Le problème, c’est qu’on parle de gens qui n’ont plus confiance dans les médias mainstream. Ça peut se comprendre. Or si on cherche des sources alternatives avec un tel état d’esprit, on tombe nécessairement sur des trucs complotistes & co.
Et là des listes d’arguments il y en a. Au contraire, c’est la spécialité des complotistes de s’engager dans des débats "techniques". "Technique" au sens large du terme ; en Histoire par exemple cela va être de citer des sources historiques primaires, et c’est un truc dont Asselineau est particulièrement friand pour accumuler les exemples (par exemple, puisqu’il est question ici de la propagande de l’UPR).
Puis ensuite ça se radicalise, à force de croire que les USA contrôlent l’Europe, on cherche tout ce qui peut aller dans ce sens. Et on accumule, on accumule plein de faits allant dans le même sens, sans même vérifier leur validité bien souvent. C’est assez facile en fait de tomber dans le panneau quand on se politise.
Ce qui est notable c’est que ces gens n’ont absolument aucune notion de pluralisme : si quelqu’un a un avis contraire, c’est soit qu’il manipule soit qu’il est manipulé. En effet, soit il est un lobbyiste, comme j’ai pu l’entendre il y a 2 jours, soit un mouton abreuvé par les médias de masse ; ainsi ils en arrivent à penser que jamais personne n’a un avis différent de manière autonome. Du coup difficile de revenir à une position modérée après s’être radicalisé.
Le problème étant qu’il faut être journalistes, historiens, physiciens parfois, pour interpréter les faits bruts, les recontextualiser, et pour finir avoir l’esprit critique suffisant là-dessus.
Quand on est un minimum instruit, et jeune aussi (ça compte car l’Histoire n’est enseignée qu’avec un décalage de ~10 ans), on a reçu un minimum de conaissances établies par des historien_s_ dont le boulot à plein temps est précisément de confronter des sources primaires et d’avoir appris une(des) méthode(s) pour mener à bien leurs travaux.
Espérer pouvoir faire jeu égal, et entrer dans un débat technique, c’est juste l’illusion démocratique courante.
Effectivement rappeler ce qu’était la guerre froide, suffit à détruire une bonne partie de la propagande UPR. Mais voilà, on n’y pense pas tout le temps, et c’est moyennement efficace si la personne en face remet aussi en cause ce qu’elle a appris à l’école (tant qu’à faire...) pour les plus jeunes, ou aussi l’ensemble des discours politico-médiatiques pour les plus vieux. Et c’est moyennement efficace parce que cela ne repose pas sur des faits, mais sur une connaissance historique (basée elle sur des faits) ou géopolitique à l’heure où beaucoup de gens ne veulent plus s’en remettre à des experts dès lors qu’il est question de débat politique.
Pour ajouter un autre argument : la lutte d’influence, c’est le b.a.-ba de la géopolitique. Comme les gens sont pas trop cons, ils sentent très bien cela. Il suffit alors de s’en servir à son avantage en jouant une grande puissance contre une autre ; cela permet pour une puissance moyenne de s’en sortir en relative indépendance ; et comme les communistes étaient plutôt puissants, c’est juste l’Histoire de la France (pas que) durant la Guerre froide... C’est quelque chose de communément admis que je sache : on accepte en règle générale que la simple existence de l’URSS suffisait à obliger le capitalisme à s’auto-limiter, par peur des fameux "chars russes sur les Champs-Élysées" entre autres.
Je me permets d’ajouter ce dernier argument, parce que c’est un autre "truc" de l’UPR, que d’encenser le régime gaulliste comme "compatible" avec la gauche. Pour vendre sa confusion gauche–droite, Asselineau oublie opportunément le contexte général : pratique de ne pas mentionner que de Gaulle était irrémédiablement un type de droite mais qu’il devait composer avec les forces en présence, intérieures avec le PCF ou extérieures avec l’URSS...
