Centre Maurice Halbwachs - CMH

Le Centre Maurice Halbwachs a été créé au 1er janvier 2006, et s’est installé au cours de cette même année 2006 sur son site actuel du campus de l’École Normale Supérieure de Paris, 48 Boulevard Jourdan. Il résulte de la réunion d’un laboratoire anciennement spécialisé sur la mise à disposition des enquêtes de l’INSEE et sur l’analyse longitudinale des données (LASMAS), et du Département de sciences sociales de l’École Normale Supérieure. Bénéficiant d’une quadruple tutelle (ENS, EHESS, CNRS, INRAE), le CMH a été dirigé de 2006 à 2010 par André Grelon (DE EHESS), de 2010 à 2018 par Patrick Michel (DR CNRS, DE EHESS), et de janvier 2019 à mars 2024 par Serge Paugam (DR CNRS, DE EHESS), d’avril 2024 à décembre 2024 par Séverine Gojard (DR INRAE) et depuis janvier 2025 par Anne Lhuissier (DR INRAE).

La singularité du Centre Maurice Halbwachs réside notamment – en lien avec les travaux du sociologue dont il a pris le nom - dans l’analyse de la structure et des inégalités sociales, au sein du paysage sociologique français et international. Cette singularité est d’ores et déjà bien identifiée : elle s’appuie sur une solide capacité d’innovation méthodologique, combinant à la fois des exploitations longitudinales de bases de données de grande échelle et des dispositifs qualitatifs ou ethnographiques, déployés à l’échelon national tout comme en comparaisons internationales.

Cette ouverture méthodologique et cette solide assise empirique nourrissent une recherche profondément originale sur les recompositions des rapports sociaux : ceux-ci sont analysés, de façon dynamique, non pas uniquement sous l’angle de la stratification, mais aussi sous l’angle des perceptions et de leurs évolutions ; et c’est bien la maîtrise et la capacité d’articulation des méthodes, inscrites dans un dialogue renouvelé avec la socio-histoire et la socio-économie, qui fondent l’originalité empirique de ces travaux et marquent aujourd’hui la place du CMH dans la carte des sciences sociales contemporaines.

Depuis janvier 2017, le CMH accueille six chercheurs INRAE au titre d’une convention entre ses tutelles et l’Inra (entre 2017 et 2019) devenu INRAE au premier janvier 2020 et devenue tutelle secondaire depuis janvier 2022 puis tutelle principale depuis janvier 2025.

Le CMH est organisé en cinq axes depuis janvier 2019.

L’axe Inégalités et solidarités, dirigé par Isabelle Parizot et François-Xavier Schweyer
Le projet de cet axe résulte des recherches et réflexions qui ont été menées au sein de l’Equipe de Recherche sur les Inégalités Sociales (ERIS) au cours des dernières années sur la matrice de la sociologie des inégalités, des enquêtes menées par l’équipe Groupe de Recherche sur la Cohésion sociale (GRECO) sur la perception des inégalités et des projets portés par Florence Weber dans le cadre de la poursuite du programme MEDIPS et de la Chaire « Handicap psychique et décision pour autrui ».
Il s’agit d’analyser les solidarités de façon plurielle comme des formes potentielles d’accroissement ou de réduction des inégalités dans les sociétés contemporaines.
Le dialogue entre sociologie des inégalités sociales et des solidarités et ethnographie économique des politiques sociales s’organise autour de quatre mots-clés :

  • Territoires,
  • Trajectoires,
  • Représentations,
  • Régulations

L’axe Le travail depuis ses frontières, dirigé par Lise Bernard et Aël Théry
Le travail fait ici l’objet de recherches qui se situent sur des terrains variés, et qui interrogent la notion même de « travail ». Ainsi, le travail – loin de toute évidence a priori– est envisagé à partir de la signification que lui confèrent les acteurs, en sortant par exemple de la focalisation sur le travail ouvrier ou d’exécution au sens d’une sociologie classique du travail centrée sur l’atelier. Pour cela, les recherches envisagent tout autant le travail dans une organisation qui en définit la portée, qu’il s’agisse d’une activité de fabrication, de réalisation d’un service, d’encadrement, de recherche que le « travail à côté » aux frontières des activités domestiques et de loisir ou encore le travail dans un espace internationalisé où prévaut un allongement de la « chaîne de valeur ». Il s’agit donc d’étudier le travail en l’articulant

  • avec le fonctionnement plus global des entreprises dans des économies mondialisées, en relation avec les cadres juridiques auxquels les acteurs se réfèrent pour appréhender leur activité professionnelle, engager des négociations collectives voire construire des litiges et des mobilisations collectives ;
  • avec la vie personnelle et les styles de vie, aux confins du « hors travail » ;
  • avec différents espaces nationaux ou périodes historiques, dans lesquels le travail perd parfois de sa netteté à l’épreuve notamment d’une « informalisation » de l’économie.

