• [^] # Re: blabla

    Posté par . En réponse au journal Que pensez-vous de cette citation de François Hollande ?. Évalué à 10.

    Du blabla. Comme le "mon adversaire, c'est le monde de la finance".

    Dans son discours du Bourget, il ne me semble pas qu'il s'agissait tant de blabla. Il y avait un vrai fond dans son discours, qui était que son adversaire, puisqu'il n'avait ni nom, ni visage... ne pouvait être vaincu. Il dit aussi « il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu. Et pourtant, il gouverne ». Ce il, ne s'appellerait-il pas à tout hasard Jean-Hervé Lorenzi ou Daniel Cohen ? Et quand Hollande érige Tony Blair en exemple, c'est pour rassurer des gens qui eux aussi ont des visages et des noms...

    Si le petit extrait présenté par aka fera assurément moins de bruit que le discours du Bourget, je ne pense pas pour autant qu'il soit dépourvu de fond, et je ne pense pas non plus que ce fond nous soit si favorable. Ci-dessous, les deux idées principales véhiculées par cet extrait.

    La première idée qui ressort de cet extrait est que si l'on sort du culte des brevets (qui ne sont pas réellement dénoncés, par ailleurs), on reste en plein dans le culte de l'innovation. L'important n'est pas de produire quelque chose d'utile, l'important est de produire quelque chose de nouveau. C'est nous placer dans une société où ce qui est nouveau est nécessairement préférable à ce qui est connu ou éprouvé.

    La seconde idée qui pour moi ce dégage est la libéralisation de l'action sociale, où « l'innovation » n'est en fait qu'un prétexte pour une mise en concurrence des « initiatives » qui ne doivent pas être « entravées » par de véritables services publics. Ces derniers n'étant par construction pas capables d'innover, on leur préférera un « financement par projet » pour lequel une poignée d'associations se battront. Et comme ça les personnes assurant l'action sociale jouiront de la précarité des contrats aidés et autres emplois d'avenir, ce qui les rendra indubitablement plus productif que s'ils avaient été fonctionnaires. Une véritable innovation sociale de gauche quoi.