D'abord parce que, jusqu'à une certaine limite, cette « baisse » est compensée par l'expérience de la programmation en général qui t'apporte naturellement les bons réflexes pour aller chercher l'info là où elle se trouve et te fait gagner beaucoup de temps.
Ensuite, c'est très fatiguant pour l'esprit. Il m'est arrivé plusieurs autres choses à côté qui jouent aussi sur le psychique, mais à l'approche de la quarantaine, la mémoire commence tout doucement à décliner : non seulement ça devient difficile d'acquérir une nouvelle technologie depuis zéro comme on l'avait fait auparavant mais on commence à douter de ses propres connaissances, ne serait-ce que parce qu'elles commencent elles-mêmes à prendre de l'âge.
Avec ça, à part « l'expérience générale de la programmation » dont je parlais juste au-dessus, on ne peut pas s'appuyer sur un solide bagage comme on le ferait en physique ou en mathématiques par exemple : certes ces disciplines progressent comme les autres, mais les théorèmes enseignés et les lois de la physique, sauf bouleversement majeur, restent en principe valides tout au long d'une vie. En informatique, ça a beau être vrai aussi, la forte obsolescence repousse rapidement la majeure partie des technologies aux oubliettes dans un temps relativement court.
Par exemple, étant ado, j'ai fait énormément de Minitel : je connaissais les codes Vidéotex par cœur à force de les pratiquer, on savait à quoi servait la séquence « Esc 9 g », et je m'étais même bricolé un câble pour piloter le mien à travers le port cassette (ou crayon optique, je ne sais plus) de mon TO8D qui n'était pas équipé d'un UART en standard. Pendant très longtemps, le Minitel a été la norme un peu partout, tant en entreprise que dans les foyers français. Aujourd'hui, c'est une somme de connaissances qui ne me sert à rien.
Enfin, il faut se rendre compte que les technologies évoluent et se complexifient. Quand j'avais commencé l'informatique, les technologies passées me paraissaient ridiculement simples par rapport à ce qui se faisait à mon époque, alors qu'il ne devait y avoir en fait que 15 ans d'écart entre les deux. Cette escalade se perpétue jusqu'à un point qui finit par dépasser nos capacités. Nos parents disaient cela de nous quand ils nous voyaient manipuler nos ordinateurs avec aise, nous allons visiblement connaître le même sort à notre tour.
Ça a toujours été vrai mais là, on assiste en une demi-carrière à quelque chose qui prend 100 ans dans le reste de l'industrie. Ça demande de s'y investir à 100 % sachant qu'à moins d'être très doué, il faudra se reconvertir, et ça va devenir un problème de société à mon avis.
[^] # Re: Précisions nécessaires
Posté par Obsidian . En réponse au journal Développeur, ou comment sur-évaluer ses compétences. Évalué à 9. Dernière modification le 22 novembre 2013 à 22:17.
Oui, mais pas seulement :
D'abord parce que, jusqu'à une certaine limite, cette « baisse » est compensée par l'expérience de la programmation en général qui t'apporte naturellement les bons réflexes pour aller chercher l'info là où elle se trouve et te fait gagner beaucoup de temps.
Ensuite, c'est très fatiguant pour l'esprit. Il m'est arrivé plusieurs autres choses à côté qui jouent aussi sur le psychique, mais à l'approche de la quarantaine, la mémoire commence tout doucement à décliner : non seulement ça devient difficile d'acquérir une nouvelle technologie depuis zéro comme on l'avait fait auparavant mais on commence à douter de ses propres connaissances, ne serait-ce que parce qu'elles commencent elles-mêmes à prendre de l'âge.
Avec ça, à part « l'expérience générale de la programmation » dont je parlais juste au-dessus, on ne peut pas s'appuyer sur un solide bagage comme on le ferait en physique ou en mathématiques par exemple : certes ces disciplines progressent comme les autres, mais les théorèmes enseignés et les lois de la physique, sauf bouleversement majeur, restent en principe valides tout au long d'une vie. En informatique, ça a beau être vrai aussi, la forte obsolescence repousse rapidement la majeure partie des technologies aux oubliettes dans un temps relativement court.
Par exemple, étant ado, j'ai fait énormément de Minitel : je connaissais les codes Vidéotex par cœur à force de les pratiquer, on savait à quoi servait la séquence « Esc 9 g », et je m'étais même bricolé un câble pour piloter le mien à travers le port cassette (ou crayon optique, je ne sais plus) de mon TO8D qui n'était pas équipé d'un UART en standard. Pendant très longtemps, le Minitel a été la norme un peu partout, tant en entreprise que dans les foyers français. Aujourd'hui, c'est une somme de connaissances qui ne me sert à rien.
Enfin, il faut se rendre compte que les technologies évoluent et se complexifient. Quand j'avais commencé l'informatique, les technologies passées me paraissaient ridiculement simples par rapport à ce qui se faisait à mon époque, alors qu'il ne devait y avoir en fait que 15 ans d'écart entre les deux. Cette escalade se perpétue jusqu'à un point qui finit par dépasser nos capacités. Nos parents disaient cela de nous quand ils nous voyaient manipuler nos ordinateurs avec aise, nous allons visiblement connaître le même sort à notre tour.
Ça a toujours été vrai mais là, on assiste en une demi-carrière à quelque chose qui prend 100 ans dans le reste de l'industrie. Ça demande de s'y investir à 100 % sachant qu'à moins d'être très doué, il faudra se reconvertir, et ça va devenir un problème de société à mon avis.