L’axe Pouvoir, Droit, Economie, dirigé par Benjamin Lemoine et Quentin Ravelli

Les membres de l’axe Poudre ont pour point commun de travailler, avec les outils des sciences sociales, sur les rapports entre le pouvoir, le droit et l’économie. Les travaux portent leur attention tant sur les situations de conflit, de controverse et de crise (politiques, économiques, juridiques ou religieuses) que sur les dimensions matérielles et ordinaires des rapports de pouvoir. Parmi nos centres d’intérêts, on trouve notamment les appareils d’États, les organisations syndicales, les mouvements sociaux, les professions juridiques et financières. D’un point de vue méthodologique, nous nous efforçons de donner un fort ancrage empirique à nos enjeux théoriques, en croisant des approches par entretien, observation, analyses statistique et documentaire. L'axe a une forte dimension internationale, et les enquêtes se déploient notamment en Amérique Latine, Etats-Unis, Afrique du Nord et Océanie. Notons que plusieurs d'entre nous coordonnent un atelier "Sciences sociales et cinéma" qui organise des conférences et des projections au cour de l'année. Cet effort de combinaison des méthodes, des terrains et des objets prend sa source dans trois disciplines particulièrement représentées au sein de l’axe Poudre – la sociologie, la science politique, l’anthropologie – dont on peut regrouper les recherches autour des thèmes suivants.

  1. L’étude des pratiques de gouvernement et la dimension matérielle du pouvoir à différentes échelles.
  2. Les formes de mobilisation, qu’il s’agisse d’adhésion à une cause ou au contraire de contestations.
  3. La place du droit, du politique et des savoirs qui leurs sont associés dans les processus d’institution, de catégorisation et d’identification des questions sociales.

L’axe, Données, Conduites, Savoirs, dirigé par Thomas Depecker et Joël Laillier

L’axe DOCSA porte sur la production des savoirs, des données et des discours concernant le gouvernement des conduites, et leurs processus de diffusion, d’appropriation et d’incorporation. Trois thèmes concernent plus particulièrement les recherches menées dans un tel cadre. Le premier se concentre sur la construction des savoirs et des dispositifs d’enquête. Il concerne par exemple la manière dont les données, la quantification et les statistiques sont produites dans une perspective socio-historique, et questionne la mise en forme publique de la science. Le deuxième thème aborde les usages des savoirs, considérés comme des outils de gouvernement, de réforme ou de critique. Il examine la manière dont les savoirs façonnent les modalités de gouvernement des conduites et leur circulation dans l’espace public. Cette perspective inclut par exemple des travaux sur la désinformation, la production de l’ignorance, ou encore les dispositifs de l'éthique et de l'intégrité scientifique. Elle s'interroge également sur la manière dont les productions culturelles et les discours dominants perpétuent ou façonnent les dispositions. Enfin, le troisième thème se focalise sur l’incorporation et l'appropriation des savoirs, et les formes de rationalisation des conduites de vie. Il étudie comment les agents assimilent, diffusent ou reproduisent certaines conduites dans des domaines tels que l'éducation à la santé, des dispositifs de la mesure de soi et de comptabilisation de son activité (le "quantified self"), ou encore le monde des affaires.

