• # feedbacks

    Posté par . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 6.

    Ainsi, si un auteur souhaite 100 € pour un texte, il peut aussi bien vendre ce texte à 10 euros dix fois, qu’à 1 € cent fois ou à 0,1 € mille fois. Plus de personnes acquièrent une œuvre, plus son prix tend vers zéro. Le prix est dégressif en fonction du nombre d’acheteurs qui se présentent. De sorte, les acquéreurs d’une œuvre peuvent être presque intégralement remboursés de la somme qu’ils ont versée au départ.

    Laurent Fournier présuppose que l'auteur souhaite définir un prix maximum pour son oeuvre: En général, quand on finance un projet "culturelle" (livres, séries, films, musiques, etc...), il y a un coût de base pour la création de la dite oeuvre (en gros, le budget et les dépenses liées à la production). Puis, après, aucun prix fixe maximum n'est défini. Seul le prix minimum l'est.

    Si les défenseurs du partage non marchand voulaient donner une chance au partage marchand, pour le bien des artistes, des consommateurs et de toute la société, alors ils n’auraient plus besoin de demander la légalisation du piratage.
    Je pense qu’ils sont tellement obnubilés par la guerre contre le droit d’auteur qu’ils en omettent de résoudre le problème de la rémunération des créateurs. Le Partage Marchand en fait sa motivation principale, avec la défense des consommateurs.

    J'abonde dans son sens. On oublie (et moi le premier au tout début) que la première préoccupation des auteurs est la rémunération de l'oeuvre présent ou de la suivante.

    Le financement actuel par les places de cinéma n’est pas remis en cause, car il fait partie de la catégorie « spectacle ».

    La TSA rapport moins de 17% du budget total du CNC.
    Le CNC couvre - quand les productions ont de la chance - entre 6-8% d'un film. (et à limitation de 500.000 euros, pas plus).
    Le financement du cinéma est assuré en majeur partie par les chaînes de télévisions (Canal+, France-Televisions, TF1, M6, ...)

    Somme toute, le Partage Marchand bénéficierait plus aux auteurs et éditeurs d’e-books. Ces derniers ne peuvent vivre de spectacles ou de concerts comme dans le secteur de la musique.

    J'ai pourtant entendu des voix du partage non-marchand avancer des "ils n'ont qu'à faire un boulot à côté" (oui, parce que être auteur, c'est un hobby :)

    Pour un auteur, la plus grande difficulté est de fixer a priori le montant maximal de revenu qu’il souhaite tirer d’une œuvre et de publier ce montant. L’auteur doit renoncer à un revenu potentiellement infini.

    Bonne chance pour tenter de vendre cela. Je sais qu'il parle essentiellement de livre, cependant - et si j'extrapole dans mon domaine - je me vois mal dire à un producteur "Bonjour, pourriez-vous financer un film à hauteur de 5M€ mais ne vous attendez pas à un bon retour-sur-investissement". Je prendrais la porte direct.

    Alors qu’en attendant quelques mois ou quelques années, vous ne la payerez probablement que quelques centimes car beaucoup de personnes l’auront acheté avant vous.

    C'est le principe de la diffusion: vous "louez" votre place de cinéma à 10€. Vous vous louez la VOD à environ 7,ドル puis les films plus anciens à moins que cela, puis diffusion sur les chaînes non cryptés: 0€. (oui, je sais, il parle que des livres :)

    Aussi, pour simplifier, les plus aisés prennent juste plus de risques que les moins bien lotis en étant plus pressés.

    Sauf erreur de ma part (je connais pas assez), c'est, je crois, ce principe dans les jeux-vidéos: le prix se trouve "capé" autour des 60-70€ parce que les éditeurs savent qu'en cas de revente d'occasion, ils ne toucheront rien (c'était même un bizmodel proposé par Microsoft pour la XboneOne il me semble)

    Le prix d’une œuvre décroit progressivement. A un moment, il passe de 1 et à 0 centime (cas simplifié d’une précision de 2 chiffres après la virgule). Et, cet instant marque son passage dans le domaine public.

    Effet pervers que je vois assez rapidement: Alors l'ayant-droit lèvera donc le seuil du montant rémunérateur pour que le 0 ne s'atteigne jamais ou le plus tardivement possible.

    Le passage d’un coût marginal faible (cas de la production industrielle) à une valeur nulle (cas du Net) change toute la donne.

    Quand on passe sur les 3/4 des coûts effectivement :)
    Dans les coûts de production, la distribution en elle-même() est une quasi-goutte d'eau.
    (
    distribution de l'oeuvre et non le travail d'un distributeur)

    Je reviens sur les points de sa théorie rapidement via l'article résumé (il me faudrait m'y pencher plus), ceci dit, Laurent Fournier est le seul à ma connaissance à mettre, avant tout, en avant le besoin de rémunération. En cela, c'est une bonne chose.