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Michel de Breteuil

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Michel de Breteuil, né Charles Michel Le Tonnelier de Breteuil le à Nice et mort le à Boulogne-Billancourt [1] , est un éditeur de presse français, figure majeure du paysage médiatique panafricain francophone.

Il est principalement connu pour avoir fondé en 1972 le magazine Amina , premier et principal mensuel féminin d'Afrique noire francophone, dédié aux femmes noires d'Afrique, des Antilles et de la diaspora.

Biographie

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Michel de Breteuil naît le au sein de la famille aristocratique française Le Tonnelier de Breteuil, anoblie depuis 1572. Plusieurs membres de cette lignée ont occupé des rangs importants dans la maison du roi aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il porte le titre de comte [2] .

Fils de Charles de Breteuil, éditeur de presse français et créateur au Sénégal du journal Paris-Dakar en 1936 (premier quotidien d'Afrique noire, ancêtre du journal Le Soleil ), Michel de Breteuil grandit dans un environnement profondément marqué par l'Afrique et la presse. Sa mère, Solange de Ganay, est une ethnologue dont les recherches sur le peuple Dogon font autorité[3] ,[4] .

Dès sa jeunesse, Michel de Breteuil sillonne le continent africain, notamment le Sénégal et la Côte d'Ivoire, où il développe une connaissance intime des sociétés et des femmes africaines. Il passera davantage de temps sur le continent africain qu'en France au cours de sa vie[5] .

Carrière dans la presse

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Michel de Breteuil hérite de la société de presse fondée par son père et en prend la direction. Il développe plusieurs titres dans des domaines variés (aviation, agriculture, presse généraliste) en Afrique francophone, à une période charnière d'avant et d'après les indépendances africaines. Parmi ses titres notables figurent notamment le magazine Bingo, ainsi que diverses publications locales créées en Afrique francophone. Il crée également plusieurs déclinaisons régionales de presse féminine, dont[5] :

  • Awoura en Côte d'Ivoire
  • Akouavi au Bénin
  • Wife au Cameroun
  • Mwasi dans les deux Congo
  • Amina au Sénégal

Ces différents titres seront progressivement regroupés sous la bannière unique Amina à partir de 1972[6] .

En 1970, il s'inspire du magazine anglophone Drum, publié par Jim Bailey en Afrique du Sud (magazine engagé contre l'apartheid), pour concevoir une presse dédiée aux femmes noires d'Afrique. Constatant qu'aucun titre féminin africain n'existait alors, et sensibilisé par les grandes conférences internationales sur les femmes (notamment celle de Mexico en 1975), il décide de combler ce vide éditorial[7] .

Fondation du magazine Amina

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Michel de Breteuil fonde le magazine Amina en avril 1972 à Dakar, au Sénégal, où il réside alors. Le titre est conçu dès l'origine comme une tribune pour les femmes noires, dans leur globalité : femmes d'Afrique subsaharienne, des Antilles, d'Europe et d'Amérique du Nord[8] .

Le premier numéro est un roman-photo réalisé au Kenya. À ses débuts, Michel de Breteuil achetait des romans-photos en anglais produits par Jim Bailey, diffusés en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria, au Ghana, en Sierra Leone, qu'il faisait traduire en français[7] .

La rédaction s'installe à Paris en 1975, au 11 rue de Téhéran dans le 8e arrondissement, d'abord par ce que les États africains nouvellement indépendants souhaitaient reprendre le contrôle de leurs médias nationaux, mais aussi par ce que la majorité des annonceurs publicitaires se trouvait en France[9] .

Le magazine se développe progressivement, passant du statut de mensuel à celui de bimestriel, avec une diffusion numérique complémentaire. À son apogée, Amina est tiré à environ 73 298 exemplaires (selon les chiffres de l'OJD), et diffusé à 40 % en France (Antilles comprises), le reste principalement en Afrique francophone. Le Gabon, le Cameroun et la Côte d'Ivoire constituent ses principaux marchés africains[5] .

Le magazine a également bénéficié, pendant une période, d'une traduction en portugais, mais n'a jamais eu de version anglophone[8] .

