on trouve toujours autre chose à faire, toujours quelque chose d'autre à créer, à améliorer, à explorer,
Certes, mais on n'accepte pas de partager les gains de productivité, et c'est le problème. Il ne faut plus considérer les gains de productivité comme un facteur d'émancipation du travail, car ce n'est pas ce qui se passe : les gens ne veulent pas partager leurs ressources (ou la société ne leur permet pas). Prend l'exemple de l'informatisation du travail de secrétariat : avant, dans les boîtes, il y avait des centaines de secrétaires, qui faisaient tout un tas de trucs (classer des dossiers, taper des trucs à la machine, etc). L'informatisation a permis des gains de productivité gigantesques : il faut maintenant un ou une secrétaire là où on en avait 5 dans les années 1970. Est-ce que les secrétaires ont décidé de travailler 5 fois moins? Absolument pas. On a juste une secrétaire et quatre chômeuses à la place. Proportionnellement, la secrétaire restante gagne un peu plus, probablement (ce n'est même pas sûr), mais les gains de productivité se sont dilués dans l'économie (les actionnaires gagnent plus, la boite vend ses produits moins cher, etc).
Le problème, c'est que l'économie n'arrive pas à créer toujours plus de nouveaux jobs par rapport à ceux qui disparaissent suite aux gains de productivité. C'est à cause de ça qu'on a les yeux rivés sur la croissance, qu'on est obsédés par la croissance : seule la croissance va créer ces boulots qui disparaissent. L'alternative de partager le travail (et donc, évidemment, les ressources, en diminuant d'autant son pouvoir d'achat) semble assez inacceptable. Dans la plupart des boulots, il y a de plus en plus de chômeurs, et de plus en plus de boulot et de stress pour ceux qui restent.
Au final, on a incomparativement plus qu'avant. On peut s'acheter des smartphones, on peut consacrer des milliers d'euros à se loger, à se déplacer, on peut manger du foie gras plusieurs fois par an, on a tous des ordinateurs, des télés, des trucs inimaginables il y a 30 ans, et qui auraient été réservés à une élite richissime. J'avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi on a choisi cette voie du pouvoir d'achat plutôt que du partage du temps de travail, mais il semble qu'une grosse majorité préfère travailler plus pour gagner plus, plutôt que de travailler moins pour gagner moins. Ça a même permis l'élection d'un président dont c'était le cheval de bataille.
[^] # Re: Rien de nouveau à l'horizon
Posté par arnaudus . En réponse au journal Google Robotics. Évalué à 10.
Certes, mais on n'accepte pas de partager les gains de productivité, et c'est le problème. Il ne faut plus considérer les gains de productivité comme un facteur d'émancipation du travail, car ce n'est pas ce qui se passe : les gens ne veulent pas partager leurs ressources (ou la société ne leur permet pas). Prend l'exemple de l'informatisation du travail de secrétariat : avant, dans les boîtes, il y avait des centaines de secrétaires, qui faisaient tout un tas de trucs (classer des dossiers, taper des trucs à la machine, etc). L'informatisation a permis des gains de productivité gigantesques : il faut maintenant un ou une secrétaire là où on en avait 5 dans les années 1970. Est-ce que les secrétaires ont décidé de travailler 5 fois moins? Absolument pas. On a juste une secrétaire et quatre chômeuses à la place. Proportionnellement, la secrétaire restante gagne un peu plus, probablement (ce n'est même pas sûr), mais les gains de productivité se sont dilués dans l'économie (les actionnaires gagnent plus, la boite vend ses produits moins cher, etc).
Le problème, c'est que l'économie n'arrive pas à créer toujours plus de nouveaux jobs par rapport à ceux qui disparaissent suite aux gains de productivité. C'est à cause de ça qu'on a les yeux rivés sur la croissance, qu'on est obsédés par la croissance : seule la croissance va créer ces boulots qui disparaissent. L'alternative de partager le travail (et donc, évidemment, les ressources, en diminuant d'autant son pouvoir d'achat) semble assez inacceptable. Dans la plupart des boulots, il y a de plus en plus de chômeurs, et de plus en plus de boulot et de stress pour ceux qui restent.
Au final, on a incomparativement plus qu'avant. On peut s'acheter des smartphones, on peut consacrer des milliers d'euros à se loger, à se déplacer, on peut manger du foie gras plusieurs fois par an, on a tous des ordinateurs, des télés, des trucs inimaginables il y a 30 ans, et qui auraient été réservés à une élite richissime. J'avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi on a choisi cette voie du pouvoir d'achat plutôt que du partage du temps de travail, mais il semble qu'une grosse majorité préfère travailler plus pour gagner plus, plutôt que de travailler moins pour gagner moins. Ça a même permis l'élection d'un président dont c'était le cheval de bataille.