Permettez-moi de m'étonner que votre longue dissertation n'effleure pas le rang de réponse à ce qui précède puisqu'il n'y est question que d'exemples supposément positifs de l'emploi du verbe tomber
Non vous n'avez pas compris ! Les exemples supposément positifs (ou non) ne sont là que pour montrer que le choix du mot « tomber » n'est pas une question de positif ou de négatif. Et si ces supposés positifs ne sont finalement que négatifs, et si les supposés négatifs ne sont finalement que positifs, cela ne fait que confirmer mon discours. L'usage du mot « tomber » est liée à la notion de contrainte. Tombe ce qui n'est plus contraint, qui n'est plus retenu. Une œuvre qui n'est plus contrainte, qui n'est plus retenue est une œuvre qui tombe. Et comme on dirait également, une fois détaché de son aveuglement, « ça tombe sous le sens ».
l'ultime logique pour proscrire l'expression d'élévation dans le domaine public serait son côté nouveau
Il n'est pas question de « proscrire » l'idée d'élévation, mais de se demander s'il est pertinent de remplacer un concept riche de sens (la chute implique une absence de contrainte et un mouvement qui va de soi) par un autre mot qui sacrifie ces sens pour un autre qui n'est pas évident ou ne se justifie que par l'idéologie (en plus de ne pas être nécessairement accessible à tous).
Pas une, ou presque, qui ne contienne en germe l'éloge de l'idée d’ascension
C'est bien là l'objet de mon discours : pourquoi vouloir absolument exprimer cet éloge, pourquoi ce besoin ?
L'autre y verra le rehaussement d'une œuvre passant
Vous voulez nommer les choses non selon le fait (la perte de contrainte et le mouvement de soi) par le jugement moral que vous portez sur les conséquences du fait.
Vous vous désolez que le mot « tomber » n'exprime pas l'idée du bien, et bien sachez qu'il n'est pas employé non plus pour exprimer l'idée du mal.
Il n'est pas question de savoir si « tomber » est ici péjoratif ou mélioratif, donner des exemples d'emploi de ce mot dans l'une et l'autre des situations ne sert qu'à montrer que la raison de ce mot se situe bien ailleurs.
Et sans comprendre la raison de ce mot qui décrit un fait, vous souhaitez le remplacer par un mot qui exprime un jugement moral. Ce non pour décrire une réalité, mais pour servir une fin. C'est de l'idéologie.
Il y a des tas de mots qui peuvent être remplacés, voir qui le devraient, comme l'expression de « propriété intellectuelle » par exemple, puisque les concepts d'exclusivité, de cession et d'_abusus_ ne sont pas applicables, ce ne peut être de la propriété et l'emploi de ce mot est erroné. Mais dans « tomber dans le domaine public », cette expression n'est pas fausse, est-il nécessaire de la corriger ?
En entendant « élever dans le domaine public », on peut comprendre par image l'idée d'une amélioration, mais autrement on ne comprend qu'un changement de situation, mais ce changement de situation n'est pas exprimé. Ce changement de situation est exprimé par « tomber dans le domaine public ». C'est pourquoi, afin de comprendre « élever dans le domaine public », il faut d'abord connaître l'expression « tomber dans le domaine public ». C'est inefficace.
Et puis il n'est pas dit que le domaine public soit si élevé que ça, j'espère qu'il est à ma portée.
Pour faire une brève analogie avec le monde de la propriété (avec ses limites), les choses communes sont les choses qui ne sont pas susceptibles d'appropriation et qui sont à l'usage de tous : air, eau... Le domaine public est similaire à ces choses communes.
La chute d'un fruit mûr est nécessaire à sa germination. Une œuvre doit tomber en terre pour porter à son tour du fruit. La fécondité passe par une chute.
Alors on peut souhaiter que l'œuvre entre dans le domaine, mais c'est encore mieux si elle tombe dans le jardin. Le fruit tombe en terre, est mis en pièce et se mêle à la terre jusqu'à s'y confondre, le fruit tombe en chose commune et devient chose commune, et cette chute et cette mise en pièce est nécessaire à la fécondité de l'œuvre.
L'élévation vient après la chute, l'élévation vient quand approche la floraison, et il n'y a pas d'élévation sans chute.
L'expression « élever dans le domaine public » a été créée à partir de l'expression « tomber dans le domaine public », au lieu d'être créée à partir du concept d'œuvre et du concept de domaine public. L'œuvre s'élève et est féconde en une longue lignée de génération parce qu'elle est d'abord tombée.
Au final ce qui compte n'est-ce pas précisément la volonté politique de celui qui discours ?
La volonté politique ne peut s'exprimer convenablement que si la réalité qu'elle prétend diriger est appréhendée convenablement.
La volonté politique qui dirige un fantasme est autant fantasme que ce qu'elle dirige. Une volonté politique qui n'est pas fondée sur le réel est une idéologie. L'expression « élever dans le domaine public » n'exprime que la volonté et exclu le réel.
La chute est cause de fécondité, et la fécondité est cause d'élévation. En passant directement à l'élévation, on exclu la chute et donc la fécondité, et donc on exclu l'élévation.
la sphère supérieure des biens communs.
Le bien commun, c'est là où l'on pose le pied, où l'on sème et l'on moissonne, et où reposeront nos os. La propriété privée, c'est ce qu'on extrait de ce bien commun et qu'on place hors de portée de la main d'un autre.
