• [^] # Re: Vaut mieux savoir qui cause

    Posté par . En réponse au journal Démocratie : histoire d'un malentendu. Évalué à 5.

    Commentaire extrêmement intéressant que le tiens.

    Mais dans notre société, élire un représentant s'appelle, pour l'immense majorité de la population, la « démocratie ».

    Il ne suffit pas qu'il y ait élection pour qu'il y ait démocratie. Il faut aussi une pluralité de candidats, une liberté d'expression, une liberté de réunion, l'absence de violences sur les citoyens... Il faut au moins que toutes ces conditions soient réunies pour que les élections puissent être considérées comme démocratiques. J'insiste, ce sont bien les élections elles-mêmes qui peuvent être considérées comme démocratiques, et pas le système politique dans son ensemble !

    Nous avons déjà des mots pour décrire les deux situations : « démocratie représentative » et « démocratie directe ».

    Si l'on considère la démocratie comme l'appartenance du pouvoir au peuple, alors je pense qu'il faut se demander d'une part qui est le peuple, et d'autre part de quel pouvoir parle-t-on.

    Si le peuple avait réellement un pouvoir politique, désigner des représentants serait une possibilité, il pourrait tout aussi bien décider de ne pas déléguer ce pouvoir. Si le peuple ne peut pas choisir de déléguer son pouvoir politique, c'est tout simplement parce qu'il n'en a pas réellement. Il a en revanche la possibilité de départager les prétendants au pouvoir, et le fait de départager peut être démocratique en lui-même.

    Je considère donc « démocratie participative » comme un oxymore apparu justement pour utiliser le caractère positif du terme démocratie à une organisation qui n'a rien de démocratique (ce qui n'en fait pas forcément une dictature !). « Démocratie directe » relèverait plutôt de la tautologie.

    Tu es donc en train de bidouiller le vocabulaire pour faire passer tes idées : dans l'imaginaire collectif, la démocratie c'est mélioratif. Nier que la démocratie représentative est une démocratie, c'est lui nier son caractère mélioratif, bref « ça pue ».

    Je suis assez d'accord avec ce que tu dis, mais je pense que la bidouille a eu lieu il y a longtemps en créant de toutes pièces cette fausse distinction entre « démocratie représentative » et « démocratie directe », ce qui ne fait que créer une réelle confusion.

    Je me trompe ? Dans le débat, ce procédé est pas terrible, puisqu'il bloque les discussions et l'évolution des idées.

    C'est là tout le pouvoir des mots. Celui qui ose aujourd'hui encore distinguer la guerre de la paix, l'esclavage de la liberté et l'ignorance de la force peut être considéré par ses pairs, en toute sincérité, comme nuisant au débat et à la réflexion.