• [^] # Re: Le hacker héroïque Mitnick va pouvoir surfer à nouveau su

    Posté par . En réponse à la dépêche Le hacker héroïque Mitnick va pouvoir surfer à nouveau sur Internet. Évalué à 2.

    Tiens, une nouvelle méthode de citation : le « cocktail de phrases » :-) Bon, allez, disséquons : > 1992 ! C'était il y a à peine plus de dix ans ! Mais quel âge a donc Unix ? La première version d'Unix est sortie le 3 novembre 1971 Ah bah oui, désolé, mais mon âge était ici un facteur limitant de premier ordre. En effet, en 1971, il allait encore se passer une décennie avant ma naissance. Je regrette donc de n'avoir pu toucher un ordinateur à cette époque. Ma protestation s'appuie sur mon expérience personnelle, et celle-ci débute en 1992. Et je ne vois pas en quoi tout ceci serait une question de date (je l'ai dit ailleurs, j'admets parfaitement que « hacker <=> programmeur » prédate « hacker <=> pirate »). Mon argument est que le langage a évolué pour inclure la seconde acception. Savoir qui était là en premier n'a que peu d'importance dans ce contexte. > La "communauté Unix", bien que je n'aime pas ce terme, est donc loin d'être marginale. Comme elle a fondé bon nombre de choses aujourd'hui toujours essentielles (Arpanet devenu Internet, le WWW, Unix lui même, et d'innombrables autres inventions), choses utiles à tous, il serait bon une fois pour toutes de ne pas les confondres avec des pirates, non ? Donc, changeons les habitudes de plein de monde parce que bon, il y a quelques programmeurs qui se sentent insultés lorsqu'un pirate est appelé « hacker ». Mouais. Disons-le tout de suite : je n'aime pas cet argument. Qui plus est, j'ai déjà expliqué que, si le succès des Unix libres continuait, le problème se réglerait tout seul, les gens, exposés au vocable « hacker » utilisé dans son premier sens ne faisant plus une association « péjorative » entre hackers et pirates... > Exploiter une faille n'entre pas dans [la] définition [de l'esprit hacker selon ESR]. L'appât du gain et de la célébrité non plus. C'est marrant, parce qu'ESR m'a semblé trouver l'appât de la célébrité comme une raison valable pour programmer, l'augmentation de sa réputation en tant qu'hacker/programmeur fait d'ailleurs l'objet d'un chapître dans son hacker-howto (« Status in the Hacker Culture »)... > Je pense donc que vous avez tord de vous conformer à ce que pensent les différentes "communautés" que vous dites majoritaires, que ce soit celle du grand public, ou bien d'autres (Amiga, etc.). Les hackers sont une spécificité d'Unix et du logiciel libre, or ces communautés sont basées sur du propriétaire. Serait-ce à dire qu'il est impossible de trouver des hackers VMS, par exemple ? J'en doute fort, eu égard au succès des VAX il y a quelques décennies de cela. Cette communauté était pourtant basée sur du propriétaire. C'est un faux argument pour minimiser la validité de ce que pense une grande partie des utilisateurs d'ordinateurs -- et qui rencontre par ailleurs un écho au-delà du domaine. J'ai bien dû lire « hacker » dans le sens de pirate plusieurs fois dans des romans de SF, dont les auteurs ont été, à n'en point douter, influencés par la seconde acception du terme. C'est une évolution naturelle d'un mot dans une langue vivante : les locuteurs de la langue transforment le sens du mot au fur et à mesure de son utilisation. Ni l'Académie ni un groupe de gens restreint ne peut changer cela par décret. Et c'est heureux. > faire la différence entre pirates et codeurs qui partagent leur code en est une caractéristique, vous n'y échappez pas puisque vous les placez tous sous le terme "hacker". À vrai dire, ce n'est pas vraiment le cas, puisque j'appelle bien un codeur un « codeur ». Quant au terme hacker, il est ambivalent. Néanmoins, le contexte me suffit pour savoir dans quel sens il est employé. L'ambiguïté est franchement minime et n'est pas un prétexte valable à la suppression de mon point de vue (ce que tu préconises). > Ceci n'est d'ailleurs pas une question d'opinion : un mot a une et une seule définition, sans quoi la communication entre humains ne fonctionne plus. Ah ah ah ! Elle est très bonne. Donc, si j'ouvre mon dico, je suis sûr de ne trouver qu'un seul et unique sens à chaque mot ? J'espère que tu vois l'absurdité de ta remarque. La langue française (même si « hacker » n'en fait pas encore officiellement partie) est complexe, les mots ont souvent plusieurs sens, et ce n'est pas un mal. Comme je le dis plus haut, le contexte suffit très souvent à discriminer entre deux utilisations d'un mot. Et si ce n'est pas le cas, c'est généralement voulu par l'auteur qui joue sur l'ambiguïté pour faire un effet de style. Bon, j'espère avoir été bien clair cette fois. Je résume :
    • hacker <=> pirate est maintenant beaucoup plus répandu que hacker <=> programmeur
    • la visibilité du logiciel libre et de son jargon conditionne le champ de l'utilisation du mot hacker <=> programmeur
    • dans tous les cas, je ne remets pas en cause ce sens, mais j'insiste pour que le second sens soit pris en compte
    • tout ceci est normal dans une langue vivante, et la présence de deux sens n'est pas gênante, le contexte suffisant à faire la différence
    En bref : il n'est pas à l'ordre du jour pour moi qu'un petit groupe décide de la langue que je parle. Je n'écris pas « mél » comme le voudrait l'Académilice mais bien « e-mail ». Et de même, j'entends que l'acception du mot « hacker » que j'utilise depuis le début ne soit pas jetée à la trappe juste parce que ça énerve ESR, RMS, ou je ne sais qui...

    Envoyé depuis mon PDP 11/70