : on ne se « forme » pas à apprendre les partitions qu'on va jouer 2 mois pour une seule année. Apprendre sa partoche, ça fait partie du boulot, on attend que le musicien le fasse, mais bon, pas sur le lieu de travail, et pas en comptant les heures que ça va prendre. La « formation » en question, elle se renouvelle un peu tout le temps. Dans un type de travail plus classique, aucun employeur ne serait prêt à payer pour ça — du moins pas aussi souvent.
Ce que j'essaie de dire, c'est que le gouvernement sort ce truc « maintenant » (il y a quelques mois en fait), deux ans après être arrivé au pouvoir, et la seule chose qu'ils trouvent à faire, c'est rendre les conditions des intermittents, qui pour beaucoup ont déjà une vie « bien-mais-pas-top » largement plus précaire. Ce que j'essaie de dire c'est que si réellement il faut remettre à plat tout un tas de contrats (et je ne suis pas contre en effet bien préciser qu'une partie de la rémunération des intermittents vient d'un fond créé par l'État spécifiquement à cet effet en reconnaissance de la nature particulière de ce boulot), alors la mesure qu'il essaie de mettre en place sur le court-terme doit être accompagnée d'un autre projet de loi pour à terme harmoniser ceci. Tel que c'est fait là, c'est simplement garder le même régime, garder l'épée de Damoclès au-dessus de la tête des intermittents, en augmentant le nombre d'heures à travailler pour les plus petits, et favoriser les plus gros au final. Il ne faut pas oublier qu'à un moment donné, les gens qui ont proposé cette loi ont voulu montrer que ça allait favoriser une bonne partie des intermittents. Sauf que la notion de « bonne partie » est fortement biaisée en faveur de ceux qui sont déjà bien mieux lotis que les autres (un peu comme la collecte sur la copie privée...).
Ça je peux le comprendre parfaitement. Mais tu accuses un peu tous ceux qui défendent les intermittents ici de ne penser qu'à leur pomme (pourtant, je ne suis pas intermittent ;)). Je me dis que connaissant la nature humaine, et étant donné que le côté ultra-individualiste outre-Atlantique a déjà bien contaminé les pensées en France depuis un moment (je suis pour l'individualisme, mais j'ai l'impression que de plus en plus, ce dernier évolue en une forme d'égoïsme), si jamais on créait un réel fond pour aider les intermittents (ou disons, tout une catégorie de travailleurs qui obéissent à des contraintes similaires à celles des intermittents), on aurait le droit à toute une partie de la population qui crierait au scandale, que ce ne sont que des assistés, etc. On aura beau leur raconter que le fric investi ainsi est certes « perdu » (et encore, c'est très discutable) mais qu'il leur permet aussi d'assister à tous un tas de spectacles et de monter des projets de films, etc., tout en permettant un accès raisonnable en termes de prix à ces derniers, ils ne voudront jamais l'entendre.
Il faudrait donc une garantie que les intermittents ne vont pas tout à coup se découvrir avec un statut qui va les laisser avec le bec dans l'eau (i.e., plus de statut d'intermittent, mais toujours des conneries à faire au noir, etc., s'ils veulent rester dans la profession).
Je ne comprends pas bien pourquoi tu abordes ceci. Mais je veux bien en discuter quand même. :) Je ne suis absolument pas contre le fait que les gens soient riches. S'ils le sont, tant mieux pour eux. Par contre, je suis pour une redistribution équitable des richesses — et du coup, je serais pas mal pour réduire la TVA de 20% à 10%, mais en échange d'augmenter significativement les impôts sur les tranches les plus élevées pour compenser. Sauf que si en théorie ça me semblerait plus équitable, en pratique je me demande comment on ferait pour empêcher la fraude fiscale (il semblerait que le fisc ne soit pas super bon dans ce domaine). C'est ça aussi le problème de « la réalité » : les solutions qui devraient être plus justes en théorie sont parfois difficilement applicables. Aux États-Unis, ils ont « réglé » le problème : en proportion, les millionnaires paient moins d'impôt sur le revenu que les plus pauvres (en moyenne : 16% contre 23% si je me souviens bien — je n'ai pas les chiffres à portée de main). Donc non seulement la TVA/tax sale est déjà basse (8% en moyenne sur le territoire, mais avec de grosses différences entre les états), mais en plus les plus pauvres paient énormément d'impôts face aux plus riches en proportion.
Mais oui, c'est mon côté de sale gauchiste/socialiste, et je me dis que, si quand tout va bien, on peut bien laisser les plus riches s'enrichir comme ils l'ont largement fait durant les 15-20 dernières années (entre autres grâce à des législations qui les favorisaient), alors en temps de crise, ils doivent plus mettre la main à la pâte que les plus pauvres. Car c'est aussi de ça dont on parle quand on aborde les problèmes des intermittents : ces mecs ne sont non seulement pas riches, mais ils sont aussi très souvent suffisamment pauvres pour bénéficier de tout un tas d'aides de l'état (et en particulier pour finir par obtenir un HLM...).