J'ai personnellement une imprimante 3D depuis presque deux ans (Tobeca première génération) et après moult utilisations, je dois dire que je ne pense pas que la révolution soit pour tout de suite et ce pour plusieurs raisons:
1) Il faut encore un gros temps d'adaptation, qui ne vient pas forcément de l'imprimante, mais du principe même d'impression 3D.
En dehors même des problèmes de résistance mécanique soulignées dans l'article, il y a également toute une chiée de configurations PLA (divisé en sous-familles, chacune avec ses subtilités), ABS (je connais pas dans le détail), support ou pas, etc...
Tout ça amène des dizaines de paramètres pour le tranchage, qui est loin d'être une opération anodine dans le processus d'impression 3D.
2) Parlons du tranchage justement ! On est loin de fichier/imprimer, puisque tout doit être fait manuellement.
A titre personnel c'est pas un problème, au contraire. Mais tant que ça sera le cas, je pense qu'il est utopique d'imaginer Mme Michu trouver un intérêt à l'impression 3D car inaccessible.
D'un autre côté si/quand il sera possible d'automatiser le tranchage, cela voudra dire qu'il y aura eu une grosse phase de standardisation des différentes imprimante et surtout de leurs logiciels (on peut imaginer à l'avenir que cette opération soit effectuée par un pilote qui envoi directement le gcode à l'imprimante de manière transparente, avec un protocole standard pour pouvoir être géré par l'environnement comme une imprimante 2D) et on peut se demander si le libre arrivera a tirer son épingle du jeu. Il peut y avoir le scénario consistant à rester indépendant de ce processus, quitte à se trouver marginalisé.
Soit en s'y adaptant, ce qui risque d'être compliqué si l'on en vient à se retrouver avec des pilotes tatoués, signés ou des merdes de ce genre (évidemment applicable uniquement aux systèmes proprios).
3) Les imprimantes 3D, même si elles sont plutôt simples dans le principe subissent beaucoup de contraintes, notamment au niveau des tiges filetés, des courroies mais surtout de la buse et du dévidoir !
Tout ceci nécessite un entretien, quelques connaissance et une certaines expérience (qui vient avec le temps et de la patience) pour arriver à trouver des solutions aux problèmes que l'on peut rencontrer.
Je suppose que tous les gens qui utilisent une imprimante 3D on au moins eu une fois un problème de filament qui sort plus de la buse en milieu d'impression.
Le problème c'est qu'il peut y avoir plusieurs solutions, température de la buse trop froide, voir même trop chaude ! (si le filament devient trop mou il a du mal à être expulsé), en sachant que tout ça peut légèrement varier d'un filament à un autre, pas assez de puissance sur le dévidoir, tentative d'impression trop rapide qui fait que la machine ne suit plus, etc...
Ce qui aboutit à de grandes différences de qualité sur une impression de plusieurs heures dans lequel les couches se superposent. En général une couche qui foire aura tendance à dégrader la couche supérieure, donc si vous avez un problème (parfois mineur) en milieu d'impression, il y a des chances que votre impression toute entière foire ou à minima qu'elle soit imparfaite.
4) Je pense que la plupart des difficultés précédentes finiront par s’atténuer, voir à disparaitre pour certaines d'entre elles. Cependant, comme dit dans l'article par l'intervenant, je pense également que le gros point noir vient du processus de conception 3D.
Je pense que les logiciels de modélisation 3D impliquent nécessairement une grande complexité. J'ai moi même beaucoup travaillé sur AutoCAD en 2D avant d'être amené à faire un peu de 3D, ce que j'ai trouvé imbuvable.
Ceux qui se passionnent sur la modélisation et qui connaissent bien le domaine ne s'en rendent peut être pas compte, mais oui la modélisation 3D est complexe pour un néophyte, notamment du fait qu'il est parfois difficile de s'orienter dans l'espace alors que c'est primordial pour chaque opération sur le solide.
Par exemple une simple rotation nécessite au préalable d'orienter la caméra et donc la matrice de transformation (si elles sont liées, ce qui est le cas avec AutoCAD par défaut), et donc nécessite pour chaque opération plusieurs manipulations, parfois hasardeuses, encore une fois pour un débutant.
A titre personnel je parie sur le dessin 2D converti en 3D (je développe d'ailleurs un logiciel en ce sens), qui est je pense la manière la plus simple de faire de la 3D en plaçant la complexité dans le dessin (strictement 2D) et non pas le logiciel.
Pour finir même si je pense pas que l'impression 3D deviennent aussi courante que les imprimantes 2D dans un futur proche (d'ailleurs est-ce un problème ?), il n'en demeure pas moins que c'est un domaine fascinant aux multiples possibilités, donc je pense à minima qu'elle attirera toujours l'attention du public :)
# Perspectives
Posté par Florian.J . En réponse à la dépêche Mais où est donc la révolution des imprimantes 3D ?. Évalué à 8.
