Ma question est-ce important d'avoir des documents mise en pages en générale ?
Oui. Nul besoin de « perfection typographique », mais une mise en page « correcte » est très importante pour moi, a fortiori pour des romans que je lis pour le plaisir (à la limite, pour un document technique que je lis dans le cadre de mon travail, je veux bien faire un effort, après tout je suis payé).
Avec les journaux et les romans ça fait pas mal de lecture déjà.
Mais même pour des romans les ebooks ne me conviennent pas. J’ai au moins trois problèmes avec eux :
1 La mauvaise typographie à la source : j’entends par là, les erreurs de typographie qui ne dépendent pas de l’appareil (ou du logiciel) de lecture mais qui ont été faite directement dans le code source même du livre. Par exemple : utilisation de pseudo-guillemets droits ("), dialogues marqués par des traits d’union (-), deux points au lieu d’un seul à la fin d’une phrase (devinette pour le lecteur : y a-t-il un point en trop ou un point en moins), absence d’espace entre un point et la phrase suivante... Rien de bien dramatique certes, mais ça me fait tiquer, d’une part parce que je suis un typonazi, d’autre part parce que cela révèle le peu d’attention que l’éditeur a accordé à la version électronique (un éditeur digne de ce nom de laisserait jamais passer ce genre de choses pour une édition imprimée).
2 La mauvaise typographie au rendu : les erreurs de typographie ou mise en page inputables à la liseuse ou au logiciel de lecture. Par exemple : énormes blancs inter-mots, titre de chapitre sur deux « pages », lignes veuves, etc.
3 Ma liseuse n’est pas pratique. Je n’ai rien à redire sur le confort visuel (c’était au départ le point sur lequel j’étais le plus sceptique, et j’ai été agréablement surpris de ce côté-là : une page d’encre électronique est aussi agréable à lire à mes yeux qu’une page imprimée), mais la seule « navigation » supportée est de tourner une page à la fois, dans un sens ou dans l’autre. Or même pour un roman, j’aime bien pouvoir faire plus : par exemple, retourner trente pages avant pour revérifier un truc (« attends une seconde, il avait pas dit qu’il était avec sa maîtresse, le soir du meurtre ? »), reprendre les cinq dernières pages parce que j’ai été distrait au cours des deux dernières minutes, feuilleter quelques pages en avant pour voir où se trouve la fin du chapitre et décider si j’arrête maintenant ou si je termine le chapitre, etc. Autant de choses qui sont parfaitement naturelles et évidentes avec un livre papier, et chiantes au possible avec ma liseuse (j’espère sincèrement qu’il y en a de meilleures sur ce point).
Alors, certes, le premier problème est de la faute de l’éditeur, le second et le troisième la faute de l’appareil de lecture, aucun de ces problèmes n’est imputable au format EPUB lui-même (encore que le choix de HTML5 est à mon sens directement responsable du second problème) et aucun de ces problèmes n’est insoluble (encore que j’ai des doutes sur la volonté des éditeurs et des constructeurs de liseuses d’améliorer les choses, surtout si tout le monde se contente de peu).
Il n’empêche, le résultat pour moi est que je conchie EPUB et les livres électroniques (romans ou techniques — c’est encore pire pour les documents techniques, même si comme dit plus haut je suis moins exigeant dans ce cas-là), et le fait qu’EPUB n’y soit pour rien me fait une belle jambe. J’apprécie le côté « votre bibliothèque dans votre poche », mais c’est bien le seul avantage que je peux leur trouver par rapport à des livres imprimés.
Tu as quoi comme modèle si ce n'est pas indiscret ?
Une Kobo. À éviter.
J'ai une Bookeen Odyssey HD frontlight et je n'ai pas à m'en plaindre (du moment que je lis des romans ou des document dont la navigation consiste à tourner la page)
Donc elle ne fait pas mieux que la mienne, apparemment.