L’axe Imbrication des rapports sociaux : genre, classe, race, dirigé par Yasmine Berriane et Etienne Penissat
Cet axe prolonge et réoriente des recherches développées au sein du Centre Maurice Halbwachs depuis plusieurs années. Le CMH est marqué par une tradition d’analyse des classes sociales et de la stratification et parallèlement par un développement des perspectives de genre. L’objectif de l’axe est de faire fructifier ces deux dimensions en les articulant, et d’ouvrir une réflexion plus large, à la fois sur la construction des catégories d’analyse de ces hiérarchies sociales et sur l’imbrication des rapports sociaux. L’attention particulière accordée aux processus de racialisation et aux rapports sociaux de race correspond à une thématique émergente forte au cours des dernières années. S’intéresser aux rapports sociaux de genre et de race, en les articulant aux positions sociales et rapport de classe, permet d’approfondir la dénaturalisation des distinctions et des hiérarchies qui est au fondement de la démarche des sciences sociales. Au-delà de ce triptyque, cet axe est ouvert à toute réflexion sur l’imbrication de rapports de pouvoir multiples (sexualité, âge/génération, validocentrisme/handicap, nation/nationalité...), dans une pluralité de sphères de la vie sociale et de contextes.
Cet axe est structuré autour de deux ordres de questionnement. Un premier porte sur la construction des catégories d’analyse des rapports sociaux, à travers trois dimensions : une perspective épistémologique s’intéresse à l’historicité différente de ces catégories d’analyse dans la littérature de sciences humaines et sociales, et à leurs usages savants ; un autre ensemble d’interrogations consiste à explorer les stratégies d’enquête adaptées pour analyser ces rapports sociaux et leurs imbrications : la multiplicité des approches méthodologiques (archives, ethnographie, approches quantitatives...) constitue à cet égard un point fort de l’axe ; enfin, cette exploration des catégories inclut une analyse de leur circulation et de leur transformation d’une sphère sociale à une autre.
Le deuxième ordre de questionnement porte sur les objets d’enquête permettant de mettre en lumière l’articulation des rapports sociaux. Les membres de l’axe travaillent dans des contextes variés et avec un regard comparatif (France, Argentine, Maroc, Grande-Bretagne, États-Unis, Espagne, Émirats arabes unis, Tunisie, Iran...). Trois groupes d’objets se dégagent : mobilisations collectives, mondes du travail, sociabilités et intimités. La diversité des objets, des expériences et des contextes d’enquête au sein de l’axe enrichit nos échanges concernant l’analyse empirique de l’imbrication des rapports sociaux.

Lancement d’un blog sur la plateforme hypotheses.org , où seront diffusées des informations sur les activités scientifiques et pédagogiques de l’axe et de ses membres (rubriques « publications » et « activités collectives ») ainsi que des analyses inédites (rubrique « points de vue »).

Événements

Mardi 20 janvier 2026

"L'invisibilité des travailleuses : regard ethnographique", conférence de Christelle Avril

Dans le prolongement de la 44 e Conférence Marc Bloch de Michèle Lamont, le cycle Marc Bloch 2026, "Frontières et sciences sociales", propose de prolonger la réflexion autour de la notion de frontière avec cinq chercheuses et chercheurs de l’EHESS. Pour l'ouverture du cycle, le 20 janvier 2026 au Campus Condorcet , Christelle Avril ,...

Jeudi 15 mai 2025

Bord de plateau au TGP Saint-Denis : spectacle Pratique de la ceinture, Ô ventre, de Vanessa Amaral

L’ École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Théâtre Gérard Philipe - Saint-Denis sont partenaires pour proposer une invitation au dialogue entre théâtre et sciences sociales. Le jeudi 15 mai 2025, la sociologue du genre et de la sexualité, Saba Le Renard , directrice de recherche au CNRS au sein du Centre...

Actualités

Prix et distinctions

Rencontre avec Lou Forster, prix de thèse 2024 de l'EHESS

Lou Forster a reçu le prix de thèse 2024 de l'EHESS pour « Page à la main : Lucinda Childs et les pratiques de danse lettrée », sous la co-direction de Béatrice Fraenkel (Centre Maurice Halbwachs - CMH) et Carrie Lambert-Beatty (Harvard University). Alors que la danse se construit comme une discipline artistique à travers...

Prix et distinctions

L'EHESS dévoile ses prix de thèse et du mémoire de Diplôme de l'EHESS 2024

La commission de la scolarité, réunie le 3 juin 2025, a attribué les prix de thèse et le prix du meilleur mémoire de Diplôme de l'EHESS pour l'année 2024. Deux prix de thèse 2024 ont été attribués : Yahya Al-Abdullah pour « Step Migration and Urban Integration: The Transnational Trajectory of the Dom Community from...

Projet

Le goût du riz

Le goût du riz Du 20 au 30 novembre dans le hall du bâtiment de l'EHESS du Campus Condorcet Au terme d'un mois de résidence au sein du programme CRESS (création recherche en sciences sociales), Ana Fiod, doctorante en anthropologie au centre Maurice Halbwachs, et André Leal, artiste, architecte et urbaniste brésilien, présentent « Le...

Informations pratiques

Lieu(x) : Centre Maurice Halbwachs École Normale Supérieure 48, boulevard Jourdan 75014 PARIS
Téléphone : 01 80 52 14 00

Soutenances

Appels

Date(s) limite(s) : Lundi 20 février 2017

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