[^] # Re: imbécile
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Comprendre l'Ukraine. Évalué à 3.
Le problème, c’est qu’on parle de gens qui n’ont plus confiance dans les médias mainstream. Ça peut se comprendre. Or si on cherche des sources alternatives avec un tel état d’esprit, on tombe nécessairement sur des trucs complotistes & co.
Et là des listes d’arguments il y en a. Au contraire, c’est la spécialité des complotistes de s’engager dans des débats "techniques". "Technique" au sens large du terme ; en Histoire par exemple cela va être de citer des sources historiques primaires, et c’est un truc dont Asselineau est particulièrement friand pour accumuler les exemples (par exemple, puisqu’il est question ici de la propagande de l’UPR).
Puis ensuite ça se radicalise, à force de croire que les USA contrôlent l’Europe, on cherche tout ce qui peut aller dans ce sens. Et on accumule, on accumule plein de faits allant dans le même sens, sans même vérifier leur validité bien souvent. C’est assez facile en fait de tomber dans le panneau quand on se politise.
Ce qui est notable c’est que ces gens n’ont absolument aucune notion de pluralisme : si quelqu’un a un avis contraire, c’est soit qu’il manipule soit qu’il est manipulé. En effet, soit il est un lobbyiste, comme j’ai pu l’entendre il y a 2 jours, soit un mouton abreuvé par les médias de masse ; ainsi ils en arrivent à penser que jamais personne n’a un avis différent de manière autonome. Du coup difficile de revenir à une position modérée après s’être radicalisé.
Le problème étant qu’il faut être journalistes, historiens, physiciens parfois, pour interpréter les faits bruts, les recontextualiser, et pour finir avoir l’esprit critique suffisant là-dessus.
Quand on est un minimum instruit, et jeune aussi (ça compte car l’Histoire n’est enseignée qu’avec un décalage de ~10 ans), on a reçu un minimum de conaissances établies par des historien_s_ dont le boulot à plein temps est précisément de confronter des sources primaires et d’avoir appris une(des) méthode(s) pour mener à bien leurs travaux.
Espérer pouvoir faire jeu égal, et entrer dans un débat technique, c’est juste l’illusion démocratique courante.
Effectivement rappeler ce qu’était la guerre froide, suffit à détruire une bonne partie de la propagande UPR. Mais voilà, on n’y pense pas tout le temps, et c’est moyennement efficace si la personne en face remet aussi en cause ce qu’elle a appris à l’école (tant qu’à faire...) pour les plus jeunes, ou aussi l’ensemble des discours politico-médiatiques pour les plus vieux. Et c’est moyennement efficace parce que cela ne repose pas sur des faits, mais sur une connaissance historique (basée elle sur des faits) ou géopolitique à l’heure où beaucoup de gens ne veulent plus s’en remettre à des experts dès lors qu’il est question de débat politique.
Pour ajouter un autre argument : la lutte d’influence, c’est le b.a.-ba de la géopolitique. Comme les gens sont pas trop cons, ils sentent très bien cela. Il suffit alors de s’en servir à son avantage en jouant une grande puissance contre une autre ; cela permet pour une puissance moyenne de s’en sortir en relative indépendance ; et comme les communistes étaient plutôt puissants, c’est juste l’Histoire de la France (pas que) durant la Guerre froide... C’est quelque chose de communément admis que je sache : on accepte en règle générale que la simple existence de l’URSS suffisait à obliger le capitalisme à s’auto-limiter, par peur des fameux "chars russes sur les Champs-Élysées" entre autres.
Je me permets d’ajouter ce dernier argument, parce que c’est un autre "truc" de l’UPR, que d’encenser le régime gaulliste comme "compatible" avec la gauche. Pour vendre sa confusion gauche–droite, Asselineau oublie opportunément le contexte général : pratique de ne pas mentionner que de Gaulle était irrémédiablement un type de droite mais qu’il devait composer avec les forces en présence, intérieures avec le PCF ou extérieures avec l’URSS...