• [^] # Re: Sauvegarde ?

    Posté par . En réponse au message RAID 5 sans spare => changement préventif de disque. Évalué à 2.

    Non. La "copie de sauvegarde" te sert à récupérer tes données à un instant T, sans se poser de question sur la raison pour laquelle elle a disparu.

    Une copie de « sauvegarde » sert à « sauvegarder » son contenu. C'est-à-dire éviter de le perdre en cas de pépin. L'image à un instant T, c'est plutôt le travail des systèmes de snapshot ou des logiciels de versionning. Et ces images s'apparentent alors justement aux archives dont tu parles un peu plus loin.

    Bien sur que si ça a du sens ... Comme justement. Toutes les données n'ont pas la même criticité. Comme on a de plus en plus de choses sur nos machines, c'est difficile de tout sauvegarder. Il faut faire des choix et un tri pour pouvoir s'en sorti sans que ça ne coute trop cher.

    C'est ce que je disais avec mes boîtes mail et mes documents officiels, en effet, mais qu'est-ce qui t'empêche de faire du RAID 5 à côté pour éviter d'avoir à choisir quels documents sacrifier ? Là encore, c'est bien de préservation des données qu'il s'agit et pas de disponibilité.

    Dans ce cas, c'est que tu ne t'es pas posé la question de savoir pourquoi tu gardes ces données. Si tu sais pourquoi tu gardes tes données et combien de temps, tu décideras ensuite de l'endroit ou tu les rangeras.

    Oui, mais au bout d'un moment, avec ce genre de raisonnement, on en arrive à dire : « bon, ben en fait, tu n'as pas à conserver de données du tout », ce qui résout de fait le problème de la sauvegarde, puisqu'il n'y a rien à sauvegarder.

    Comme je l'ai dit plus haut, l'utilisateur est moins fiable que le hardware ou le noyau. Mais sinon il me semble qu'à une époque il y avait un méchant bug sur XFS qui te corrompait méchamment la table d'inodes. Le truc c'est que ton FS pouvait sembler continuer à bien fonctionner mais dans les faits, tu ne t'en rendais compte que lorsque tu redémarrais ta machine, ou lorsque tu essayais de relire tes données.

    Il s'agit d'un cas extrêmement particulier qui ne concerne pas la majorité des utilisateurs. Et même dans cette situation, si je décidais à un moment donné d'essayer un système de fichier expérimental, je procéderais bien sûr à une sauvegarde exceptionnelle mais en temps normal, la probabilité que le ton disque de sauvegarde tombe lui-même en panne sans que tu le saches est plus élevée que celle de se retrouver confronté à ce problème en particulier. Surtout s'il a dormi six ans sous la poussière et que tu le remets brutalement en service parce que tu as besoin de ce qu'il y a dessus.

    Et surtout, si ton système corrompt sournoisement tes données, alors tes sauvegardes le seront aussi.

    Si tu fais des sauvegardes rgulières, pas de problème. Tu n'auras qu'à copier que le delta ar rapport à ta dernière sauvegarde avant de changer le disque. Et un risque peu probable n'est pas un risque inexistant : le jour ou ça arrive, et que tu n'a pas pris de précautions, tu pleures.

    Et si tu es RAID 5, le delta est nul et tu n'as rien d'autre à faire que brancher ton nouveau disque. Avantage supplémentaire non négligeable, tu n'as pas besoin de vérifier toi-même ce qui tu aurais éventuellement perdu.

    Tu fais comme tu veux. Mais si tu perds ta machine en raison d'une surtension (orage ou mauvaise manip sur le réseau électrique), tu risque de perdre beaucoup.

    Encore une fois, comment vas-tu t'y prendre pour sauvegarder régulièrement tes données ? Soit tu branches occasionnellement un disque dur externe USB, tu le mets à jour à coup de rsync et là, le delta risque de devenir très vaste entre deux mises à jour, soit tu le laisses branché à demeure, tu fais un script cron pour le mettre à jour et là, tu te retrouves confronté exactement aux mêmes risques qu'avec un disque interne en mirroring, surtension comprise.

    Pour ma part je n'archive que ce que je ne pourrai pas retrouver : photos, documents administratifs et documents que j'ai produit, sur disque externe. Au final, ça ne représente pas tant de données que ça. Par contre je reconnais que si on fait de la vidéo, ça peut vite monter.