J'ai personnellement une imprimante 3D depuis presque deux ans (Tobeca première génération) et après moult utilisations, je dois dire que je ne pense pas que la révolution soit pour tout de suite et ce pour plusieurs raisons:
1) Il faut encore un gros temps d'adaptation, qui ne vient pas forcément de l'imprimante, mais du principe même d'impression 3D.
En dehors même des problèmes de résistance mécanique soulignées dans l'article, il y a également toute une chiée de configurations PLA (divisé en sous-familles, chacune avec ses subtilités), ABS (je connais pas dans le détail), support ou pas, etc...
Tout ça amène des dizaines de paramètres pour le tranchage, qui est loin d'être une opération anodine dans le processus d'impression 3D.
2) Parlons du tranchage justement ! On est loin de fichier/imprimer, puisque tout doit être fait manuellement.
A titre personnel c'est pas un problème, au contraire. Mais tant que ça sera le cas, je pense qu'il est utopique d'imaginer Mme Michu trouver un intérêt à l'impression 3D car inaccessible.
D'un autre côté si/quand il sera possible d'automatiser le tranchage, cela voudra dire qu'il y aura eu une grosse phase de standardisation des différentes imprimante et surtout de leurs logiciels (on peut imaginer à l'avenir que cette opération soit effectuée par un pilote qui envoi directement le gcode à l'imprimante de manière transparente, avec un protocole standard pour pouvoir être géré par l'environnement comme une imprimante 2D) et on peut se demander si le libre arrivera a tirer son épingle du jeu. Il peut y avoir le scénario consistant à rester indépendant de ce processus, quitte à se trouver marginalisé.
Soit en s'y adaptant, ce qui risque d'être compliqué si l'on en vient à se retrouver avec des pilotes tatoués, signés ou des merdes de ce genre (évidemment applicable uniquement aux systèmes proprios).
3) Les imprimantes 3D, même si elles sont plutôt simples dans le principe subissent beaucoup de contraintes, notamment au niveau des tiges filetés, des courroies mais surtout de la buse et du dévidoir !
Tout ceci nécessite un entretien, quelques connaissance et une certaines expérience (qui vient avec le temps et de la patience) pour arriver à trouver des solutions aux problèmes que l'on peut rencontrer.
Je suppose que tous les gens qui utilisent une imprimante 3D on au moins eu une fois un problème de filament qui sort plus de la buse en milieu d'impression.
Le problème c'est qu'il peut y avoir plusieurs solutions, température de la buse trop froide, voir même trop chaude ! (si le filament devient trop mou il a du mal à être expulsé), en sachant que tout ça peut légèrement varier d'un filament à un autre, pas assez de puissance sur le dévidoir, tentative d'impression trop rapide qui fait que la machine ne suit plus, etc...
Ce qui aboutit à de grandes différences de qualité sur une impression de plusieurs heures dans lequel les couches se superposent. En général une couche qui foire aura tendance à dégrader la couche supérieure, donc si vous avez un problème (parfois mineur) en milieu d'impression, il y a des chances que votre impression toute entière foire ou à minima qu'elle soit imparfaite.
4) Je pense que la plupart des difficultés précédentes finiront par s’atténuer, voir à disparaitre pour certaines d'entre elles. Cependant, comme dit dans l'article par l'intervenant, je pense également que le gros point noir vient du processus de conception 3D.
Je pense que les logiciels de modélisation 3D impliquent nécessairement une grande complexité. J'ai moi même beaucoup travaillé sur AutoCAD en 2D avant d'être amené à faire un peu de 3D, ce que j'ai trouvé imbuvable.
Ceux qui se passionnent sur la modélisation et qui connaissent bien le domaine ne s'en rendent peut être pas compte, mais oui la modélisation 3D est complexe pour un néophyte, notamment du fait qu'il est parfois difficile de s'orienter dans l'espace alors que c'est primordial pour chaque opération sur le solide.
Par exemple une simple rotation nécessite au préalable d'orienter la caméra et donc la matrice de transformation (si elles sont liées, ce qui est le cas avec AutoCAD par défaut), et donc nécessite pour chaque opération plusieurs manipulations, parfois hasardeuses, encore une fois pour un débutant.
A titre personnel je parie sur le dessin 2D converti en 3D (je développe d'ailleurs un logiciel en ce sens), qui est je pense la manière la plus simple de faire de la 3D en plaçant la complexité dans le dessin (strictement 2D) et non pas le logiciel.
Pour finir même si je pense pas que l'impression 3D deviennent aussi courante que les imprimantes 2D dans un futur proche (d'ailleurs est-ce un problème ?), il n'en demeure pas moins que c'est un domaine fascinant aux multiples possibilités, donc je pense à minima qu'elle attirera toujours l'attention du public :)