Si docbook ne permet pas d'afficher une bibliographie correctement c'est un bug de docbook, mais à priori ce n'est pas un problème fondamentale de l'approche.
En effet, et j’espère d’ailleurs que les outils associés à DocBook se sont améliorés depuis. Mais tu comprendras que je préfère de vieux outils qui marchent avec une approche des années 80 à de nouveaux outils modernes qui ne marchent pas ou ne font pas ce dont j’ai besoin (parmi les langages de balisage léger à la mode, combien prennent en charge la gestion des références ?).
Mais l’approche du document source unique a d’autres problèmes. Que fait-on des notes de bas de page, par exemple ? Rien que le fait de parler de « notes de bas de page » trahit le fait qu’on ne s’affranchit pas totalement du format de sortie, puisque la notion de « note de bas de page » n’a rien à faire dans un document électronique ! La plupart du temps, les notes de bas de page sont traduites, dans une version électronique, par des notes de fin d’ouvrage (ou, dans le meilleur des cas, des notes de fin de chapitre). C’est la pire solution, vu qu’elle oblige à se déplacer à la fin du livre (ou du chapitre) pour lire la note, puis à revenir au point d’appel. C’est à la limite tolérable sur un navigateur web, où il y a en général des liens cliquables pour se déplacer aisément, mais sur une liseuse où la navigation est merdiqueTM, c’est horrible. Une meilleure approche serait d’afficher les notes au bord de l’écran (nos écrans sont assez larges aujourd’hui...), au survol du pointeur (on sait faire suffisamment de trucs inutiles en Javascript, pour une fois qu’on ferait quelque chose de pratique...), ou, sur une liseuse, dans un cadre en bas de la « page » courante. Bref, il y a moyen de faire des choses plus intelligentes que de transposer bêtement les notions du format papier au format électronique, à condition d’accepter que le format imprimé et le format électronique sont différents et que vouloir les traiter de la même façon conduit à nier les spécificités de chacun.
Surtout que le html simplifie tout : vue que tu n'a pas de page le placement des figures devient trivials.
Ah ben oui, vu qu’on ne se casse plus la tête : on met la figure n’importe où, au lecteur de se débrouiller avec. Pour lui, ce n’est ni mieux ni pire que les articles figés au format PDF ou imprimés. Sur un papier PDF, si une figure en page 2 est citée en page 4, je dois retourner à la page 2 pour la voir. Sur un article électronique, si une figure au début du papier est citée à la fin, je dois remonter pour la voir. Grande différence. Certes, avec un navigateur, je peux ouvrir la figure dans une autre fenêtre et revenir au texte, et ainsi avoir la figure en face du texte, mais je peux faire la même chose dans mon lecteur PDF (ou même avec une version imprimée, il me suffit de placer la page 2 à côté de la page 4 sur mon bureau). L’électronique ne change rien du tout ici, ses possibilités ne sont pas du tout exploitées.
Ma question est « est-ce que ce sera longtemps pertinent de faire des articles scientifique et des thèses pour les imprimer ?»
Tant que les versions électroniques seront aussi peu pratiques (parce qu’elles ne seront que des versions électronalisées du papier), oui.
epub est un format d'échange et ne se soucie pas de l'affichage
Moi je pense que l’EPUB est un format final dédié à l’affichage sur média électronique, de même que le PDF est un format final pour l’impression (même si dans les faits il est de plus en plus rare qu’on imprime du PDF, on les lit aussi sur média électronique).
Pour moi, un format d’échange, c’est plutôt le format à partir duquel on a généré le EPUB, que ce soit du DocBook ou un autre type de balisage sémantique dans lequel la forme est vraiment complètement absente (on notera qu’un code source LaTeX ne répond pas mieux à cette définition qu’un EPUB).
