A une différence, les gens ne payent pas Google ou Facebook. On parle d'une contribution payante.
Je crois qu'on n'a pas compris la même chose.
La contribution, c'est au nom de la "licence globale". Tu contribues quoi qu'il arrive, ou tu es totalement hors programme. Le traqueur sur ta machine, c'est pour te permettre de peser sur la répartition.
Du coup je suis plus optimiste sur la volonté des gens à participer: si j'aime un artiste et que j'écoute ses chansons en boucle, j'ai envie qu'il soit rétribué en échange. Si je refuse, je dois accepter que cet artiste puisse disparaître faute de moyens.
On oublie aussi que dans la proposition de logiciel pour tracking, il faudra prévoir une version pour chaque plateforme possible: Windows, Mac, Linux, BSD, Android, iOS, Freebox? etc... (Je fais une petite dérive: Qui va payer les plateformes de collectes, les développeurs/mainteneurs et le personnel administratif pour la répartition ?)
Je ne pense pas que ce soit autrement plus compliqué que voir tous les acteurs maintenir leurs systèmes internes et financer la lutte contre la contrefaçon en même temps.
Le logiciel pour chaque plateforme, pourvu que le système soit transparent, peut très bien être Libre et faire appel à la communauté des développeurs.
La maintenance du système de répartition peut être l'État.
Enfin, il me choque de lire que d'installer un logiciel de tracking supplémentaire n'est pas si terrible. Si HADOPI, en son temps, avait proposé cela, tout le monde aurait crier au scandale. Là, c'est la Quadrature, cela ne choque personne.
Le fait est que le but du logiciel n'est pas de faire du tracking, mais de transmettre de façon fiable une information sur ce que l'utilisateur consulte. Associer les données à un nom ou une IP est nécessaire pour éviter les fraudes, ce n'est pas un but en soi.
Il y a donc certainement moyen de compartimenter un peu tout ça: vérifier que les sources de données sont fiables d'un côté et faire le traitement des données de l'autre, en limitant les possibilités de recoupement.
Le tout est de définir qui est l'artiste : Beaucoup méconnaissent le processus de création d'une oeuvre ou d'un produit culturel. Il n'y a pas qu'un seul artiste, mais une multitude de personnes qui travaillent dessus (et pas forcément "artiste"). L'artiste qui a travaillé tout seul chez lui avec ses propres moyens est soit rare, soit une légende. Une multitude de personnes participent à la création d'une oeuvre.
Le processus de création, excuse-moi de te dire que c'est certainement la partie la plus simple à résoudre: tout est déjà là! Si j'achète un DVD à la FNAC, le bénéfice sera réparti. Je ne vois pas pourquoi ce serait d'un seul coup un problème insurmontable.
On peut dire qu'aujourd'hui ce bénéfice est mal réparti, mais c'est un sujet différent!
Le problème plus gros c'est plutôt comment distribuer la "cagnotte" suivant que tu regardes un film, écoute de la musique, ou lis un livre.
Cela dit, les distributeurs actuels se démerdent plutôt bien pour décider la différence de prix entre un CD et un BlueRay, donc en première approximation, je garderais le même ratio et basta. Le reste peut se négocier entre les différentes parties.
Enfin, comment fait-on le lien entre "l'oeuvre" et les "contributeurs à la création" ? Personne n'a été capable d'y répondre (même LQDN). Ce n'est point VLC qui pourra faire le lien entre "DVDRip.avi" et une oeuvre définie qui permettrait la répartition. On voudrait tous que ce soit automatique, mais cela ne le sera pas.
La réponse est dans la façon de distribuer les œuvres: pourquoi donc irais-je télécharger DVDRip.avi quand je peux directement me fournir à la source sur un serveur rapide avec une version officielle?
La licence globale doit bien évidemment aller de pair avec une distribution "ouverte" des œuvres. Si tu veux que la consultation soit enregistrée par le système, tu as tout intérêt à ce que l'internaute télécharge chez toi, et donc mettre les moyens sur la plateforme.
