[À propos de l'élection d'Obama] Lis les journaux de l'époque de son élection, tu verras par toi-même que la plupart des journalistes le considéraient comme noir.
L'important pour les médias US n'était pas qu'Obama fut noir, mais bien qu'il fut « non-blanc ». Pendant les primaires des démocrates, les deux candidats en tête étaient Barack Obama et Hillary Clinton. Qu'Obama ou Clinton gagne, dans tous les cas, ça aurait été salué unanimement, soit parce que le premier homme non-blanc (avec des origines Kényanes) était élu, soit parce qu'il s'agissait d'une femme.
Les États-Unis sont un ensemble d'états qui sont à la fois très progressistes : la présence de femmes d'influence dans les partis politiques et au gouvernement, et la mixité ethnique le démontrent bien; et aussi ultra-réactionnaires : la liberté totale d'expression1 permet aussi d'exprimer des opinions qui cherchent à s'exprimer comme l'énoncé de faits. Il y a du profilage ethnique aux USA, à cause de ce fameux pragmatisme pratiqué par les anglo-saxons. Cependant, c'est en train de leur revenir en pleine gueule : à New-York City, il y a eu récemment une levée de boucliers sur la procédure dite de stop-and-frisk, car les policiers visaient en très grande majorité les gens dont la peau était, disons, plus foncée que celle d'autres citoyens. Ça me fait penser à la plupart de mes potes (parisiens, même pas banlieusards), nés en France, avec une culture française, mais qui ont le malheur d'avoir la peau un peu trop dorée, qui pourront témoigner qu'ils ont tous subi plusieurs contrôles d'identité au cours de leur vie, simplement à cause de leurs vêtements et de leur couleur de peau, sans autre « provocation » que de traîner ... au bas leur immeuble, dans leur quartier.
La raison pour laquelle aux USA on pose des questions sur l'ethnie à laquelle les gens appartiennent est donc (selon moi) à la base purement pragmatique : on veut savoir quelle proportion telle ou telle population occupe tel ou tel poste, a besoin de telle ou telle aide, etc. Manque de bol, si l'intention est louable, elle reste assujettie aux problèmes liés aux statistiques : elles décrivent (parfois très bien) les phénomènes sociaux, mais considèrent le tout sous une forme « comportementale » / de « boite noire ». C'est aussi entre autres ce qui a conduit à la discrimination positive (« affirmative action »), pour rééquilibrer la donne envers les populations noires et hispaniques dont on considère que le traitement par le gouvernement US (massacres, esclavage, etc.) a empêché le développement économique, culturel, etc.
Du coup par exemple, les statistiques peuvent décrire que la majorité de la population noire vivant à New-York a déjà fait l'objet d'au moins une enquête pour des crimes et délits2. Évidemment, pour reprendre le « stop-and-frisk » évoqué précédemment, c'est la raison invoquée par les flics à NYC. Dit comme ça, on pourrait croire que c'est de bonne guerre, si les noirs sont en majorité ceux qui commettent des délits, alors ... Sauf que ! Si on rajoute que la plupart de ces gens vivent sous ou autour du seuil de pauvreté, dans des endroits insalubres, avec des boulots de merde, et aucune couverture santé, tout à coup, l'image change pas mal. De même qu'en France dans les années 60-70 on a parqué les immigrants dans des barres d'immeubles moches et sans réels espaces de détente, à NYC, une grande partie de la population noire vit à Harlem, dans le Bronx, etc. — bref, pas à Manhattan ou Brooklyn, respectivement occupés par les yuppies ou les bobos locaux.
De même, concernant l'_affirmative action_, il serait sans doute préférable de réformer cette dernière sur des critères purement économiques (niveau de revenus, etc.), ce qui permettrait d'inclure toutes les ethnies, quelle que soit l'origine de la personne qui bénéficie de ces aides — au moins pour ce qui est des bourses d'études3.
[1] Que j'apprécie beaucoup, soit dit en passant, malgré les défauts que je dénonce.
[2] Je dis ça au pif, je n'ai aucun chiffre.
[3] Cependant à ma connaissance, la plupart sont offertes sur des initiatives privées, et donc l'état US n'a pas vraiment de contrôle sur comment elles sont attribuées.