Utiliser un logiciel de mise en page (TeX) pour quelque chose qui n'a pas besoin de mise en pages est inutilement contraignant et est une mauvaise pratique àmho (même si c'est plus beau à l'impression)
Nos avis divergent sur le besoin de mise en page. Pour moi il y a une règle simple : s’il y a une chance que ça soit imprimé, ça doit être mis en page — correctement. Après si ça doit rester purement électronique, à voir en fonction de la taille du document, de sa complexité, de son importance, etc.
4 Maintenant si t'a besoin d'une mise en page soigné, LaTeX roxe du Poney !
[^] # Re: Langage
Posté par gouttegd . En réponse au journal Le HTML (epub3) peut il détrôner latex (surtout beamer) ?. Évalué à 1. Dernière modification le 23 octobre 2013 à 22:35.
Oui. Nul besoin de « perfection typographique », mais une mise en page « correcte » est très importante pour moi, a fortiori pour des romans que je lis pour le plaisir (à la limite, pour un document technique que je lis dans le cadre de mon travail, je veux bien faire un effort, après tout je suis payé).
Mais même pour des romans les ebooks ne me conviennent pas. J’ai au moins trois problèmes avec eux :
1 La mauvaise typographie à la source : j’entends par là, les erreurs de typographie qui ne dépendent pas de l’appareil (ou du logiciel) de lecture mais qui ont été faite directement dans le code source même du livre. Par exemple : utilisation de pseudo-guillemets droits ("), dialogues marqués par des traits d’union (-), deux points au lieu d’un seul à la fin d’une phrase (devinette pour le lecteur : y a-t-il un point en trop ou un point en moins), absence d’espace entre un point et la phrase suivante... Rien de bien dramatique certes, mais ça me fait tiquer, d’une part parce que je suis un typonazi, d’autre part parce que cela révèle le peu d’attention que l’éditeur a accordé à la version électronique (un éditeur digne de ce nom de laisserait jamais passer ce genre de choses pour une édition imprimée).
2 La mauvaise typographie au rendu : les erreurs de typographie ou mise en page inputables à la liseuse ou au logiciel de lecture. Par exemple : énormes blancs inter-mots, titre de chapitre sur deux « pages », lignes veuves, etc.
3 Ma liseuse n’est pas pratique. Je n’ai rien à redire sur le confort visuel (c’était au départ le point sur lequel j’étais le plus sceptique, et j’ai été agréablement surpris de ce côté-là : une page d’encre électronique est aussi agréable à lire à mes yeux qu’une page imprimée), mais la seule « navigation » supportée est de tourner une page à la fois, dans un sens ou dans l’autre. Or même pour un roman, j’aime bien pouvoir faire plus : par exemple, retourner trente pages avant pour revérifier un truc (« attends une seconde, il avait pas dit qu’il était avec sa maîtresse, le soir du meurtre ? »), reprendre les cinq dernières pages parce que j’ai été distrait au cours des deux dernières minutes, feuilleter quelques pages en avant pour voir où se trouve la fin du chapitre et décider si j’arrête maintenant ou si je termine le chapitre, etc. Autant de choses qui sont parfaitement naturelles et évidentes avec un livre papier, et chiantes au possible avec ma liseuse (j’espère sincèrement qu’il y en a de meilleures sur ce point).
Alors, certes, le premier problème est de la faute de l’éditeur, le second et le troisième la faute de l’appareil de lecture, aucun de ces problèmes n’est imputable au format EPUB lui-même (encore que le choix de HTML5 est à mon sens directement responsable du second problème) et aucun de ces problèmes n’est insoluble (encore que j’ai des doutes sur la volonté des éditeurs et des constructeurs de liseuses d’améliorer les choses, surtout si tout le monde se contente de peu).
Il n’empêche, le résultat pour moi est que je conchie EPUB et les livres électroniques (romans ou techniques — c’est encore pire pour les documents techniques, même si comme dit plus haut je suis moins exigeant dans ce cas-là), et le fait qu’EPUB n’y soit pour rien me fait une belle jambe. J’apprécie le côté « votre bibliothèque dans votre poche », mais c’est bien le seul avantage que je peux leur trouver par rapport à des livres imprimés.
