Il faut voir ça comme un regard sur le passé, c'est déjà beaucoup (la France ne regarde pas autant dans son passé...). Aujourd'hui, dans le même pays, les homos ont les mêmes droits que les autres.
C'est disons discutable.
Je ne vais pas cracher sur l'initiative qui permet de remettre sur le devant de la scène un personnage important pour l'Histoire du monde et de ce pays. En soit l'attention est louable.
Mais, cela ne reste que de la communication, cette grâce n'a aucun effet réel et ne changera pas le passé. Certes cela permet de rappeler que le gouvernement britannique a fait une erreur. Mais c'était la loi et les mœurs de l'époque et c'était pour eux "normal". Le monde change et c'est très bien, hélas, la vitesse n'est pas uniforme dans le temps pour de tels changements.
L'autre problème que je vois c'est que le gouvernement actuel doit assumer les choix d'un gouvernement d'il y a 50 ans ou plus, là encore c'est délicat. Oui il y a une continuité du pouvoir, oui la nation et le pays est juridiquement le même mais il n'y a pas de lien direct entre deux gouvernements aussi éloignés et il n'y a pas d'obligation à assumer ces conneries non souhaitées par ces personnes (qu'ils n'ont probablement pas connus par ailleurs).
Ensuite cela pose un problème d'échelle temporelle. L'histoire de l'Angleterre juridique remonte à près d'un millénaire, la France entre un et un et demi millénaire. Est-ce que le gouvernement actuel doit s'excuser pour des erreurs aussi anciennes ? Avec une histoire aussi longue, des conneries, des persécutions, des crimes, etc. il y en a eu, est-ce que tout lister serait pertinent et ne serait pas une grosse perte de temps ?
Bref, pour moi pardonner les erreurs du passé n'a pas forcément un grand sens, le meilleur hommage qu'on peut faire c'est d'abolir les lois responsables de cela (ou d'en doter d'autres pour éviter que l'erreur se reproduise) et s'excuser auprès de victimes vivantes encore... Car là l'État aurait reconnu son erreur mais en plus il a profité de l'erreur pour apprendre et se corriger ce qui n'est pas le cas avec une simple grâce ou un simple pardon.
[^] # Re: C'est pas pour gâcher l'esprit de Noël, mais...
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal Alan Turing gracié.. Évalué à 5.
C'est disons discutable.
Je ne vais pas cracher sur l'initiative qui permet de remettre sur le devant de la scène un personnage important pour l'Histoire du monde et de ce pays. En soit l'attention est louable.
Mais, cela ne reste que de la communication, cette grâce n'a aucun effet réel et ne changera pas le passé. Certes cela permet de rappeler que le gouvernement britannique a fait une erreur. Mais c'était la loi et les mœurs de l'époque et c'était pour eux "normal". Le monde change et c'est très bien, hélas, la vitesse n'est pas uniforme dans le temps pour de tels changements.
L'autre problème que je vois c'est que le gouvernement actuel doit assumer les choix d'un gouvernement d'il y a 50 ans ou plus, là encore c'est délicat. Oui il y a une continuité du pouvoir, oui la nation et le pays est juridiquement le même mais il n'y a pas de lien direct entre deux gouvernements aussi éloignés et il n'y a pas d'obligation à assumer ces conneries non souhaitées par ces personnes (qu'ils n'ont probablement pas connus par ailleurs).
Ensuite cela pose un problème d'échelle temporelle. L'histoire de l'Angleterre juridique remonte à près d'un millénaire, la France entre un et un et demi millénaire. Est-ce que le gouvernement actuel doit s'excuser pour des erreurs aussi anciennes ? Avec une histoire aussi longue, des conneries, des persécutions, des crimes, etc. il y en a eu, est-ce que tout lister serait pertinent et ne serait pas une grosse perte de temps ?
Bref, pour moi pardonner les erreurs du passé n'a pas forcément un grand sens, le meilleur hommage qu'on peut faire c'est d'abolir les lois responsables de cela (ou d'en doter d'autres pour éviter que l'erreur se reproduise) et s'excuser auprès de victimes vivantes encore... Car là l'État aurait reconnu son erreur mais en plus il a profité de l'erreur pour apprendre et se corriger ce qui n'est pas le cas avec une simple grâce ou un simple pardon.