• # Méthodologie à améliorer

    Posté par . En réponse au journal Coronavirus : vers une sortie de crise ?. Évalué à 10.

    Le papier de ce monsieur est tout de même un peu léger.
    https://www.mediterranee-infection.com/hydroxychloroquine-and-azithromycin-as-a-treatment-of-covid-19/

    Tout d'abord, il est visiblement publié sans revue dans le journal de son voisin de paillasse.

    Ensuite, outre le faiblesse des échantillons (26 puis 20 personnes dans le groupe test, 14 dans le groupe témoin), il n'y a pas de double aveugle, ni de placebo pour le groupe témoin.
    Le groupe test est composé de 26 personnes au départ, 6 sont retirées parce leur état s'est aggravé voire pire (1 mort), les 6 personnes en question ne sont juste plus prises en compte (c'est ballot de ne pas tenir compte des cas sur lequel le traitement testé ne marche pas, d'autant plus quand on est au courant des effets secondaires et des risques associé à ce traitement...).
    Le groupe témoin n'est pas testé tous les jours.

    Pour finir, de manière plus anecdotique, le monsieur raconte allègrement n'importe quoi lors d'interview (ça ne remet pas en cause directement son travail, mais bon, ça n'invite pas non plus à la confiance).
    Quelques extraits:
    https://www.marianne.net/societe/la-chloroquine-guerit-le-covid-19-didier-raoult-l-infectiologue-qui-aurait-le-remede-au

    C'est contre-intuitif, mais plus l'échantillon d'un test clinique est faible, plus ses résultats sont significatifs. Les différences dans un échantillon de vingt personnes peuvent être plus significatives que dans un échantillon de 10.000 personnes. Si on a besoin d'un tel échantillonnage, il y a des risques qu'on se trompe. Avec 10.000 personnes, quand les différences sont faibles, parfois, elles n'existent pas.

    ou bien

    Je prescris la chloroquine depuis vingt-cinq ans et je publie à ce sujet dans des revues depuis treize ans. Je suis un chercheur international, j’essaye d’être indifférent au fait que mes coreligionnaires ne me croient pas, ou à ce qu’on raconte sur les plateaux télé.

    Et on est bien opportuniste puisqu'on sort un livre le 23 mars 2020 titré "Epidémies : vrais dangers et fausses alertes" (et un sous titre avec covid-19 dedans, évidemment).

    Bref, je ne dis pas que ça ne marche pas, je dis que les preuves fournies sont légères, et que le comportement de ce monsieur invite à la prudence.