En fait on parle de régions. Parce que ça met tout le monde à la même échelle. Sans compter le pluriel plus représentatif de la réalité. C’est comme la France et l’étranger. D’hab’ on glisse plus facilement pour dire le monde. Il n’y a pas, chez beaucoup de Français, cette conception « eux et nous... eux différents de nous, eux contre nous ».
Qui plus est, ici le eux, tout autant que le nous, n’a strictement aucun sens. Ça a déjà été indiqué pour la province, qui n’a d’existence, en tant que groupe homogène, que dans la tête des Parisiens. Mais, surtout, Paris est une capitale, et comme toutes les grandes villes de ce genre elle est habitée par une population diversifiée qui ne s’identifiera pas comme parisienne, ou à la limite seulement dans la mesure où elle y habite.
Alors non c’est pas un gros mot, mais ça marque une mentalité, une conception du monde que beaucoup ne partagent pas.
Et puisque je fais un peu de philosophie politique, je peux le dire : oui c’est idéologiquement très marqué. Il y a cette idée fondamentale à droite d’inégalité : « eux et nous », s’il y a lieu de marquer la différence, c’est que le sous-entendu pose une hiérarchie. C’est un principe de destruction de la nation, car une fois le pays coupé en deux – Paris et la province –, vous êtes bien embêté : le seul moyen de recréer du sens commun, c’est de définir la France par opposition au reste du monde. Au final vous aboutissez à une hiérarchisation de l’humanité, à tous les niveaux : la famille est plus proche, (puis vient la région,) puis les Français, puis les Européens, chacun étant défini en négatif, par opposition à l’extérieur. (Pourtant, pour des raisons historiques et sociales – par paresse intellectuelle aussi – on attribue le nationalisme à l’extrême-droite là où elle en est la négation même. D’où une grande confusion sur la question de l’Europe d’ailleurs...)
PS : la décentralisation est une vaste fumisterie. La tendance est à la centralisation... européenne.
[^] # Re: Province ?
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Les JT c'était déjà pas glorieux, mais là on atteint des sommets.... Évalué à 1. Dernière modification le 05 novembre 2013 à 09:39.
En fait on parle de régions. Parce que ça met tout le monde à la même échelle. Sans compter le pluriel plus représentatif de la réalité. C’est comme la France et l’étranger. D’hab’ on glisse plus facilement pour dire le monde. Il n’y a pas, chez beaucoup de Français, cette conception « eux et nous... eux différents de nous, eux contre nous ».
Qui plus est, ici le eux, tout autant que le nous, n’a strictement aucun sens. Ça a déjà été indiqué pour la province, qui n’a d’existence, en tant que groupe homogène, que dans la tête des Parisiens. Mais, surtout, Paris est une capitale, et comme toutes les grandes villes de ce genre elle est habitée par une population diversifiée qui ne s’identifiera pas comme parisienne, ou à la limite seulement dans la mesure où elle y habite.
Alors non c’est pas un gros mot, mais ça marque une mentalité, une conception du monde que beaucoup ne partagent pas.
Et puisque je fais un peu de philosophie politique, je peux le dire : oui c’est idéologiquement très marqué. Il y a cette idée fondamentale à droite d’inégalité : « eux et nous », s’il y a lieu de marquer la différence, c’est que le sous-entendu pose une hiérarchie. C’est un principe de destruction de la nation, car une fois le pays coupé en deux – Paris et la province –, vous êtes bien embêté : le seul moyen de recréer du sens commun, c’est de définir la France par opposition au reste du monde. Au final vous aboutissez à une hiérarchisation de l’humanité, à tous les niveaux : la famille est plus proche, (puis vient la région,) puis les Français, puis les Européens, chacun étant défini en négatif, par opposition à l’extérieur. (Pourtant, pour des raisons historiques et sociales – par paresse intellectuelle aussi – on attribue le nationalisme à l’extrême-droite là où elle en est la négation même. D’où une grande confusion sur la question de l’Europe d’ailleurs...)
PS : la décentralisation est une vaste fumisterie. La tendance est à la centralisation... européenne.