De mon point de vue (enseignant EN + personne ressource TIC + administrateur du réseau):
L'éducation nationale ne centralise pas grand chose en terme de déploiement matériel et logiciel. Chacun fait avec ses moyens (financiers, humains) aussi bien au niveau des établissements que des rectorats. Il en résulte une grande hétérogénéité. Quelques conséquences:
*L'état paie fort cher (c'est dans le budget de chaque établissement....) les logiciels de gestion des notes/bulletins/emplois du temps/cahiers de texte....
Et ceux-ci ont tendance à se déplacer vers les nuages....
Les chefs d'établissement doivent ensuite envoyer toutes sortes de statistiques aux rectorats, qui n'auraient pas à les demander si ils hébergeaient leurs propres solutions logicielles.....
Dernier en date à ma connaissance: la correction des copies de bac en ligne. J'en ignore le coût mais je crois avoir compris que c'est pas donné...
*Des solutions logicielles libres émergent sous l'impulsion de quelques individus motivés (je pense à Sambaedu que j'administre au quotidien), mais personne n'a les moyens, ou la volonté de donner une impulsion à l'échelle nationale.
En rapport avec la masse des utilisateurs, on pourrait attendre de ces solutions logicielles un niveau de support supérieur.
En effet, au quotidien, c'est la débrouille avec peu de temps (3h de décharge sur mes 18h de cours par semaine, et je suis bien loti!) peu de connaissance (je n'ai jamais eu de formation d'administrateur digne de ce nom, et aucune ne m'est accessible au plan de formation) et une mailing-list pour crier à l'aide quand le serveur plante.
*Les petits soldats du libre sont souvent assez isolés dans leur établissement, et doivent déployer leurs talents de pédagogues envers leurs collègues: ces derniers ne comprennent pas pourquoi on ne déploie pas word/powerpoint/photoshop/etc sur les postes. Respectueux des licences logicielles, on a bien souvent (mais pas pour les meilleures raison...) le gestionnaire comme allié.
Quelques collègues deviennent hostiles (une minorité bien heureusement!), d'autres obséquieux (qui est là pour dévéroler le windows, récupérer les données du disque dur planté, devinez?)
Bref, "l'école du numérique", j'attend de voir si ce verbiage s'incarne quelque part.....
# modeste témoignage
Posté par Nassara . En réponse à la dépêche Des Inspecteurs Généraux de l'Éducation Nationale en table ronde chez Microsoft. Évalué à 10.
De mon point de vue (enseignant EN + personne ressource TIC + administrateur du réseau):
L'éducation nationale ne centralise pas grand chose en terme de déploiement matériel et logiciel. Chacun fait avec ses moyens (financiers, humains) aussi bien au niveau des établissements que des rectorats. Il en résulte une grande hétérogénéité. Quelques conséquences:
*L'état paie fort cher (c'est dans le budget de chaque établissement....) les logiciels de gestion des notes/bulletins/emplois du temps/cahiers de texte....
Et ceux-ci ont tendance à se déplacer vers les nuages....
Les chefs d'établissement doivent ensuite envoyer toutes sortes de statistiques aux rectorats, qui n'auraient pas à les demander si ils hébergeaient leurs propres solutions logicielles.....
Dernier en date à ma connaissance: la correction des copies de bac en ligne. J'en ignore le coût mais je crois avoir compris que c'est pas donné...
*Des solutions logicielles libres émergent sous l'impulsion de quelques individus motivés (je pense à Sambaedu que j'administre au quotidien), mais personne n'a les moyens, ou la volonté de donner une impulsion à l'échelle nationale.
En rapport avec la masse des utilisateurs, on pourrait attendre de ces solutions logicielles un niveau de support supérieur.
En effet, au quotidien, c'est la débrouille avec peu de temps (3h de décharge sur mes 18h de cours par semaine, et je suis bien loti!) peu de connaissance (je n'ai jamais eu de formation d'administrateur digne de ce nom, et aucune ne m'est accessible au plan de formation) et une mailing-list pour crier à l'aide quand le serveur plante.
*Les petits soldats du libre sont souvent assez isolés dans leur établissement, et doivent déployer leurs talents de pédagogues envers leurs collègues: ces derniers ne comprennent pas pourquoi on ne déploie pas word/powerpoint/photoshop/etc sur les postes. Respectueux des licences logicielles, on a bien souvent (mais pas pour les meilleures raison...) le gestionnaire comme allié.
Quelques collègues deviennent hostiles (une minorité bien heureusement!), d'autres obséquieux (qui est là pour dévéroler le windows, récupérer les données du disque dur planté, devinez?)
Bref, "l'école du numérique", j'attend de voir si ce verbiage s'incarne quelque part.....