Les logiciels libres permettent de faire pas mal de choses, parfois même plus que ce que font certains photographes attachés à leur Photoshop ou leur Lightroom (parfois, ils se contentent des fonctions de recadrage ou d'amélioration de contraste, pour lesquelles les logiciels libres peuvent amplement suffire).
Côté limitations, je pense à des choses qui n'existent pas, qui sont nettement plus lourdes à faire ou dont l'ergonomie a été mal pensée (je parle ici surtout du couple UFraw / Gimp).
Exemple 1: le traitement du bruit.
Là où tu as un menu avec quelques paramètres explicites dans Lightroom, tu n'as rien dans UFraw et Gimp passe par des filtres ou plugins (avec, souvent, des interfaces remplies de paramètres). Au final, on s'en sort pas trop mal pour le bruit chromatique, mais plus difficilement avec le bruit de luminance.
Exemple 2: la simulation de filtres dégradés.
Lightroom te permet de créer directement des filtres dégradés de manière logicielle. Ce n'est pas possible sous UFraw. On peut le faire sous Gimp, mais ça demande de prendre deux photos différemment exposées (grâce à UFraw) et de les fusionner avec un calque et un masque de calque.
Exemple 3: la vibrance.
Cette fonctionnalité (saturation des zones sous-saturées sans provoquer de sur-saturation) est intégrée par défaut dans plusieurs logiciels commerciaux. Elle est simulable en jouant sur les calques, la saturation et la décomposition TSV sous Gimp (mais ça reste nettement plus compliqué). J'ai vu qu'il y avait un plugin "vibrance" à partir de Gimp 2.8 (pas encore testé).
Exemple 4: la photo HDR.
Je n'ai pas testé Qtpfsgui depuis que c'est devenu Luminance HDR (j'ai vu qu'ils avaient notamment ajouté la gestion des images fantômes). A l'époque, l'ergonomie était assez surréaliste, avec des modes de tonemapping nommés par la référence de la publication scientifique dont était tiré l'algorithme et des paramètres aux noms totalement nébuleux (type phi et alpha). Compétence Photo l'avait intégré à un comparatif il y a un an ou deux, ça ne semblait pas beaucoup mieux, et un collègue photographe m'a signalé que la dernière version testée était fort instable.
Exemple 5: l'hyperfocus.
C'est faisable avec Enfuse. Personnellement, ça ne me pose pas de problème. Un fan de Photoshop te dira par contre que lui peut le faire en restant dans son logiciel propriétaire favori (installer trois logiciels là où un seul suffisait lui semble compliqué)…
Bref, on peut faire beaucoup de choses avec ces logiciels, la préparation de cette conférence m'a permis de découvrir énormément de nouvelles fonctionnalités (y compris des choses que je croyais inexistantes en logiciel libre), ça évolue vite et dans le bon sens, mais il faut rester objectif quant à l'existence de certaines faiblesses (qui ne m'empêchent pas d'utiliser ces logiciels avec plaisir pour mes activités et d'en faire la promotion depuis que je commence à en avoir une maîtrise satisfaisante).
[^] # Re: Complexe d'infériorité....
Posté par Robert VISEUR . En réponse à la dépêche Jeudis du Libre à Charleroi, 21 mars 2013 : traiter ses photos avec des logiciels libres. Évalué à 1.
Bonsoir,
Les logiciels libres permettent de faire pas mal de choses, parfois même plus que ce que font certains photographes attachés à leur Photoshop ou leur Lightroom (parfois, ils se contentent des fonctions de recadrage ou d'amélioration de contraste, pour lesquelles les logiciels libres peuvent amplement suffire).
Côté limitations, je pense à des choses qui n'existent pas, qui sont nettement plus lourdes à faire ou dont l'ergonomie a été mal pensée (je parle ici surtout du couple UFraw / Gimp).
Exemple 1: le traitement du bruit.
Là où tu as un menu avec quelques paramètres explicites dans Lightroom, tu n'as rien dans UFraw et Gimp passe par des filtres ou plugins (avec, souvent, des interfaces remplies de paramètres). Au final, on s'en sort pas trop mal pour le bruit chromatique, mais plus difficilement avec le bruit de luminance.
Exemple 2: la simulation de filtres dégradés.
Lightroom te permet de créer directement des filtres dégradés de manière logicielle. Ce n'est pas possible sous UFraw. On peut le faire sous Gimp, mais ça demande de prendre deux photos différemment exposées (grâce à UFraw) et de les fusionner avec un calque et un masque de calque.
Exemple 3: la vibrance.
Cette fonctionnalité (saturation des zones sous-saturées sans provoquer de sur-saturation) est intégrée par défaut dans plusieurs logiciels commerciaux. Elle est simulable en jouant sur les calques, la saturation et la décomposition TSV sous Gimp (mais ça reste nettement plus compliqué). J'ai vu qu'il y avait un plugin "vibrance" à partir de Gimp 2.8 (pas encore testé).
Exemple 4: la photo HDR.
Je n'ai pas testé Qtpfsgui depuis que c'est devenu Luminance HDR (j'ai vu qu'ils avaient notamment ajouté la gestion des images fantômes). A l'époque, l'ergonomie était assez surréaliste, avec des modes de tonemapping nommés par la référence de la publication scientifique dont était tiré l'algorithme et des paramètres aux noms totalement nébuleux (type phi et alpha). Compétence Photo l'avait intégré à un comparatif il y a un an ou deux, ça ne semblait pas beaucoup mieux, et un collègue photographe m'a signalé que la dernière version testée était fort instable.
Exemple 5: l'hyperfocus.
C'est faisable avec Enfuse. Personnellement, ça ne me pose pas de problème. Un fan de Photoshop te dira par contre que lui peut le faire en restant dans son logiciel propriétaire favori (installer trois logiciels là où un seul suffisait lui semble compliqué)…
Bref, on peut faire beaucoup de choses avec ces logiciels, la préparation de cette conférence m'a permis de découvrir énormément de nouvelles fonctionnalités (y compris des choses que je croyais inexistantes en logiciel libre), ça évolue vite et dans le bon sens, mais il faut rester objectif quant à l'existence de certaines faiblesses (qui ne m'empêchent pas d'utiliser ces logiciels avec plaisir pour mes activités et d'en faire la promotion depuis que je commence à en avoir une maîtrise satisfaisante).
Cordialement,
Robert.