    Cela va sans dire. Personnellement, j'ai monté ma machine en 2008 avec trois disques de 500 Go. Je fais un RAID 5 logiciel uniquement pour /home en commençant par trois partitions identiques de 100 Go, ce qui me permet de l'étendre relativement facilement au besoin, et conserve tout le reste sur des partitions ordinaires, comme le système d'exploitation et les jeux Steam qui ont besoin d'accès rapides au disque. J'aurais pu faire du mirroring sur ces derniers pour éviter d'avoir à me re-télécharger plusieurs gigas de jeux vidéos en cas de crash, mais honnêtement, j'avais autre chose à faire. :-)

    Je ne suis pas encore passé à ce stade, mais j'envisage de me procurer des disques durs externes et de les confier à une personne de confiance pour la sauvegarde/archivage, en établissant un roulement. A mon avis pour être efficace, il faudrait 3 disques au moins (mêm 4 si je garde un exemplaire chez moi) avec un truc de ce genre.Il faut que j'y réfléchisse sérieusement.

    Voila, on y arrive : c'est effectivement le NAS décentralisé qui est le plus intéressant en environnement professionnel et semi-professionnel et au moment d'appliquer un plan de reprise d'activité.

    Pour le reste, tu te retrouves, comme tu le dis, à jongler avec trois ou quatre disques à la fois, qui n'aimeront probablement pas être trimbalés à tout bout de champ. Cela avec le fait que tu ne vas probablement pas te pointer tous les jours chez ce tiers de confiance, le matin pour récupérer tes disques et les mettre à jour, et le soir pour les remettre à l'abri. Et de toutes façons, même si tu le faisais, tu passerais une partie conséquente de ta journée à le faire, tant au niveau des manipulations et du transport que du temps que va prendre le transfert des données proprement dit.

    Avec cela, on parle ici de nos propres cas, mais il ne faut pas oublier ceux de l'utilisateur lambda dont l'informatique n'est pas le métier. Il est de fait que l'on a tous un proche que l'on a aidé à prendre son PC en main. En général, il n'y a qu'un seul disque dur à l'intérieur. Lors du crash, ce qui est déjà un drame pour la personne en question, il y a deux possibilités. Soit tu lui dis :

    « – Ah ben c'est de ta faute, tu n'as pas fait de sauvegardes. »
    « — Ouais mais tu ne m'as jamais montré à les faire et surtout, j'avais ÉNORMÉMENT de données ! »
    « — Ah ben c'est de ta faute, tu n'avais qu'à ne pas en conserver autant. »

    Soit, tu lui installes dès le départ un RAID 5 et tu ne t'en soucies plus pendant des années et si une panne se produit, tu te ramènes avec un disque neuf, tu n'as presque rien à faire et tu t'en tires avec les honneurs en lui indiquant que son volume est en train de se reconstruire tout seul et que ce sera revenu à la normale avant la fin de la journée.

    Je caricature mais là où je veux en venir, c'est au fait que l'augmentation du volume des disques et la démocratisation de l'informatique a rendu critique le besoin de sauvegarde mais paradoxalement, rien n'a été fait pour rendre cela facile et régulier pour l'utilisateur. Avec cela, les méthodes traditionnelles (copie de disquettes, puis archivage sur CD/DVD) sont devenues nettement moins efficaces avec l'augmentation en volume des disques et l'inflation des données personnelles du grand public et de fait, il n'y a guère que des disques durs pour sauvegarder le contenu d'autres disques durs. Avec cela, il faut compter le temps que peut prendre un tel transfert. Même en incrémental, il faudra conserver un résumé des contenus sur les deux supports et si tu viens de finir de télécharger un film de plusieurs gigas octets, il faudra un certain temps pour le dupliquer sur le disque à travers l'interface externe.

    On en arrive alors à la conclusion que, tout doucement, il devient moins difficile de sécuriser le volume de stockage des données que d'assurer la migration de celles-ci.

