• [^] # Re: pas la peine de dénoncer

    Posté par . En réponse au journal Les JT c'était déjà pas glorieux, mais là on atteint des sommets.... Évalué à 10. Dernière modification le 04 novembre 2013 à 20:39.

    Un témoignage est le récit d’un vécu. Dans l’extrait proposé, bien qu’il y ait d’authentiques témoignages, il est majoritairement question d’opinions politiques qui, dans la bouche d’un enfant, n’est que du mimétisme.

    Sans compter que le montage est de la pure et simple manipulation. En effet les différents plans, mis bout à bout, présentent une cohérence logique du discours alors qu’il y a plusieurs enfants différents qui parlent, à des moments différents. Magie du montage : un enfant répond à un autre... qui n’est pas présent.

    Ce n’est pas à un témoignage d’enfants qu’on assiste ici, mais un discours construit au montage. Il y a fort à parier que l’entretien en tant que tel n’avait ni queue ni tête (déjà que même pour des adultes c’est compliqué d’avoir une pensée politique structurée).

    C’est ensuite le boulot d’un journaliste que de rapporter des faits en suivant une ligne, c’est à dire en faisant une sélection pertinente dans la réalité pour en fournir une interprétation et une analyse qui dépasse le simple fait rapporté, et pas faire du simple commentaire de l’actualité.

    J’ai déjà eu l’occasion de citer les documentaires de Pierre Carles sur le site. C’en est un bon exemple : de longues séquences peu commentées mais qui sont porteuses de sens et en disent bien plus long que ce qu’elles donnent à voir. Pierre Carles met toujours son téléspectateur sur des rails : on sait où il veut en venir, mais en même temps donne du fait brut, laissant libre le téléspectateur de sortir des chemins battus ; voir la scène finale de La sociologie est un sport de combat qui porte sur la place de l’intellectuel dans le combat politique, du rôle des sociologues vis-à-vis du personnel politique et des populations étudiées, de l’impact des travailleurs sociaux, etc. ou encore dans Attention danger travail la longue séquence sur les conditions de travail de livreurs à domicile où l’individu est tout bonnement nié en tant que tel et doit devenir une simple pièce de rechange.

    À l’inverse ce reportage laisse un arrière-goût assez désagréable.