• [^] # Re: Allons-y

    Posté par . En réponse au journal [ HS ][elections européennes] : Je suis surpris. Évalué à 1.

    C'est marrant, j'ai toujours pensé le contraire. Parce que voilà, j'ai vu comment s'est passé le référendum en Espagne et en France.

    Et bien en Espagne, le « non », on n'en a juste pas entendu parler, et quand ils en parlaient, ça passait vite en quelques secondes à la télé, et aucun membre d'un parti parmi ceux qui gouvernent qui aurait pu être contre n'a reçu la moindre médiatisation, on a juste entendu parler un tout petit peu les extrêmes. En fait, on n'a même pas entendu parler tellement du référendum tout court. Résultat des courses : le « oui » l'emporte de très loin, les sondages sont stables du début à la fin, comme on s'y attend avec aussi peu de médiatisation.

    En France, tant le « oui » comme le « non » ont reçu des temps de médiatisation similaires et importants. Des membres des partis « sérieux » font beaucoup entendre parler d'eux parce qu'ils sont contre, ça nous fait tout un débat, ils sont pas d'accord entre eux, divergences au sein des partis, on voit au journal télévisé de la pub pour un livre qui nous enjoint à voter « non » fait exprès pour l'occasion, on est sensibilisés contre le plombier polonais et autres problèmes, et on entend parler d'un plan B (à définir ultérieurement). En fait, on n'entend plus parler que de référendum pendant un bon moment. Résultat : alors que quelques mois plus tôt les sondages donnaient une large victoire au « oui », c'est finalement le « non » qui l'emporte.

    On peut interpréter de plusieurs façons. La plus optimiste consiste à se dire que le peuple français s'est intéressé au problème, a réfléchi et s'est prononcé, et que c'est une victoire démocratique. Je n'y crois pas spécialement. Perso, tous les débats que j'ai regardé à l'époque qui étaient sensés défendre le « oui » m'ont semblé mal préparés, accueillir des personnes qui ne savaient pas bien parler, et se défendaient mal, et les discussions tournaient au final toujours autour des deux-trois mêmes arguments. Les « luttes intestines » dans certains partis me donnaient l'impression d'une série télévisée.

    Au final, je me suis dis qu'au delà de ces impressions, cette sur-médiatisation du référendum en France n'avait un sens que si on voulait faire changer d'avis la population par rapport au premiers sondages, et que du coup les partis au pouvoir de certains pays dont la France ne voulaient pas au fond de cette constitution. Pas étonnant, je pense, car pour une fois on avait quelques (petits) éléments d'union politique en plus de l'union économique, et qu'ils ont préféré refaire les choses à Lisbonne avec quelques trucs en moins qui les gênaient, et pour le coup vu qu'ils étaient bien tous d'accord cette fois-ci, ils ne nous ont pas consulté.

    Mais bon, tout ça, c'est juste mon impression sur le sujet.