Hier vient de sortir la dernière mise à jour mineure de
Cygwin, le fameux environnement
POSIX libre pour Windows qui permet de se sentir "comme à la maison" quand on est sur un système d'exploitation hostile. C'est l'occasion de rappeler que la récente mise à jour majeure, le passage de la version 1.5 à 1.7, a demandé de nombreuses années de gestation avant d'aboutir en décembre dernier. Néanmoins ce projet est extrêmement dynamique, et figure sans aucun doute dans le top-10 des projets libres les plus populaires. Il est actuellement orchestré par Christopher Faylor, et Corinna Vinschen (
Red Hat).
Grâce à Cygwin on peut :
- Installer un serveur ssh sur Windows (génial !) ;
- Avoir des chemins "Unix" en /c/plop au lieu de c:\plop (génial !) ;
- Installer un serveur X sur Windows pour jouer à xbill (génial !) ;
- Avoir un vrai shell qui tourne dans GNU Screen qui tourne dans un vrai terminal (rxvt, génial !) ;
- Installer gcc et tous les outils associés (génial !) ;
- Profiter de tous les petits outils Unix qui rendent la vie plus simple, il y a même vim pour ceux qui aiment (pas génial) ;
- etc. (génial !)
Alors je vous invite tous à rendre hommage à Cygwin, projet Ô combien important pour les malheureux exilés sous Windows, et j'invite ceux qui ne l'ont jamais essayé à l'installer, ça m'a changé la vie et ça changera la vôtre.
Depuis le 2 mai,
Wine, est entré en «
code freeze » pour la version 1.0, c'est-à-dire que plus aucun changement n'est accepté à l'exception de corrections de bugs triviales.
Rappelons que Wine est une couche de compatibilité permettant l'exécution de programmes conçus pour Windows sur d'autres systèmes d'exploitations (GNU/Linux, *BSD, Darwin, etc.). Il s'agit donc d'un projet pharaonique d'analyse (il faut viser une compatibilité « bug pour bug ») et de ré-implémentation des différentes API disponibles sous Windows et de l'environnement qui va avec.
La première
release candidate est prévue pour le 9 mai, et la version 1.0 définitive devrait être disponible à l'occasion du 15ème anniversaire du projet (comme la date de début est un peu floue cela laisse de la marge entre la fin mai et la mi-juillet). Une liste de
4 applications de référence a été définie, celles-ci doivent s'installer et fonctionner correctement avec Wine 1.0. Mais Wine est d'ores et déjà capable de faire fonctionner parfaitement de très nombreuses autres applications, et tous les rapports de bugs sont les bienvenus.
On ne peut qu'être admiratif devant le travail effectué au cours des quinze années passées, ce qui n'était au départ qu'un projet voué à l'échec est finalement devenu un vrai succès.
Michal Zalewski a développé un petit
script capable de générer du code html invalide, dans le but de tester la robustesse des principaux navigateurs (Mozilla, IE, Opera, lynx,..). Comme il l'explique dans ce
message sur securityfocus , la majorité des navigateurs a pu être mis en difficulté très rapidement (plantages, explosion de mémoire.. un certain nombre de ces plantages pouvant bien sûr conduire à une faille de sécurité), à l'exception notable de Internet Explorer.
La version finale de Scilab 3.0 est disponible depuis quelques jours sur le site de l'
INRIA. Ce logiciel "boite-à-outils" du calcul numérique, est une des alternatives
libres (
NdM : Scilab n'est pas un logiciel libre) à
Matlab. Alors que le développement de scilab semblait stagner depuis quelques années, la création il y a un an du
Scilab Consortium lui a sans doute donné un second souffle.
On notera que la licence de Scilab n'est pas la
CeCILL, mais toujours l'ancienne licence "libre pour usage non commercial" (
NdM : lire « non libre »).
Toujours dans le domaine du calcul numérique, le module
python-numarray, successeur de
python-numeric, vient quant à lui de sortir en version 1.0 . Il permet à python de manipuler des tableaux multi-dimensionnels, ce qui constitue le coeur de logiciels tels que Scilab, Octave ou Matlab. D'après les
release notes , ses développeurs envisagent même, à terme, son inclusion dans le "core" python.
La version 6 de ImageMagick, une suite d'outils pour la manipulation d'images en ligne de commande, vient d'être annoncée sur
Freshmeat.
La liste des modifications apportées est disponible
ici, on notera entre autres «
A high-quality 2D renderer is included, which provides a subset of SVG capabilities », un certain nombre d'efforts sur l'API, et quelques nouvelles options dont '-fx' qui permet d'appliquer une fonction mathématique sur les pixels. Par exemple, pour diviser par deux les composantes rouge et verte d'une image, on peut désormais utiliser mogrify image.png -channel red,green -fx 'u/2.0'
Xpdf 3.0, un visualiseur de fichiers PDF, vient de sortir. Parmi les nouveautés, un nouveau "rasterizer" (moteur de rendu) de PDF qui le rend (estimation au jugé) deux à trois plus rapide que la version précedente, ainsi que le support du pdf-1.5. Malgré son interface (Motif..) pas très sexy, c'est à mon avis de loin le meilleur outil de ce genre sous GNU/Linux : possibilité de selectionner du texte, de faire des recherches, des raccourcis clavier bien pratiques, rapide à démarrer... Bref il a peu de points communs avec l'ignoble Acrobat® Reader, si ce n'est Motif®.