La « sphère supérieure des biens communs », ça c'est du concept conceptualisant ! Avec ça on peut en forger des idéologies...
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Ascencion
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Tintin tombera-t-il un jour dans le domaine public ?. Évalué à 5.
Non vous n'avez pas compris ! Les exemples supposément positifs (ou non) ne sont là que pour montrer que le choix du mot « tomber » n'est pas une question de positif ou de négatif. Et si ces supposés positifs ne sont finalement que négatifs, et si les supposés négatifs ne sont finalement que positifs, cela ne fait que confirmer mon discours. L'usage du mot « tomber » est liée à la notion de contrainte. Tombe ce qui n'est plus contraint, qui n'est plus retenu. Une œuvre qui n'est plus contrainte, qui n'est plus retenue est une œuvre qui tombe. Et comme on dirait également, une fois détaché de son aveuglement, « ça tombe sous le sens ».
Il n'est pas question de « proscrire » l'idée d'élévation, mais de se demander s'il est pertinent de remplacer un concept riche de sens (la chute implique une absence de contrainte et un mouvement qui va de soi) par un autre mot qui sacrifie ces sens pour un autre qui n'est pas évident ou ne se justifie que par l'idéologie (en plus de ne pas être nécessairement accessible à tous).
C'est bien là l'objet de mon discours : pourquoi vouloir absolument exprimer cet éloge, pourquoi ce besoin ?
Vous voulez nommer les choses non selon le fait (la perte de contrainte et le mouvement de soi) par le jugement moral que vous portez sur les conséquences du fait.
Vous vous désolez que le mot « tomber » n'exprime pas l'idée du bien, et bien sachez qu'il n'est pas employé non plus pour exprimer l'idée du mal.
Il n'est pas question de savoir si « tomber » est ici péjoratif ou mélioratif, donner des exemples d'emploi de ce mot dans l'une et l'autre des situations ne sert qu'à montrer que la raison de ce mot se situe bien ailleurs.
Et sans comprendre la raison de ce mot qui décrit un fait, vous souhaitez le remplacer par un mot qui exprime un jugement moral. Ce non pour décrire une réalité, mais pour servir une fin. C'est de l'idéologie.
Il y a des tas de mots qui peuvent être remplacés, voir qui le devraient, comme l'expression de « propriété intellectuelle » par exemple, puisque les concepts d'exclusivité, de cession et d'_abusus_ ne sont pas applicables, ce ne peut être de la propriété et l'emploi de ce mot est erroné. Mais dans « tomber dans le domaine public », cette expression n'est pas fausse, est-il nécessaire de la corriger ?
En entendant « élever dans le domaine public », on peut comprendre par image l'idée d'une amélioration, mais autrement on ne comprend qu'un changement de situation, mais ce changement de situation n'est pas exprimé. Ce changement de situation est exprimé par « tomber dans le domaine public ». C'est pourquoi, afin de comprendre « élever dans le domaine public », il faut d'abord connaître l'expression « tomber dans le domaine public ». C'est inefficace.
Et puis il n'est pas dit que le domaine public soit si élevé que ça, j'espère qu'il est à ma portée.
Pour faire une brève analogie avec le monde de la propriété (avec ses limites), les choses communes sont les choses qui ne sont pas susceptibles d'appropriation et qui sont à l'usage de tous : air, eau... Le domaine public est similaire à ces choses communes.
La chute d'un fruit mûr est nécessaire à sa germination. Une œuvre doit tomber en terre pour porter à son tour du fruit. La fécondité passe par une chute.
Alors on peut souhaiter que l'œuvre entre dans le domaine, mais c'est encore mieux si elle tombe dans le jardin. Le fruit tombe en terre, est mis en pièce et se mêle à la terre jusqu'à s'y confondre, le fruit tombe en chose commune et devient chose commune, et cette chute et cette mise en pièce est nécessaire à la fécondité de l'œuvre.
L'élévation vient après la chute, l'élévation vient quand approche la floraison, et il n'y a pas d'élévation sans chute.
L'expression « élever dans le domaine public » a été créée à partir de l'expression « tomber dans le domaine public », au lieu d'être créée à partir du concept d'œuvre et du concept de domaine public. L'œuvre s'élève et est féconde en une longue lignée de génération parce qu'elle est d'abord tombée.
La volonté politique ne peut s'exprimer convenablement que si la réalité qu'elle prétend diriger est appréhendée convenablement.
La volonté politique qui dirige un fantasme est autant fantasme que ce qu'elle dirige. Une volonté politique qui n'est pas fondée sur le réel est une idéologie. L'expression « élever dans le domaine public » n'exprime que la volonté et exclu le réel.
La chute est cause de fécondité, et la fécondité est cause d'élévation. En passant directement à l'élévation, on exclu la chute et donc la fécondité, et donc on exclu l'élévation.
Le bien commun, c'est là où l'on pose le pied, où l'on sème et l'on moissonne, et où reposeront nos os. La propriété privée, c'est ce qu'on extrait de ce bien commun et qu'on place hors de portée de la main d'un autre.
La « sphère supérieure des biens communs », ça c'est du concept conceptualisant ! Avec ça on peut en forger des idéologies...
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