• [^] # Re: anticommunisme primaire

    Posté par . En réponse au journal La propriété intellectuelle c'est le vol et la censure - Le changement c'est quoi ?. Évalué à 2.

    Merde... avec tout ça, j’ai (encore !) oublié de répondre au sujet : le communisme et l’anticapitalisme est, ou devrait être, à l’opposé de tout ça. À la base beaucoup de gens peuvent raconter comment ça se passe en entreprise, le règne des petits chefs, la hiérarchie qui vous empêche de faire du bon boulot parce qu’il faut faire du profit avant tout, les conditions de travail parfois déplorables. Et encore on n’est pas trop à plaindre, et ça me désole de voir combien de gens n’ont pas vraiment conscience que tout ceci est fragile, et doit être défendu bec et ongles. Perso., après trois ans de thèse où j’ai laissé couler tout ça, je me dis que je me referai plus avoir.... Mon père s’est pris la mondialisation en pleine gueule : le métier à disparu, parce que c’est moins cher de payer des Chinois (ou autres), totalement exploités au passage, à faire le même boulot. Tout ce genre de truc, c’est parfaitement connu et vérifiable au quotidien, pas besoin d’idéologie. Le communisme c’est cela avant toute chose. Là où ça se complique c’est de savoir bien identifier les problèmes. Genre pour la mondialisation ne pas en vouloir aux Chinois qui y sont pour rien, mais réfléchir à l’économie qu’on veut, ici l’idéologie est du côté du libre-échange, qui pense qu’exploiter un gars à l’autre bout de la Terre, c’est être "ouvert au monde" (sic).

    J’ai toujours trouvé ça très curieux, y compris sur ce site, de constater à quel point, dès que les gens identifient que le sujet est politique, sortent un discours préformaté. Alors qu’il faudrait au contraire se libérer de tout ça, et ne pas hésiter à parler de sa situation personnelle, non pas par narcissisme, mais pour se rendre compte qu’il y a des choses qu’on croyait plus ou moins personnelles qui sont en fait partagées par beaucoup de monde (et là on passe précisément d’un problème personnel à un problème politique – qui peut être, parfois, de l’ordre de l’intime mais ça vaut mieux ne le partager qu’avec ses amis et pas sur Internet;). Sur l’autre journal, à propos du recrutement, on voit un certain nombre de problématique apparaitre (l’arbitraire du recrutement, soumis aux desiderata du recruteur, par exemple), mais il n’y a pas de solution politique envisagée, et s’il y en a une, on tombe très vite dans le discours formaté.

    Truc à la con : depuis quand une entreprise est une entreprise ? C’est une boite. Le mot n’est pas là par hasard. Et là message que j’adresse tout particulièrement aux informaticiens : il y a ici des gens qui aiment énormément leur métier : dites vous bien, enfoncez-vous le dans le crâne, que c’est une chance et un privilège que de pouvoir exercer sa passion comme métier, mais que ce n’est pas la règle générale. Pour la majorité le boulot est purement et simplement alimentaire. Juste : pas besoin de se lamenter, de se sentir coupable, mais ayez au moins conscience de ça. Ça vous permettra de mieux comprendre pourquoi il y a des gens anticapitalistes, de les tolérer et d’arrêter de leur faire tomber dessus les horreurs du stalinisme.