C'est un investissement, c'est sûr, mais je ne pense pas que ça coûte autrement plus cher que les systèmes existants (ou qu'attendre que la contrefaçon disparaisse d'ailleurs...).
Si le système existe, il existera aussi mécaniquement une offre chez les hébergeurs avec du tout prêt pour les artistes indépendants, et paiement au volume de données envoyées, ou plus simplement en pourcentage sur la part de la cagnotte (un peu comme l'hébergement des "apps" sur les stores, d'ailleurs).
Je sais que c'est le contre-pied de ce que propose LQDN, mais du point de vue de la vie réelle, moi-même je ne vois pas pourquoi je prendrais un torrent plutôt qu'un serveur à haut débit qui me garantit la version officielle.
Et quand bien même tu téléchargerais DVDRip.avi, on peut imaginer ajouter un tag dans les torrents pour reprendre cet identifiant unique avec un plugin sur le client pour faire le lien avec le "traqueur". Ou alors tu ne fais aucun lien, et tu ne participes pas au calcul de la répartition des recettes.
Enfin, pour le cas particulier des œuvres introuvables sur les systèmes centralisés, et bien c'est exactement comme aujourd'hui: quand on s'échange un fichier introuvable dans le commerce, les ayant-droits peuvent difficilement venir pleurer sur le manque à gagner!
On peut même voir que ce serait encore plus simple d'éditer de vieilles œuvres: il "suffit" de les stocker sur le serveur de téléchargement! Pas de presse, pas de boites, pas de stock!
Piste encore intéressante, c'était aussi une piste identifiée avec l'ami bluetouff.
Dommage ce ne soit pas dans les propositions de LQDN.
Je ne pense pas que la proposition de LQDN ait vocation à être traduite en texte de loi tel quel. Je doute d'ailleurs que qui que ce soit puisse mettre toutes les "bonnes idées" sur la table tout seul.
Ce n'est pas parce que c'est n'importe quoi maintenant qu'on doit faire aussi pire :-)
La gestion des liens entre "oeuvre téléchargée" (qui peut avoir un nom improbable) et "véritable oeuvre" (qui possède des identifiants spécifiques) et les créateurs (à qui la répartition/contribution va être donnée) est quelque chose de complexe. Sauf dans le cas d'un catalogue déjà défini. Le soucis est que ce n'est pas la proposition de LQDN (échanges non marchands entre personnes)
Encore une fois, je ne rejoindrais pas la LQDN sur tout. Et même si le système actuel est absurde, le principe de "licence globale" (ou tout autre nom qu'on voudra bien lui donner...) en est indépendant. C'est aux acteurs de la création d’œuvres à négocier ça.
La relation entre ce qui est consulté et l'identification de l'oeuvre relève d'un processus volontaire de toutes façons.
Les consommateurs (consultants? internautes?) doivent comprendre qu'il est dans leur intérêt de remonter des infos fiables et donc aussi éviter les malwares qui remonteraient des stats bidonnées.
[^] # Re: Debian aussi!
Posté par Maclag . En réponse au journal La Quadrature du Net veut-elle nous placer sous surveillance ?. Évalué à 4.
Je crois qu'on n'a pas compris la même chose.
La contribution, c'est au nom de la "licence globale". Tu contribues quoi qu'il arrive, ou tu es totalement hors programme. Le traqueur sur ta machine, c'est pour te permettre de peser sur la répartition.
Du coup je suis plus optimiste sur la volonté des gens à participer: si j'aime un artiste et que j'écoute ses chansons en boucle, j'ai envie qu'il soit rétribué en échange. Si je refuse, je dois accepter que cet artiste puisse disparaître faute de moyens.
Je ne pense pas que ce soit autrement plus compliqué que voir tous les acteurs maintenir leurs systèmes internes et financer la lutte contre la contrefaçon en même temps.
Le logiciel pour chaque plateforme, pourvu que le système soit transparent, peut très bien être Libre et faire appel à la communauté des développeurs.
