Cadre légal tout ça. Qui dit cadre légal dit aussi droit de refuser des clients. Bref, on est plus du tout dans le forcé pour les indés (hommes et femmes) qui choisiraient ce métier.
Maintenant, honnêtement, lorsque je suis vendu à une autre société, c'est mon plaisir qui compte ou la rentabilité pour le client ?
Tu planes complètement.
Aujourd'hui tu es libre de plaquer ta boîte qui te dégoûte et qui t'exploite alors vas-y.
C'est tellement facile de s'abstraire du contexte.
L'exploitation de la force de travail de ceux qui n'ont pas de capital est une question primordiale mais je ne parle pas (que) de ça.
Une nouvelle fois: je refuse cette comparaison. La sexualité met en jeu l'intimité, l'intégrité physique et une dimension psychique qui semble t'échapper. Tu n'as pas pris en compte ma remarque: tu peux te faire exploiter par ton père dans son usine. C'est moche. Mais si il te payes pour jouir de toi, c'est un inceste. Tu vois la différence j'espère. Ce que je veux dire c'est que les relations sexuelles ne sont réductibles à aucune autre.
Par ailleurs, transformer la puissance du désir et du plaisir en routine, magnifique idée.
N'est-ce pas plutôt le concept même du travail qu'il faudrait remettre en cause ?
Je t'en prie. Moi je crois aussi qu'il faut remettre en cause notre rapport au corps.
T'imagines vraiment ça ? Donc, la solution, c'est quoi ? Leur mentir ? Non, désolé, je ne compte pas instaurer avec mes gamines une relation basée sur le mensonge et l'omission.
Tu fais ce que tu veux. Mais tu avais l'air d'être un homme libéré. À toi de montrer l'exemple. (c'est toujours plus facile pour les autres, c'est vrai.) C'est la différence entre la prostituée et toi: elle le fait quand même. Elle n'a pas peur de la pression sociale, peut-être?
Même si, personnellement, je considère que l'on peut tout à fait être fidèle en sentiments sans faire entrer en ligne de compte la sexualité, il n'en va pas de même pour tout le monde.
Je réponds pour l'autre message aussi: si justement on était plus libérés, si il était aussi facile et naturel de coucher que de se manifester son désir, à un croisement de regard, si aussi on faisait de cet acte un moment de jouissance partagée, alors la prostitution ne serait effectivement qu'un jeu.
En attendant, non. ça arrange plein de gens de penser le contraire, mais quand il s'agit de contenter un client, il y a une personne qui passe au second plan. Et il faut être bien ignorant pour croire que le plaisir sera partagé.
Faut au moins arrêter de se mentir à ce sujet.
Quand je dis que la prostitution trouve parfaitement sa place dans l'idéologie judéo-chrétienne, j'entends que la religion a toujours cherché à contrôler les corps et les pensée; en tant qu'expression de l'intime et du désir, la sexualité est source de subversion (c'est là que je fais le rapprochement avec l'art). Mais aussitôt que l'on réprime il y a un exutoire. À mon tour de citer un saint homme, Saint-Augustin: "Elles sont dans la Cité ce qu'un cloaque est dans le palais. Supprimons le cloaque et le palais deviendra un lieu infect." Encore une fois la prostitution est très normative et enferme chacun des membres du corps social dans un rôle bien défini (et aujourd'hui elle est quasi-exclusivement orienté vers le plaisir masculin).
Qu'est-ce qui te gênerait si ce mode de relation n'existait plus, et que l'on ne baisait que lorsqu'on en a envie?
Quant à moi, oui ça m'étonne qu'on impose à un autre une relation dont il n'a pas forcément envie. La séduction c'est avant tout un jeu, pas toujours hypocrite: ça peut être cartes sur tables, ça peut être clair dès le début (méthode éprouvée!). Voilà qui serait vraiment nouveau: que l'on arrête de se prendre la tête avec ça, qu'on en parle moins, et qu'on le fasse plus simplement. Et que cela reste un acte gratuit, dans le plein sens du terme: quelques chose que l'on fasse pour soi, pour l'autre.
[^] # Re: Sans illusion...
Posté par paralax . En réponse au journal [trolldi] filtrage contre les maquereaux. Évalué à 4.
Tu planes complètement.
Aujourd'hui tu es libre de plaquer ta boîte qui te dégoûte et qui t'exploite alors vas-y.
C'est tellement facile de s'abstraire du contexte.
L'exploitation de la force de travail de ceux qui n'ont pas de capital est une question primordiale mais je ne parle pas (que) de ça.
Une nouvelle fois: je refuse cette comparaison. La sexualité met en jeu l'intimité, l'intégrité physique et une dimension psychique qui semble t'échapper. Tu n'as pas pris en compte ma remarque: tu peux te faire exploiter par ton père dans son usine. C'est moche. Mais si il te payes pour jouir de toi, c'est un inceste. Tu vois la différence j'espère. Ce que je veux dire c'est que les relations sexuelles ne sont réductibles à aucune autre.
Par ailleurs, transformer la puissance du désir et du plaisir en routine, magnifique idée.
Je t'en prie. Moi je crois aussi qu'il faut remettre en cause notre rapport au corps.
Tu fais ce que tu veux. Mais tu avais l'air d'être un homme libéré. À toi de montrer l'exemple. (c'est toujours plus facile pour les autres, c'est vrai.) C'est la différence entre la prostituée et toi: elle le fait quand même. Elle n'a pas peur de la pression sociale, peut-être?
Je réponds pour l'autre message aussi: si justement on était plus libérés, si il était aussi facile et naturel de coucher que de se manifester son désir, à un croisement de regard, si aussi on faisait de cet acte un moment de jouissance partagée, alors la prostitution ne serait effectivement qu'un jeu.
En attendant, non. ça arrange plein de gens de penser le contraire, mais quand il s'agit de contenter un client, il y a une personne qui passe au second plan. Et il faut être bien ignorant pour croire que le plaisir sera partagé.
Faut au moins arrêter de se mentir à ce sujet.
Quand je dis que la prostitution trouve parfaitement sa place dans l'idéologie judéo-chrétienne, j'entends que la religion a toujours cherché à contrôler les corps et les pensée; en tant qu'expression de l'intime et du désir, la sexualité est source de subversion (c'est là que je fais le rapprochement avec l'art). Mais aussitôt que l'on réprime il y a un exutoire. À mon tour de citer un saint homme, Saint-Augustin: "Elles sont dans la Cité ce qu'un cloaque est dans le palais. Supprimons le cloaque et le palais deviendra un lieu infect." Encore une fois la prostitution est très normative et enferme chacun des membres du corps social dans un rôle bien défini (et aujourd'hui elle est quasi-exclusivement orienté vers le plaisir masculin).
Qu'est-ce qui te gênerait si ce mode de relation n'existait plus, et que l'on ne baisait que lorsqu'on en a envie?
Quant à moi, oui ça m'étonne qu'on impose à un autre une relation dont il n'a pas forcément envie. La séduction c'est avant tout un jeu, pas toujours hypocrite: ça peut être cartes sur tables, ça peut être clair dès le début (méthode éprouvée!). Voilà qui serait vraiment nouveau: que l'on arrête de se prendre la tête avec ça, qu'on en parle moins, et qu'on le fasse plus simplement. Et que cela reste un acte gratuit, dans le plein sens du terme: quelques chose que l'on fasse pour soi, pour l'autre.