Je suis globalement d'accord avec vous quant à ce que je ressens sur la frilosité des éditeurs "papier" traditionnels face à l'irruption du numérique. Ils ne voient trop souvent les formes numériques des ouvrages que comme des vecteurs secondaires et non fiables, car facilement copiables, dans un modèle de rémunération à l'exemplaire. Le passage à une vision intégrée de fournisseur de services culturels multi-supports n'a pas encore été franchi.
Sans-doute serait-il bon que vous popularisiez plus votre expérience auprès de cette communauté. Il est plus intéressant de susciter leur adhésion au projet que de les voir dépérir peu à peu, alors qu'ils rendent collectivement un service nécessaire d'aide aux auteurs et de suivi des ouvrages et de leur "marché".
Concernant les Puf, je ne connais pas assez leur fonctionnement pour me prononcer. Ce que je vois dans notre cas précis, c'est qu'ils ont fait le pari d'un prix plutôt bas vis-à-vis de leurs homologues privatifs (les autres ouvrages mentionnés, à part le FramaBook donc, sont dans la fourchette de 50 à 85 euros !), ce que je trouve fort louable. Cela doit placer leur équilibre autour de 700-800 exemplaires vendus, à vue de nez, je dirais.
Concernant le "surcoût" par rapport au financement public des travaux, là encore, je n'ai pas d'avis tranché, car la situation est plurielle. D'un côté, on a l'escroquerie des journaux scientifiques, dans lesquels les éditeurs (type Elsevier, etc) se font des marges de 40% sur du travail presque intégralement financé sur fonds publics. L'édition de monographies/livres originaux me semble relever d'une autre dynamique, dans laquelle la prise de risque n'est pas absente. Il existe un service public d'édition (il y a les presses du CNRS, par exemple), mais la majorité fonctionnent selon un modèle privé.
En termes d'incitation individuelle par rapport au traitement de base du fonctionnaire, ce que je peux dire, c'est que le travail de rédaction que Sébastien et moi avons entrepris est un travail original par rapport à nos autres tâches. Il peut partiellement rentrer dans nos attributions et missions de recherche, mais représente un investissement en énergie et en temps très conséquent, qui déborde largement sur le temps libre, et pour lequel la rémunération que nous obtiendrons du livre (10% du prix à partager en deux) est extrêmement faible, en termes de tarif horaire ; mieux vaut faire des heures complémentaires ! ;-) Mais le plaisir est ailleurs, ainsi que le service rendu au public. Je ne pense pas non plus que les Puf roulent sur l'or, comme les éditeurs de journaux pré-cités.
[^] # Re: Bravo et merci
Posté par Francois PELLEGRINI . En réponse à la dépêche Droit des Logiciels : Un livre de référence pour les juristes et les informaticiens. Évalué à 3.
Je suis globalement d'accord avec vous quant à ce que je ressens sur la frilosité des éditeurs "papier" traditionnels face à l'irruption du numérique. Ils ne voient trop souvent les formes numériques des ouvrages que comme des vecteurs secondaires et non fiables, car facilement copiables, dans un modèle de rémunération à l'exemplaire. Le passage à une vision intégrée de fournisseur de services culturels multi-supports n'a pas encore été franchi.
Sans-doute serait-il bon que vous popularisiez plus votre expérience auprès de cette communauté. Il est plus intéressant de susciter leur adhésion au projet que de les voir dépérir peu à peu, alors qu'ils rendent collectivement un service nécessaire d'aide aux auteurs et de suivi des ouvrages et de leur "marché".
Concernant les Puf, je ne connais pas assez leur fonctionnement pour me prononcer. Ce que je vois dans notre cas précis, c'est qu'ils ont fait le pari d'un prix plutôt bas vis-à-vis de leurs homologues privatifs (les autres ouvrages mentionnés, à part le FramaBook donc, sont dans la fourchette de 50 à 85 euros !), ce que je trouve fort louable. Cela doit placer leur équilibre autour de 700-800 exemplaires vendus, à vue de nez, je dirais.
Concernant le "surcoût" par rapport au financement public des travaux, là encore, je n'ai pas d'avis tranché, car la situation est plurielle. D'un côté, on a l'escroquerie des journaux scientifiques, dans lesquels les éditeurs (type Elsevier, etc) se font des marges de 40% sur du travail presque intégralement financé sur fonds publics. L'édition de monographies/livres originaux me semble relever d'une autre dynamique, dans laquelle la prise de risque n'est pas absente. Il existe un service public d'édition (il y a les presses du CNRS, par exemple), mais la majorité fonctionnent selon un modèle privé.
En termes d'incitation individuelle par rapport au traitement de base du fonctionnaire, ce que je peux dire, c'est que le travail de rédaction que Sébastien et moi avons entrepris est un travail original par rapport à nos autres tâches. Il peut partiellement rentrer dans nos attributions et missions de recherche, mais représente un investissement en énergie et en temps très conséquent, qui déborde largement sur le temps libre, et pour lequel la rémunération que nous obtiendrons du livre (10% du prix à partager en deux) est extrêmement faible, en termes de tarif horaire ; mieux vaut faire des heures complémentaires ! ;-) Mais le plaisir est ailleurs, ainsi que le service rendu au public. Je ne pense pas non plus que les Puf roulent sur l'or, comme les éditeurs de journaux pré-cités.