• [^] # Re: nimage

    Posté par . En réponse au journal 5 ans de support pour un sous-ensemble de Debian Squeeze. Évalué à 9.

    Capitaux qui doivent souvent soit comme un équivalent de salaire soit comme un investissement au départ. Le patron qui a mis ses économies pour créer une boite et prend les risques peut en effet s'il réussit en tirer parti de ce capital. Ça me semble être une récompense raisonnable pour un risque assez énorme.

    Oui, le risque est le prétexte à l'accumulation de richesses par le capital, c'est ce qui justifie aussi bien (en partie) les intérêts dans les prêts financiers que la captation de la valeur ajoutée. La prise de risque devrait être encouragée et récompensée.

    Sauf que. Sauf que le risque effectivement pris dépend notamment de ton patrimoine de départ, et que les situations du français qui ouvre son magasin de réparation informatique dans un bled paumé, et celle de Bill Gates n'ont absolument rien à voir.

    Les 85 personnes les plus riches, elles perçoivent des récompenses déraisonnables pour un risque assez marginal.

    Sauf que de créer une boite c'est prendre un risque que tout le monde ne veut pas prendre.

    Certes.

    Et un dirigeant qui fait mal son boulot, cela se traduit par des pertes colossaux et des effectifs à réduire.

    Éventuellement. Même un dirigeant qui fait bien son boulot, ceci dit : si une entreprise se pète la gueule, c'est pas nécessairement que le dirigeant à mal fait son taff, et réciproquement. L'entreprise s'inscrit inévitablement dans une conjoncture.

    je doute que l'échec d'un ouvrier ou d'un ingénieur conduise au même résultat dans une entreprise.

    Bah ça dépend de la structure de l'entreprise et de la fonction de ces ouvriers / ingénieurs. Concrètement, quelqu'un qui entreprend d'ouvrir un restaurant, il lui faut une équipe qui assure, des cuistots au service... En restauration de peinture aussi, un ouvrier peut faire du dégât :)

    L'employeur permet par sa vision,

    L'employeur au sens large, c'est ceux qui possèdent l'entreprise. C'est pas forcément eux qui l'ont créé, donc pas forcément eux qui prennent le plus de risque. La vision du CA de Nokia

    les contrats qu'il peut signer

    C'est sûr que c'est pas l'ouvrier qu'on fait pointer qu'on autorisera à signer des contrats...

    et les opportunités de marché qu'il voit de créer de l'emploi,

    Comme je le disais plus haut, il ne créé pas d'emploi, il fait en sorte que l'emploi qui doit être créé pour répondre à la demande le soit dans son entreprise, afin que ce soit lui plutôt qu'un autre qui capte le pognon associé à cette demande.

    accroître son entreprise et

    Particulièrement avant de revendre l'entreprise : on embauche à tour de bras pour faire grimper la valeur de la boîte, on vend, et le nouveau propriétaire débauche.

    améliorer les produits.

    Ou éventuellement les dégrader, en mettant en place diverses restrictions :
    - logicielles pour créer artificiellement des gammes de produits électroniques
    - matérielles et logicielles, pour rendre la clientèle captive

    Le premier élément que tu énonces (créer de l'emploi) n'est pas du fait de l'employeur. Les autres (faire grossir l'entreprise et améliorer les produits) ne sont pas des finalités mais des moyens potentiels pour l'employeur de satisfaire ce qu'il pense être son intérêt. Autrement dit : c'est ce qui permet au capitaliste de cumuler plus de capital.

    On est loin du mythe de « l'entrepreneur » prenant des « risques » mais qui grâce à « sa vision » « fait vivre » le monde qui l'entoure.

    Comme tu le dis, c'est le dirigeant qui va choisir la direction de l'entreprise et la mener à sa réussite ou à sa perte... Et cela peut tout changer en terme d'emplois.

    Si l'on considère l'entreprise comme un objet indépendant et auto-suffisant, oui, ça peut tout changer en terme d'emplois. Si l'on considère l'entreprise comme un agent d'une économie plus vaste, en terme d'emplois l'impact me semble négligeable.

    C'est juste que son travail ne concerne pas assez de monde pour permettre d'avoir une certaine rentabilité. Ces personnes là n'ont qu'une influence très locale et la demande pour leur travail est très limité (en plus ce sont des tâches dont la compétence ne manque pas dans la population).
    Ils font sans doute du mieux qu'ils peuvent, mais l'impact étant limité de facto le rendement et la rentabilité est en chute libre par rapport à d'autres professions.

    Le bengalais dont je parlais fabrique des milliers de t-shirts chaque année, qui peuvent être vendus à des européens ou des américains plusieurs dizaines d'euros l'unité. C'est une industrie mondialisée qui me semble au contraire très très rentable.

    Regarde un artiste, ceux qui vendent le plus de contenus et attirent le plus du monde à leurs exhibitions sont ceux qui récoltent le plus. C'est après tout normal que ceux qui influencent le plus de gens et qui arrivent à vendre le mieux leur travail en récolte plus. même s'ils ne travaillent pas forcément plus, ils ont justes plus efficaces.

    Hé bien, faire fi de toute le système médiatique et conclure que les revenus sont simplement proportionnels à l'efficacité, c'est pas mal !