Une Kobo. À éviter.
Donc elle ne fait pas mieux que la mienne, apparemment.
En effet, et j’espère d’ailleurs que les outils associés à DocBook se sont améliorés depuis. Mais tu comprendras que je préfère de vieux outils qui marchent avec une approche des années 80 à de nouveaux outils modernes qui ne marchent pas ou ne font pas ce dont j’ai besoin (parmi les langages de balisage léger à la mode, combien prennent en charge la gestion des références ?).
Mais l’approche du document source unique a d’autres problèmes. Que fait-on des notes de bas de page, par exemple ? Rien que le fait de parler de « notes de bas de page » trahit le fait qu’on ne s’affranchit pas totalement du format de sortie, puisque la notion de « note de bas de page » n’a rien à faire dans un document électronique ! La plupart du temps, les notes de bas de page sont traduites, dans une version électronique, par des notes de fin d’ouvrage (ou, dans le meilleur des cas, des notes de fin de chapitre). C’est la pire solution, vu qu’elle oblige à se déplacer à la fin du livre (ou du chapitre) pour lire la note, puis à revenir au point d’appel. C’est à la limite tolérable sur un navigateur web, où il y a en général des liens cliquables pour se déplacer aisément, mais sur une liseuse où la navigation est merdiqueTM, c’est horrible. Une meilleure approche serait d’afficher les notes au bord de l’écran (nos écrans sont assez larges aujourd’hui...), au survol du pointeur (on sait faire suffisamment de trucs inutiles en Javascript, pour une fois qu’on ferait quelque chose de pratique...), ou, sur une liseuse, dans un cadre en bas de la « page » courante. Bref, il y a moyen de faire des choses plus intelligentes que de transposer bêtement les notions du format papier au format électronique, à condition d’accepter que le format imprimé et le format électronique sont différents et que vouloir les traiter de la même façon conduit à nier les spécificités de chacun.
Ah ben oui, vu qu’on ne se casse plus la tête : on met la figure n’importe où, au lecteur de se débrouiller avec. Pour lui, ce n’est ni mieux ni pire que les articles figés au format PDF ou imprimés. Sur un papier PDF, si une figure en page 2 est citée en page 4, je dois retourner à la page 2 pour la voir. Sur un article électronique, si une figure au début du papier est citée à la fin, je dois remonter pour la voir. Grande différence. Certes, avec un navigateur, je peux ouvrir la figure dans une autre fenêtre et revenir au texte, et ainsi avoir la figure en face du texte, mais je peux faire la même chose dans mon lecteur PDF (ou même avec une version imprimée, il me suffit de placer la page 2 à côté de la page 4 sur mon bureau). L’électronique ne change rien du tout ici, ses possibilités ne sont pas du tout exploitées.
Tant que les versions électroniques seront aussi peu pratiques (parce qu’elles ne seront que des versions électronalisées du papier), oui.
Moi je pense que l’EPUB est un format final dédié à l’affichage sur média électronique, de même que le PDF est un format final pour l’impression (même si dans les faits il est de plus en plus rare qu’on imprime du PDF, on les lit aussi sur média électronique).
Pour moi, un format d’échange, c’est plutôt le format à partir duquel on a généré le EPUB, que ce soit du DocBook ou un autre type de balisage sémantique dans lequel la forme est vraiment complètement absente (on notera qu’un code source LaTeX ne répond pas mieux à cette définition qu’un EPUB).
Nos avis divergent sur le besoin de mise en page. Pour moi il y a une règle simple : s’il y a une chance que ça soit imprimé, ça doit être mis en page — correctement. Après si ça doit rester purement électronique, à voir en fonction de la taille du document, de sa complexité, de son importance, etc.
Non. Il fait son job, c’est tout.