[^] # Re: Que du bonheur !
Posté par lasher . En réponse au journal La loi sur la programmation militaire est adoptée !. Évalué à 2.
L'important pour les médias US n'était pas qu'Obama fut noir, mais bien qu'il fut « non-blanc ». Pendant les primaires des démocrates, les deux candidats en tête étaient Barack Obama et Hillary Clinton. Qu'Obama ou Clinton gagne, dans tous les cas, ça aurait été salué unanimement, soit parce que le premier homme non-blanc (avec des origines Kényanes) était élu, soit parce qu'il s'agissait d'une femme.
Les États-Unis sont un ensemble d'états qui sont à la fois très progressistes : la présence de femmes d'influence dans les partis politiques et au gouvernement, et la mixité ethnique le démontrent bien; et aussi ultra-réactionnaires : la liberté totale d'expression1 permet aussi d'exprimer des opinions qui cherchent à s'exprimer comme l'énoncé de faits. Il y a du profilage ethnique aux USA, à cause de ce fameux pragmatisme pratiqué par les anglo-saxons. Cependant, c'est en train de leur revenir en pleine gueule : à New-York City, il y a eu récemment une levée de boucliers sur la procédure dite de stop-and-frisk, car les policiers visaient en très grande majorité les gens dont la peau était, disons, plus foncée que celle d'autres citoyens. Ça me fait penser à la plupart de mes potes (parisiens, même pas banlieusards), nés en France, avec une culture française, mais qui ont le malheur d'avoir la peau un peu trop dorée, qui pourront témoigner qu'ils ont tous subi plusieurs contrôles d'identité au cours de leur vie, simplement à cause de leurs vêtements et de leur couleur de peau, sans autre « provocation » que de traîner ... au bas leur immeuble, dans leur quartier.
La raison pour laquelle aux USA on pose des questions sur l'ethnie à laquelle les gens appartiennent est donc (selon moi) à la base purement pragmatique : on veut savoir quelle proportion telle ou telle population occupe tel ou tel poste, a besoin de telle ou telle aide, etc. Manque de bol, si l'intention est louable, elle reste assujettie aux problèmes liés aux statistiques : elles décrivent (parfois très bien) les phénomènes sociaux, mais considèrent le tout sous une forme « comportementale » / de « boite noire ». C'est aussi entre autres ce qui a conduit à la discrimination positive (« affirmative action »), pour rééquilibrer la donne envers les populations noires et hispaniques dont on considère que le traitement par le gouvernement US (massacres, esclavage, etc.) a empêché le développement économique, culturel, etc.
Du coup par exemple, les statistiques peuvent décrire que la majorité de la population noire vivant à New-York a déjà fait l'objet d'au moins une enquête pour des crimes et délits2. Évidemment, pour reprendre le « stop-and-frisk » évoqué précédemment, c'est la raison invoquée par les flics à NYC. Dit comme ça, on pourrait croire que c'est de bonne guerre, si les noirs sont en majorité ceux qui commettent des délits, alors ... Sauf que ! Si on rajoute que la plupart de ces gens vivent sous ou autour du seuil de pauvreté, dans des endroits insalubres, avec des boulots de merde, et aucune couverture santé, tout à coup, l'image change pas mal. De même qu'en France dans les années 60-70 on a parqué les immigrants dans des barres d'immeubles moches et sans réels espaces de détente, à NYC, une grande partie de la population noire vit à Harlem, dans le Bronx, etc. — bref, pas à Manhattan ou Brooklyn, respectivement occupés par les yuppies ou les bobos locaux.
De même, concernant l'_affirmative action_, il serait sans doute préférable de réformer cette dernière sur des critères purement économiques (niveau de revenus, etc.), ce qui permettrait d'inclure toutes les ethnies, quelle que soit l'origine de la personne qui bénéficie de ces aides — au moins pour ce qui est des bourses d'études3.
[1] Que j'apprécie beaucoup, soit dit en passant, malgré les défauts que je dénonce.
[2] Je dis ça au pif, je n'ai aucun chiffre.
[3] Cependant à ma connaissance, la plupart sont offertes sur des initiatives privées, et donc l'état US n'a pas vraiment de contrôle sur comment elles sont attribuées.