    Si, parallèlement, on examine les risques d'une protection sommaire par RAID et d'une sauvegarde occasionnelle sur un disque externe, on a :

    — Incendie ou inondation : rigoureusement les mêmes si la sauvegarde n'est pas déportée sur un autre site ;
    — Vol : un point pour les archives CD/DVD, mais les PC de bureau deviennent moins attractifs au profit des machines mobiles, donc le risque est faible. En outre, un cambrioleur a beaucoup plus de chances d'embarquer un disque externe dans sa poche qu'une tour de bureau, surtout qu'il en aurait personnellement l'utilité ;
    — Surtensions : elles sont elles-mêmes sommes toutes peu fréquentes et les disques endommagés à cause d'elles le sont encore plus. Par contre, quand elles se produisent, le risque de claquer deux disques sur trois n'est pas négligeable. Cependant, le risque est le même pour un disque interne et un disque externe branché à demeure. Il reste que les risques kérauniques sont très bien mesurés sur le territoire et que si l'on se trouve en zone à risque, une prise avec parasurtenseur plus un parafoudre au tableau électrique, posés au départ et une fois pour toutes, suffit à rendre ce risque négligeable. C'est d'ailleurs une protection a prendre a fortiori quand on n'a qu'un seul disque dans sa machine ;
    — Effacement accidentel : les utilisateurs lambda aujourd'hui n'utilisent plus la ligne de commande et les fichiers à effacer font l'objet d'un message de confirmation puis se retrouvent dans la corbeille. Il faut franchir un grand nombre d'étapes avant qu'elles disparaissent complètement. Ça arrive encore bien sûr, mais beaucoup moins souvent, et ça ne justifie plus un besoin de sauvegarde fréquent. Les utilisateurs avancés, eux, savent en principe ne pas faire de « rm -rf » à tout bout de champ. Pour les « rm » normaux (sans corbeille), j'ai un alias « rm=rm -i » posé par défaut par pratiquement toutes les distributions que j'ai utilisées. Pour les données critiques et semi-archivées, un « chattr +i » me protège contre tous les accidents plausibles en utilisation normale provoqués par l'utilisateur ;
    — Malwares : peu probables sous Linux, et nécessité de travailler en root pour contourner les protections chattr ;
    — Malveillance : À rapprocher des malwares, là, c'est effectivement quelque chose à prendre en compte. Mais du coup, c'est plutôt sur cette cible que l'analyse de risque doit se faire, plutôt que sur la manière dont on fait ses sauvegardes. C'est à prendre en compte en cas d'attaque à distance. In situ, par contre, on n'est protégé que si l'on a pris le soin de mettre ses sauvegardes à l'abri.
    — Maladresse : tout casser en bidouillant son système est effectivement possible, mais il faut faire une sauvegarde exceptionnelle à ce moment là, et empêcher la possibilité de commettre ces maladresses en temps normal.

    Tous ces risques sont donc finalement faibles par rapport à la probabilité d'une panne disque et, en outre, si tu considères que les données réellement importantes se résument à un sous-ensemble très restreint par rapport à la taille totale du volume, alors tu peux en faire des images automatiques à intervalles réguliers sur ce même volume et les protéger comme expliqué ci-dessus. Ça se faisait dans mon ancienne compagnie.

    Le seul vrai problème qui demeure, à mon avis, est le fait que tout soit rassemblé au même endroit. Mais si tu te retrouves à jongler avec trois ou quatre disques en rotation à déposer un site secondaire, autant s'en servir pour monter un second RAID déporté et y accéder par le réseau. Pour les gens normaux, en revanche, je pense que c'est le système lui-même qui devrait se charger de protéger automatiquement les données de l'utilisateur.

    Reste le cas des archives longue durée : il y a beaucoup de choses qui me prennent effectivement de la place et que je ne toucherai plus avant très longtemps. J'ai bien envie de les retirer de mon disque où elles ne servent plus et de les déposer sur des médias en lecture seule mais au final, si c'est pour me retrouver avec une quantité impressionnante de DVD qui me prendront physiquement de la place, qui me coûteront cher et qui risquent de vieillir quand même, ou si c'est pour les coller sur un disque dur dont je ne serai pas sûr de l'état ni de la compatibilité dix ans plus tard, je me demande si, au final, le mieux n'est pas encore de dimensionner suffisamment mes disques de travail pour y prévoir les partitions d'archivage longue durée, car je sais que je monitore ces disques en permanence puisque je travaille avec tout les jours. Je leur porte donc une surveillance permanente et les remplace immédiatement en cas de signe de fatigue (ce qui n'est encore jamais arrivé, cela dit). Et lorsque je change de machine, j'investis dans la foulée dans des disques plus grands et je n'ai qu'à dupliquer leur contenu pour transférer immédiatement mes sauvegardes, archives et données de travail sur des disques neufs et, en principe, pérennes pour quelques années supplémentaires.