on a le choix entre "accepter le mouvement" quasi-identique qu'il s'agisse de gauche ou droite, ou accéder à un radicalisme de plus en plus présent
Non, c'est assez faux dans le cas présent, puisque l'amendement a été déposé et défendu par les verts, qui ne sont pas à proprement parler un parti radical.
Tu appelles la démocratie représentative une "pseudo-démocratie" parce que tu as l'impression que tu votes pour des "packages" qui incluent plusieurs idées que tu voudrais bien voir dissociées. Je pense que c'est démagogique à plusieurs niveaux :
* D'une part, la démocratie participative totale est inapplicable : on ne peut pas demander à l'ensemble de la population de débattre et de voter sur chaque loi indépendamment, parce qu'avec un tel système, soit tout le monde s'en fout et il ne reste que les extrêmistes qui votent, soit tout le monde s'implique et personne ne travaille plus.
* D'autre part, il est fort probable que les idées qui sont proposées en bloc le sont parce qu'elles sont cohérentes entre elles, au moins en théorie. Ça évite les risques liés à une politique incohérente (je ne veux pas dire que les décisions politiques sont toujours cohérentes entre elles en démocratie représentatives, mais il est probable qu'un programme politique cohérent est plus efficace qu'une tripotée de mesures sans vision globale.
* Par ailleurs, il existe encore des oppositions fondamentales entre la droite et la gauche, au moins au niveau des débats de société, sur le rôle de l'éducation et de la justice : les nier revient à tomber dans la démagogie type "UMPS", on sait où ça mène. Ce qui empêche les gouvernements de mener une politique économique et sécuritaire indépendante, c'est 1) le réalisme économique, sur lequel les politiques socialistes se cassent les dents depuis 32 ans maintenant, 2) le fait que le niveau de décision sur de nombreux domaines se situe à l'échelon européen, et qu'un gouvernement national n'est pas nécessairement majoritaire à ce niveau (d'où l'intérêt des élections européennes), et 3) la nécessité de préserver la continuité de l'État, c'est à dire de respecter les engagements pris, notamment en ce qui concerne la planification des politiques (on ne peut pas arrêter les projets en cours même si on est contre sans perdre énormément d'argent et d'énergie dans l'affaire), et de permettre l'alternance politique (ne pas détruire la totalité des moyens de l'État qui permettraient d'appliquer la politique défendue par l'opposition—par exemple, il serait immoral qu'un gouvernement pacifiste dissolve irrémédiablement l'armée, détruise les fichiers et les technologies militaires, en rendant un retour en arrière impossible).
* Enfin, il suffit de voir le nombre de candidats (par exemple à la présidentielle) pour constater que 1) les gens peuvent voter pour des combinaisons politiques originales (type écologisme de droite ou capitalisme de gauche), et que 2) ils le ne font pas, ce qui signifie que, globalement, ils se satisfont des packages existants.
Je pense qu'il faut grandir un peu et arrêter de penser systématiquement qu'une discussion au bistro vaut bien un débat à l'assemblée. Quand on commente une décision politique, ce qu'il faut se demander, c'est quelles sont les contraintes et les pressions qui se sont exercées pour qu'une telle loi ait été votée. Au hasard par exemple, il y a peut-être le manque de réactivité et d'efficacité des services de police et de justice au vu de la paperasserie nécessaire, dans un cadre budgétaire contraint. Si des enquêtes n'arrivent pas au bout parce que les services de la justice ont mis 1 semaine à autoriser la collecte d'informations urgente pour arrêter des gusses avant un braquage ou des trucs comme ça, certains députés pourraient trouver judicieux d'alléger les procédures. C'est juste un exemple, mais partir bille en tête sur des délires du type "ils sont tous pourris et leur but est d'arriver à un contrôle de la société", ça me semble être du même niveau qu'un discours conspirationniste sur le 11 septembre.
[^] # Re: La question que je me pose quand je vois ça...
Posté par arnaudus . En réponse au journal La loi sur la programmation militaire est adoptée !. Évalué à 8.
Non, c'est assez faux dans le cas présent, puisque l'amendement a été déposé et défendu par les verts, qui ne sont pas à proprement parler un parti radical.
Tu appelles la démocratie représentative une "pseudo-démocratie" parce que tu as l'impression que tu votes pour des "packages" qui incluent plusieurs idées que tu voudrais bien voir dissociées. Je pense que c'est démagogique à plusieurs niveaux :
* D'une part, la démocratie participative totale est inapplicable : on ne peut pas demander à l'ensemble de la population de débattre et de voter sur chaque loi indépendamment, parce qu'avec un tel système, soit tout le monde s'en fout et il ne reste que les extrêmistes qui votent, soit tout le monde s'implique et personne ne travaille plus.
* D'autre part, il est fort probable que les idées qui sont proposées en bloc le sont parce qu'elles sont cohérentes entre elles, au moins en théorie. Ça évite les risques liés à une politique incohérente (je ne veux pas dire que les décisions politiques sont toujours cohérentes entre elles en démocratie représentatives, mais il est probable qu'un programme politique cohérent est plus efficace qu'une tripotée de mesures sans vision globale.
* Par ailleurs, il existe encore des oppositions fondamentales entre la droite et la gauche, au moins au niveau des débats de société, sur le rôle de l'éducation et de la justice : les nier revient à tomber dans la démagogie type "UMPS", on sait où ça mène. Ce qui empêche les gouvernements de mener une politique économique et sécuritaire indépendante, c'est 1) le réalisme économique, sur lequel les politiques socialistes se cassent les dents depuis 32 ans maintenant, 2) le fait que le niveau de décision sur de nombreux domaines se situe à l'échelon européen, et qu'un gouvernement national n'est pas nécessairement majoritaire à ce niveau (d'où l'intérêt des élections européennes), et 3) la nécessité de préserver la continuité de l'État, c'est à dire de respecter les engagements pris, notamment en ce qui concerne la planification des politiques (on ne peut pas arrêter les projets en cours même si on est contre sans perdre énormément d'argent et d'énergie dans l'affaire), et de permettre l'alternance politique (ne pas détruire la totalité des moyens de l'État qui permettraient d'appliquer la politique défendue par l'opposition—par exemple, il serait immoral qu'un gouvernement pacifiste dissolve irrémédiablement l'armée, détruise les fichiers et les technologies militaires, en rendant un retour en arrière impossible).
* Enfin, il suffit de voir le nombre de candidats (par exemple à la présidentielle) pour constater que 1) les gens peuvent voter pour des combinaisons politiques originales (type écologisme de droite ou capitalisme de gauche), et que 2) ils le ne font pas, ce qui signifie que, globalement, ils se satisfont des packages existants.
Je pense qu'il faut grandir un peu et arrêter de penser systématiquement qu'une discussion au bistro vaut bien un débat à l'assemblée. Quand on commente une décision politique, ce qu'il faut se demander, c'est quelles sont les contraintes et les pressions qui se sont exercées pour qu'une telle loi ait été votée. Au hasard par exemple, il y a peut-être le manque de réactivité et d'efficacité des services de police et de justice au vu de la paperasserie nécessaire, dans un cadre budgétaire contraint. Si des enquêtes n'arrivent pas au bout parce que les services de la justice ont mis 1 semaine à autoriser la collecte d'informations urgente pour arrêter des gusses avant un braquage ou des trucs comme ça, certains députés pourraient trouver judicieux d'alléger les procédures. C'est juste un exemple, mais partir bille en tête sur des délires du type "ils sont tous pourris et leur but est d'arriver à un contrôle de la société", ça me semble être du même niveau qu'un discours conspirationniste sur le 11 septembre.