La maintenance du système de répartition peut être l'État.
Le fait est que le but du logiciel n'est pas de faire du tracking, mais de transmettre de façon fiable une information sur ce que l'utilisateur consulte. Associer les données à un nom ou une IP est nécessaire pour éviter les fraudes, ce n'est pas un but en soi.
Il y a donc certainement moyen de compartimenter un peu tout ça: vérifier que les sources de données sont fiables d'un côté et faire le traitement des données de l'autre, en limitant les possibilités de recoupement.
Le processus de création, excuse-moi de te dire que c'est certainement la partie la plus simple à résoudre: tout est déjà là! Si j'achète un DVD à la FNAC, le bénéfice sera réparti. Je ne vois pas pourquoi ce serait d'un seul coup un problème insurmontable.
On peut dire qu'aujourd'hui ce bénéfice est mal réparti, mais c'est un sujet différent!
Le problème plus gros c'est plutôt comment distribuer la "cagnotte" suivant que tu regardes un film, écoute de la musique, ou lis un livre.
Cela dit, les distributeurs actuels se démerdent plutôt bien pour décider la différence de prix entre un CD et un BlueRay, donc en première approximation, je garderais le même ratio et basta. Le reste peut se négocier entre les différentes parties.
La réponse est dans la façon de distribuer les œuvres: pourquoi donc irais-je télécharger DVDRip.avi quand je peux directement me fournir à la source sur un serveur rapide avec une version officielle?
La licence globale doit bien évidemment aller de pair avec une distribution "ouverte" des œuvres. Si tu veux que la consultation soit enregistrée par le système, tu as tout intérêt à ce que l'internaute télécharge chez toi, et donc mettre les moyens sur la plateforme.
C'est un investissement, c'est sûr, mais je ne pense pas que ça coûte autrement plus cher que les systèmes existants (ou qu'attendre que la contrefaçon disparaisse d'ailleurs...).
Si le système existe, il existera aussi mécaniquement une offre chez les hébergeurs avec du tout prêt pour les artistes indépendants, et paiement au volume de données envoyées, ou plus simplement en pourcentage sur la part de la cagnotte (un peu comme l'hébergement des "apps" sur les stores, d'ailleurs).
Je sais que c'est le contre-pied de ce que propose LQDN, mais du point de vue de la vie réelle, moi-même je ne vois pas pourquoi je prendrais un torrent plutôt qu'un serveur à haut débit qui me garantit la version officielle.
Et quand bien même tu téléchargerais DVDRip.avi, on peut imaginer ajouter un tag dans les torrents pour reprendre cet identifiant unique avec un plugin sur le client pour faire le lien avec le "traqueur". Ou alors tu ne fais aucun lien, et tu ne participes pas au calcul de la répartition des recettes.
Enfin, pour le cas particulier des œuvres introuvables sur les systèmes centralisés, et bien c'est exactement comme aujourd'hui: quand on s'échange un fichier introuvable dans le commerce, les ayant-droits peuvent difficilement venir pleurer sur le manque à gagner!
On peut même voir que ce serait encore plus simple d'éditer de vieilles œuvres: il "suffit" de les stocker sur le serveur de téléchargement! Pas de presse, pas de boites, pas de stock!
Je ne pense pas que la proposition de LQDN ait vocation à être traduite en texte de loi tel quel. Je doute d'ailleurs que qui que ce soit puisse mettre toutes les "bonnes idées" sur la table tout seul.
Encore une fois, je ne rejoindrais pas la LQDN sur tout. Et même si le système actuel est absurde, le principe de "licence globale" (ou tout autre nom qu'on voudra bien lui donner...) en est indépendant. C'est aux acteurs de la création d’œuvres à négocier ça.
La relation entre ce qui est consulté et l'identification de l'oeuvre relève d'un processus volontaire de toutes façons.
Les consommateurs (consultants? internautes?) doivent comprendre qu'il est dans leur intérêt de remonter des infos fiables et donc aussi éviter les malwares qui remonteraient des stats bidonnées.