• [^] # Re: un message de lennart

    Posté par . En réponse à la dépêche systemd versions 212 à 215. Évalué à 3.

    Argumente : en quoi il divise?

    Déjà le fait que toutes les distributions ne l'ont pas intégré par défaut. Il ne fait donc pas l'unanimité. Dont Gentoo, par exemple.

    Perso, j'ai plutôt rarement vu un projet qui rassemble autant [...]

    Si nous ne voyons pas les mêmes choses, tu en déduis quoi? Perso, je pourrais en déduire que tu te mets la tête dans le sable, ce qui arrive fréquemment à pas mal de monde, d'après ce que j'observe autour de moi. C'est une forme élémentaire d'auto-protection, il suffit d'observer la nature humaine. Mais comme je ne te connais pas en personne, je me garderais bien de conclure quoi que ce soit.

    J'ai dit: « Et classer les détracteurs de systemd dans la catégorie "râleurs" ou "aigris" est beaucoup trop facile [...] »

    Argumente: [...]

    Encore? Ça me paraît pourtant évident. N'est-il pas vrai que classer les détracteur d'un sujet X sans analyse supplémentaire est trop facile? Alors, si tu considères que tous les détracteurs de systemd sont des aigris et des réfractaires, vas-y, argumente à ton tour. Statistiquement, il est impossible que 100% de ces gens soient comme tu les décris.

    Tu sais, il est un dicton qui dit « on a ce qu'on mérite ». Je ne parle pas de M. Poettering, dans le paragraphe qui suit.

    Lorsque quelqu'un s'en-tête à marcher à contre-courant, il court le risque de s'attirer les foudres de ses comparses. Idem s'il s'évertue à vouloir changer les habitudes. Il subira probablement de vives critiques au départ mais celles-ci s'estomperont avec le temps, surtout si sa quête est noble. Si ce n'est pas le cas, alors il y a quelque chose qui ne va pas. Pointer du doigt les auteurs des critiques est un réflexe. Ce n'est pas le bon.

    Ceci n'est que sociologie et psychologie élémentaire. Ça te paraîtra limpide si tu observes les gens autour de toi.

    Que peut-on dire des libristes, sinon qu'ils marchent à contre-courant [de l'«ordre» établi]? Ne peut-on pas dire qu'ils remettent en cause les fondements de cet «ordre» (au sens général)?

    Nous sommes des personnes qui avons choisi la direction que nous suivons. Nous avons décidé la direction qui nous offrait le choix, en nous permettant de retrouver le contrôle de la machine. Pour ma part, j'ai fait ce choix parce que c'est ma personnalité; les principes derrière le logiciel libre étaient les miens bien avant que j'abandonne Windows. Que je sois seul dans ce cas est impossible.

    Pour revenir à systemd, il est logique d'affirmer que, dans ses détracteurs, il en existe qui correspondent à ce type de personnes (je ne parle pas de moi): mûrs, réfléchis et respectables. Même s'il n'en existe qu'un seul qui s'y oppose, il mérite d'être entendu et ses arguments pris en compte, non? Je n'ai peut-être aucune preuve et c'est juste de la théorie — auquel cas, à toi de me prouver qu'elle est fausse — mais elle me sert à ce qui va suivre.

    Exemple?

    Ok, technique, maintenant.

    J'ai du mal à comprendre la pertinence des modules comme le démon journald, le serveur DHCP, le module NTP (il y en a sans doute d'autres, je ne les connais pas). Pourquoi?

    Si systemd (le paquet complet) se veut une suite d'outils, pourquoi pas. Mais encore une fois, l'argument classique qu'on observe c'est que le logiciel libre permet d'améliorer les logiciels existant, que ce soit par un fork ou des contributions; n'est-ce pas ce qui est vivement recommandé? La présence de ces modules dans systemd ne constitue ni une amélioration ni une contribution; il s'agit d'une ré-écriture. Et en regard du nombre de modules, croissant (au beurre, pour moi), on peut se demander pourquoi n'avoir pas contribué avec les développeurs des paquets existants pour les améliorer. Et, si refus il y eut, d'où qu'il vienne, doit-on nécessairement en déduire que c'est à cause d'un problème d'ego?

