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Philippe Delaître

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Pour les articles homonymes, voir Delaitre.

Philippe Delaître, dit la Taupe, né le à Meaux et mort dans la même ville le , est un jardinier français atteint d'un nævus géant congénital.

Biographie

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Philippe Delaître est né à Meaux le , de Philippe Delaître, jardinier, et Marguerite Bauchet. Il se marie une première fois à l'âge de 23 ans avec Marie-Madeleine-Cécile Delaître. Selon les recherches de Jean-Louis Alibert, il a neuf enfants avec sa cousine germaine, qui était une « forte jolie vigneronne »[1] . Son épouse meurt le et il épouse en secondes noces Marie-Louise-Élisabeth Delaître le . Le couple aura quatre enfants. Il meurt le 24 thermidor an V () à Meaux[2] .

Il est surnommé « La Taupe » car sa mère lui a raconté qu'au début de sa grossesse, elle aurait été effrayé par la vue d'une taupe morte en se promenant dans un jardin.

Cas médical

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Modèle en cire du buste de Philippe Delaitre, atteint d’un naevus géant congénital
Photographie du modèle en cire (Sorbonne Université)
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions(H ×ばつ L ×ばつ l)
51 ×ばつ 20,4 ×ばつ 22,5 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Collection
No d’inventaire
Localisation

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De son vivant, son cas médical intéresse les médecins. Delaître avait d'ailleurs extrêmement peur d'être disséqué par les chirurgiens de l’École de médecine[3] . Antoine-François de Fourcroy présente cette observation médicale à la Société royale de médecine en 1790. Le médecin décrit Philippe Delaître ainsi[4] :

«Philippe Delaître [...] porte sur la face une tumeur d'une nature singulière. Cette tumeur occupe plus des trois quarts du front du côté droit, en commençant presque avec le coronal de ce côté, jusqu'au devant de l'oreille droite, tout le sourcil & le bord orbitraire de ce côté, l'os de la pommette & la joue droite, jusqu'à la hauteur de la bouche, & en dedans, les trois quarts de la racine du nez, & enfin portion du grand angle du sourcil & du bord orbitraire de l'oeil gauche. Toute la peau de cette étendue présente une surface brune foncée, presque noirâtre, chagrinée, tuberculeuse, mais avec des inégalités & des accidens»

Cette excroissance est d'une couleur analogue à la peau d'une taupe.

Un autre grand médecin, précurseur dans l'étude de la dermatologie, Jean-Louis Alibert, s'intéresse à ce cas de nævus géant congénital. Il publie sur le sujet en 1832. Puis ce cas est à de multiples reprises mentionnés comme exemple de naeve : Louis-Victor Duchesne-Duparc (1837)[5] , François-Vincent Raspail (1843)[6] , Ernest Bazin (1862)[7] , Marie-Louis-Adrien Hugues (1890)[8] , William Dubreuilh (en) et Georges Petges (1908)[9] , A. D. Karadimitrès (1912)[10] , Léonard-Henri Brodier (1914)[11] .

  • Représentations au XIXe siècle
  • 1832
  • 1843
  • 1846

La première représentation de la maladie de Delaître est réalisée de son vivant pour la publication de Antoine-François Fourcroy parue en 1790. Puis d'autres dessins sont réalisés en 1832, 1843 et 1846 avec une tumeur située de l'autre côté du visage. Le céroplaste André-Pierre Pinson réalise également un moulage de la tête de Delaître vers la fin du XVIIIe ou début du XIXe siècle. Ce moulage anatomique intègre les collections du musée Dupuytren. Il figure dans le catalogue de Houel en 1877[12] . Au XXIe siècle, cette pièce anatomique fait partie des collections médicales et d'anatomie pathologique de Sorbonne Université [13] .

Notes et références

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  1. Jean-Louis Alibert, « Histoire du jardinier Delaitre, dit La Taupe, d'après ce qu'il a raconté lui-même », Monographie des dermatoses, ou Précis théorique et pratique des maladies de la peau, vol. 2, , p. 732-736 (lire en ligne).
  2. Acte de décès, Meaux, cote 5MI4497, vue 102 sur 114
  3. Jean-Louis Alibert, « Histoire du jardinier Delaitre, dit La Taupe, d'après ce qu'il a raconté lui-même », Clinique de l'hôpital Saint-Louis ou traité complet des maladies de la peau, , p. 376-377 (lire en ligne).
  4. Antoine-François Fourcroy, « Observation sur une maladie singulière de la peau », Histoire et mémoires de la Société royale de médecine, , p. 131-135 (lire en ligne).
  5. Louis-Victor Duchesne-Duparc, Nouveau manuel des dermatoses ou maladies de la peau, classées d'après la méthode de M. le professeur Alibert, avec la synonymie de Willan et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments employés à l'hôpital Saint-Louis, Labé, (lire en ligne).
  6. François-Vincent Raspail, Histoire naturelle de la santé et de la maladie chez les végétaux et chez les animaux en général, et en particulier chez l'homme ; suivie du Formulaire pour une nouvelle méthode de traitement hygiénique et curatif, t. 2, A. Levavasseur, (lire en ligne).
  7. Ernest Bazin, Leçons théoriques et cliniques sur les affections cutanées artificielles et sur la lèpre, les diathèses, le purpura, A. Delahaye, (lire en ligne).
  8. Marie-Louis-Adrien Hugues, Des naevi pigmentaires (taches de naissance, signes, envies) : anatomie descriptive et microscopique, diagnostic, pathogénie et traitement, (lire en ligne), p. 21.
  9. W. Dubreuilh et G. Petges, « Des alopécies congénitales circonscrites », Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, , p. 258 (lire en ligne).
  10. A. D. Karadimitrès, Les naevi et la télégonie, (lire en ligne).
  11. L. Brodier, « L'enseignement d'Alibert », Paris médical, , p. 585 (lire en ligne).
  12. Charles-Nicolas Houel, Catalogue des pièces du musée Dupuytren, t. V, (lire en ligne), p. 435.
  13. Julie Cheminaud, Claire Crignon, Christel Jeanne et Jean Chambaz, Dupuytren ou le musée des maladies, Sorbonne Université Presses, (ISBN 979-10-231-0674-9), p. 151, 198.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Antoine-François Fourcroy, «Observation sur une maladie singulière de la peau», Histoire et mémoires de la Société royale de médecine, , p.131-135 (lire en ligne)
  • Jean-Louis Alibert, «Histoire du jardinier Delaitre, dit La Taupe, d'après ce qu'il a raconté lui-même», Monographie des dermatoses, ou Précis théorique et pratique des maladies de la peau, vol.2, , p.732-736 (lire en ligne)
  • Jean-Louis Alibert, «Histoire du jardinier Delaitre, dit La Taupe, d'après ce qu'il a raconté lui-même», Clinique de l'hôpital Saint-Louis ou traité complet des maladies de la peau, , p.376-377 (lire en ligne)
  • Michel Lemire (préf.Emmanuel-Alain Cabanis), Artistes et mortels, Éditions Raymond Chabaud, (ISBN 287749019X)

Liens externes

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