Le prêt de titre, ou lending, est tout à fait légal, et ne vise pas à arnaquer celui à qui on emprunte les titres.
Un titre, c'est comme un billet de banque, ou une ligne sur ton compte bancaire. Je peux te l'emprunter, en m'engageant à te le rendre, ou son équivalent, quand tu me le demanderas. Je vais te verser un petit loyer en échange, et je vais aussi mettre en gage (en collatéral) d'autres titres, d'une valeur un peu supérieure, que tu pourras saisir si je ne te rends pas le titre en temps voulu.
Il peut y avoir plein de raisons d'emprunter des titres :
* Obtenir une majorité de blocage lors d'une assemblée générale
* Jouer sur la fiscalité et les accords de non double imposition
* Couvrir une vente à découvert
C'est ce dernier point qui nous intéresse ici. Une vente à découvert (short selling), c'est vendre quelque chose que je ne possède pas. Mais je dois quand même le livrer à l'acheteur, dans les délais normaux (J+2 sur la plupart des marchés). Je vais donc emprunter les titres à une troisième personne, et les livrer à mon acheteur. Quand mon prêteur voudra récupérer ses titres, j'irai sur le marché en acheter, pour lui donner. Le titre n'est pas une voiture, ou un objet physique, c'est une ligne dans un livre de compte.
Entre le moment où j'ai vendu le titre et le moment où mon prêteur veut récupérer son titre, je suis à découvert, j'ai -1 titre. En anglais, je suis short (l'inverse étant long, quand je possède les titres).
Qui en retire quoi ?
Le prêteur en retire un loyer, l'acheteur un titre maintenant. L'emprunteur/vendeur espère en retirer un bénéfice, si l'action baisse entre la vente et le moment où mon emprunteur veut récupérer son titre.
Qu'est ce qui se passe ?
Des fonds ont vendu à découvert beaucoup de titres (sans se coordonner), et on est arrivé à un moment où les positions à découvert représentaient 138% des actions. Tant que les prêteurs ne veulent pas récupérer leurs billes en masse, ça ne pose pas de problème. Mais si le cours augmente, les prêteurs vont vouloir vendre, pour prendre des bénéfices. Ils vont donc demander aux emprunteurs de leur rendre les titres. Les emprunteurs vont alors essayer d'acheter sur le marché, pour couvrir leurs positions. Et le prix va encore augmenter, ce qui créée un cercle vicieux.
Le feu est en plus attisé par deux trois malins qui pensent pouvoir en tirer des bénéfices, ou tout simplement porter un coup fatal aux emprunteurs, qu'ils ne portent pas dans leur coeur. Ces malins étant très suivis, par des fan clubs pas très au fait des subtilités boursières, le cours augmente vite. Mais il va arriver un moment où les emprunteurs ne seront plus à découvert, et n'auront donc plus besoin d'acheter à prix fort, créant cet effet d'entrainement. Et l'entreprise, qui n'a pas changé depuis le début du cycle, et dont la valorisation n'a pas de raison objective de rester aussi haut, va redescendre. Ceux qui ont acheté par suivisme, au prix fort, vont perdre beaucoup d'argent.
[^] # Re: Emprunter des actions ?
Posté par Pipo Le Clown . En réponse au lien Quelques vautours de la bourse en short, merci reddit !. Évalué à 6.
Le prêt de titre, ou lending, est tout à fait légal, et ne vise pas à arnaquer celui à qui on emprunte les titres.
Un titre, c'est comme un billet de banque, ou une ligne sur ton compte bancaire. Je peux te l'emprunter, en m'engageant à te le rendre, ou son équivalent, quand tu me le demanderas. Je vais te verser un petit loyer en échange, et je vais aussi mettre en gage (en collatéral) d'autres titres, d'une valeur un peu supérieure, que tu pourras saisir si je ne te rends pas le titre en temps voulu.
Il peut y avoir plein de raisons d'emprunter des titres :
* Obtenir une majorité de blocage lors d'une assemblée générale
* Jouer sur la fiscalité et les accords de non double imposition
* Couvrir une vente à découvert
C'est ce dernier point qui nous intéresse ici. Une vente à découvert (short selling), c'est vendre quelque chose que je ne possède pas. Mais je dois quand même le livrer à l'acheteur, dans les délais normaux (J+2 sur la plupart des marchés). Je vais donc emprunter les titres à une troisième personne, et les livrer à mon acheteur. Quand mon prêteur voudra récupérer ses titres, j'irai sur le marché en acheter, pour lui donner. Le titre n'est pas une voiture, ou un objet physique, c'est une ligne dans un livre de compte.
Entre le moment où j'ai vendu le titre et le moment où mon prêteur veut récupérer son titre, je suis à découvert, j'ai -1 titre. En anglais, je suis short (l'inverse étant long, quand je possède les titres).
Qui en retire quoi ?
Le prêteur en retire un loyer, l'acheteur un titre maintenant. L'emprunteur/vendeur espère en retirer un bénéfice, si l'action baisse entre la vente et le moment où mon emprunteur veut récupérer son titre.
Qu'est ce qui se passe ?
Des fonds ont vendu à découvert beaucoup de titres (sans se coordonner), et on est arrivé à un moment où les positions à découvert représentaient 138% des actions. Tant que les prêteurs ne veulent pas récupérer leurs billes en masse, ça ne pose pas de problème. Mais si le cours augmente, les prêteurs vont vouloir vendre, pour prendre des bénéfices. Ils vont donc demander aux emprunteurs de leur rendre les titres. Les emprunteurs vont alors essayer d'acheter sur le marché, pour couvrir leurs positions. Et le prix va encore augmenter, ce qui créée un cercle vicieux.
Le feu est en plus attisé par deux trois malins qui pensent pouvoir en tirer des bénéfices, ou tout simplement porter un coup fatal aux emprunteurs, qu'ils ne portent pas dans leur coeur. Ces malins étant très suivis, par des fan clubs pas très au fait des subtilités boursières, le cours augmente vite. Mais il va arriver un moment où les emprunteurs ne seront plus à découvert, et n'auront donc plus besoin d'acheter à prix fort, créant cet effet d'entrainement. Et l'entreprise, qui n'a pas changé depuis le début du cycle, et dont la valorisation n'a pas de raison objective de rester aussi haut, va redescendre. Ceux qui ont acheté par suivisme, au prix fort, vont perdre beaucoup d'argent.