Note du modérateur : En ce qui concerne l'interface, il existe un visualisateur de PDF basé sur Xpdf pour Gnome,
GPdf. Il utilise encore la version 2.02, mais la mise à jour ne saurait tarder.
Cet
article de slashdot rapporte que l'OpenGroup et le consortium IEEE viennent d'accorder la permission pour l'utilisation des spécifications POSIX et de la documentation de l'OpenGroup dans les pages de manuel de Linux. Jusqu'à présent, des problèmes de copyright rendaient cela impossible, mais il semble que l'OpenGroup ait décidé de faire un effort pour permettre une plus large adoption de POSIX. C'est une très bonne nouvelle étant donné la qualité de la documentation en question (disponible depuis un certain temps sur
http://www.opengroup.org/), qui permettra de corriger certaines imprécisions ou erreurs dans les pages de manuel.
NdM: C'est également une reconnaissance importante du travail sur la documentation que des centaines de volontaires fournissent depuis des années, alors que le manque de documentation et sa médiocrité sont des reproches que nombre de développeurs d'Unix propriétaires font au monde du Libre depuis toujours.
Un an après la version 2.02, le projet Bochs propose la version 2.1 de son emulateur x86. Les nouveautés sont (traduction rapide du début du changelog) :
- Nouveau désassembleur
- Support des instructions 3DNow! / SSE / SSE2 / PNI(SSE3)
- Support des images de disque dur au formats Vmware3 /
Sparse / Undoable / Growing
- Améliorations de l'émulation VGA
- Plus de dépendance vers les fontes "vga" de X11
Pour l'instant, pas d'annonce officielle sur le site de Bochs, mais les fichiers sont disponibles sur Sourceforge.
Axiom, le rouleau compresseur du calcul formel initialement développé par
IBM (en 1973!), puis commercialisé par le
Numerical Algorithms Group jusqu'en 2001, a été libéré en
septembre 2002. Les sources sont accessibles depuis fin août sur
savannah. Quand je l'avais utilisé (très peu), il y 5 ou 6 ans, le soft était hors de prix et déclinant (pas compétitif devant les jolies interfaces de ses deux concurrents Maple et Mathematica). Il n'empêche que la libération d'un mastodonte pareil change des projets "
from scratch": il y a des tonnes de bibliothèques diverses et de la documentation à foison. Et l'intégration avec
TeXmacs devrait permettre de disposer rapidement d'une interface attractive.
(Rapide résumé de ftp.gnu.org/MISSING-FILES.README)
Le serveur FTP de la FSF est compromis depuis mars 2003, vraisemblablement suite à une exploitation de la faille "ptrace" du noyau linux (les correctifs pour cette faille n'ont été rendus disponibles que fin mars, une semaine après la publication d'un exemple de mise en oeuvre de cette faille).
Il semblerait fort heureusement qu'aucun fichier du serveur n'ait été modifié.
Vu dans un courriel d'information de sourceforge.net : AMD vient d'offrir un quadri-Opteron pour la ferme de compilation (qui comprend déjà des machines sous Solaris, BSD, MacOS X et linux). Celui-ci tourne sous SuSE Linux Enterprise Server 8, les opterons sont à 1.6GHz et il y a 7.4GiB de mémoire.
J'en profite pour signaler une autre possibilité pour faire joujou avec de grosses bebêtes qui coûtent cher : le testdrive d'HP, qui permet d'essayer très facilement des serveurs à base d'Alpha, de PA-RISC ou d'Itaniums, tournant sous Linux, HP-UX ou Tru64. Il y a même un iPAQ.
UnderC est un interpréteur C++, ce qui a le mérite d'être original. De taille modérée (les binaires font autour de 400ko), il implémente, aux dires de son auteur, une bonne partie du standard C++ (les templates n'étant que très partiellement supportés), et se destine autant à l'enseignement du C++ qu'à une utilisation en tant que langage de script. Il permet d'appeler facilement des fonctions/classes issues d'une bibliothèque C ou C++ (modulo les problèmes d'ABI de g++ j'imagine..), et à terme pourrait devenir un environnement de développement assez intéressant (en particulier pour les gains sur le temps de compilation).
J'ai l'immense tristesse de vous faire par de la disparition brutale de la
Tribune Libre de linuxfr, lundi 16 Décembre 2002 aux alentours de 13h. L'enterrement a eu lieu dans la plus stricte intimité. C'est l'occasion de lui rendre un dernier hommage.
Toutes mes condoléances à Plop.
La version de 0.95 de Lush vient d'être annoncée sur Freshmeat (première annonce de ce projet, a priori). Il s'agit d'un langage qui se veut orienté objet et adapté au calcul numérique et aux applications graphiques, le but étant de remplacer l'immonde langage de Matlab. LUSH est défini par ses auteurs comme pouvant remplacer toute combinaison des langages suivants Matlab, Python, Perl, S+, BASIC, et C (tiens, y'a pas le Fortran ;-).. Des « bindings » pour de nombreuses bibliothèques sont disponibles.
La mascotte est une grenouille.
En cherchant un dictionnaire français-anglais pour
kdict je suis tombé sur la page du
Spiers English-French Dictionnary, qui est semble-t-il un projet pour construire un dictionnaire libre à partir des pages scannées d'un vieux dictionnaire tombé dans le domaine public (pour l'instant les pages sont en .doc, les raisons sont données dans la
faq).
Y'a-t-il d'autres projets du même acabit ? Qu'existe-t-il pour l'instant comme dictionnaires libres ?