    En voyant la description de systemd, on comprend que ce que l'auteur a voulu est une ré-écriture complète du système de démarrage. Pas une amélioration ni une contribution. Les modules qu'il intègre et que je viens de citer sont aussi une ré-écriture complète. Alors doit-on vraiment s'étonner de ceux qui parlent du syndrôme NIH? Doit-on aussi les considérer d'emblée comme des contestataires amers? Et les programmes existants, sont-ils aussi mauvais qu'ils durent être ré-écrits?

    Dans le détail, à présent.

    Lorsque tu écris un programme pour une fonctionnalité, tu le fais à fond ou tu ne le fais pas. Un mini-serveur DHCP est un oxymore dans le monde UNIX. S'il fait une tâche, qu'il la fasse à fond. Or un serveur DHCP qui n'inclut pas toutes les specs n'est pas un serveur DHCP — personnellement, quand j'ai besoin d'un tel serveur, en particulier pour mes environnements virtuels, je me fie à dnsmasq, développé par une équipe de personnes extrêmement compétentes. (Et ne me demande surtout pas d'argumenter là-dessus, s'il te plaît. Sauf pour rire, bien sûr.) Donc, si on se réfère à ce principe, qui, rappelons-le, fait aussi partie, si j'ai bien compris, des nombreux autres arguments énoncés par la-bande-à-UNIX, un serveur DHCP minimal est absurde au pire et totalement inutile au mieux.

    Je pars aussi du principe que ce module DHCP n'est pas le seul dans systemd à répondre à cette description. Personne ne m'impose de m'en servir, me diras-tu sans doute. Et je te répondrai que la question n'est pas là: le module, inutile, est quand-même présent dans systemd, même si je ne m'en sers pas. Il a demandé des ressources humaines, qui auraient très bien pu collaborer avec les développeurs des autres paquets — question ouverte: se trouve-t-il des développeurs de dnsmasq dans ceux de systemd-network et qui approuvent les deux projets, par exemple?

    La pertinence de la gestion du réseau par systemd lui-même est à questionner. Pour moi? Oui. Et pour d'autres aussi, je l'ai lu, ici même et ailleurs dans des articles dont je n'ai plus les références. En ce qui me concerne, systemd devrait moins s'occuper du réseau que de contrôler les modules qui, eux, s'occupent du réseau.

    Les critiques de cette tendance de systemd à "vouloir s'occuper de tout" sont donc tout-à-fait justifiées. On devrait donc voir, en toute logique si ces critiques étaient prises en compte, (doit-on encore remettre en cause leur légitimité?) une réduction dans le développement des modules répondant à des fonctionnalités existantes, non?

    La violence des réactions témoigne justement donc d'une ferme opposition donc d'une division. Je ne cautionne pas la violence et ceux qui s'abaissent à ce genre d'attitude nauséabonde mais à toute forme de violence correspond un problème profond. Et classer ce problème aussi sec, sans analyse supplémentaire, dans la catégorie "opposition par des réfractaires" est, en effet, trop facile.

    Que M. Poettering s'en étonne me paraît symptomatique. Qu'il définisse ensuite la communauté du libre comme étant "remplie de [choisis tes termes parmis les moins élogieux]" ajoute suffisamment à son discrédit. En tout cas, ça prouve au moins qu'il n'a pas fait l'effort de comprendre ce qui lui arrive et pourquoi.

    Je répète, le libre est un monde de personnes qui ont choisi de restaurer le choix, il s'agit d'un monde de convaincus et de principes. Marcher à contre-sens de ces gens-là ne peut que porter atteinte à l'ensemble de la communauté, surtout lorsque la figure de proue fait partie du même mouvement. Alors, dire que les contestataires sont juste des "aigris" ou des "réfractaires", décidément, non, j'adhère pas.

    Je m'arrête là, j'ai soif.

    pourquoi personne ne fait sérieusement une offre alternative

    Je ne commenterai pas, tellement je trouve cet argument grotesque d'aveuglement. Mais ce n'est que mon opinion.