Le 3 novembre 1973, Michel de Breteuil recrute Assiatou Bah Diallo, linguiste guinéenne formée aux États-Unis, qui deviendra la rédactrice en chef du magazine pendant plusieurs décennies. Considérée comme « la maman du magazine », ses éditoriaux contribuent de manière décisive au succès d'Amina. Cette collaboration durera 45 ans, jusqu'à la mort de Michel de Breteuil[5] .

Michel de Breteuil renonce progressivement à ses autres titres pour se consacrer entièrement à Amina, qu'il considère comme son œuvre principale. Sa fille Nathalie de Breteuil, formée en droit, en information et en communication, rejoint le magazine en 1992 et l'accompagne dans sa gestion jusqu'à sa mort. Elle en deviendra directrice de publication, perpétuant la ligne éditoriale tout en modernisant la maquette et les contenus[8] ,[10] .

Philosophie éditoriale

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Michel de Breteuil développe une vision éditoriale originale, fondée sur plusieurs principes[10] :

Donner la parole aux femmes noires
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Son objectif premier était de rendre visibles les femmes noires à une époque où elles étaient largement absentes des médias[9] .Comme il le déclarait en 2017 à l'occasion du 45e anniversaire du magazine :

« AMINA est un journal pour les femmes, il vise à donner la parole aux femmes, de leur permettre de s'exprimer, et de faire part de leur avancement qui est considérable. AMINA a permis à beaucoup de femmes de faire connaître leur réussite, de faire connaître leur opinion et surtout de faire connaître l'état d'avancement dans ce qu'elles étaient. »

Un réseau social avant l'heure
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Michel de Breteuil voulait faire d'Amina un outil de mise en relation entre les femmes. Il tenait à ce que les coordonnées des personnes interviewées soient publiées afin de favoriser les contacts et la solidarité au sein de la diaspora africaine[11] .

Une posture de neutralité revendiquée
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Le magazine se définissait comme un « messager » impartial, refusant de prendre position sur des sujets sensibles (excision, avortement, rôle des femmes dans la société), au nom d'une volonté de fédérer l'ensemble du lectorat sans choquer les sensibilités culturelles de ses différentes communautés[12] .

Priorité au « sociétal » sur le « sentimental »
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Contrairement à la presse féminine généraliste française, largement centrée sur l'intime et la sphère domestique, Michel de Breteuil positionnait Amina comme un magazine de société, donnant la priorité aux trajectoires professionnelles des femmes, de la vendeuse de rue à la première dame de la République[13] ,[11] ,[5] .

Décès et postérité

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Michel de Breteuil décède le mardi 3 avril 2018, d'une rupture d'anévrisme, à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à l'âge de 91 ans. Il est inhumé au caveau familial de Choisel, à quelques kilomètres du château de Breteuil. Sa disparition suscite de nombreux hommages dans la presse africaine et francophone[14] .

Surnommé « Papa Africa » par ses collaborateurs, Michel de Breteuil est considéré comme un pionnier de la presse féminine africaine[5] .

Références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. yvelines.org, « Le château de Breteuil » [画像:Accès libre] [PDF], sur yvelines.org
  3. Sarah Frioux-Salgas, « Regard sur un don exceptionnel à la Médiathèque du musée du quai Branly-Jacques-Chirac », Revue d'histoire contemporaine de l'Afrique, no 1, (ISSN 2673-7604 , DOI 10.51185/journals/rhca.2021.e288 , lire en ligne, consulté le )
  4. « Amina - Le Monde Féminin », (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 admin, « Hommage à Michel de Breteuil - Guineematin.com », (consulté le )
  6. « Afrique – Médias : Décès de Michel de Breteuil, fondateur du magazine Amina », sur Les Echos du Congo Brazzaville, (consulté le )
  7. 1 2 « Disparition : "Amina" a perdu son fondateur | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur www.adiac-congo.com (consulté le )
  8. 1 2 3 Frédéric Schneider, « Amina, "Le magazine de la femme", souffle ses 40 bougies », sur Afrik, (consulté le )
  9. 1 2 kassataya, « "Amina", le magazine qui brosse les portraits des Africaines depuis 50 ans », sur Kassataya Mauritanie, (consulté le )
  10. 1 2 « "Amina", le magazine qui brosse les portraits des Africaines depuis 50 ans », sur franceinfo, (consulté le )
  11. 1 2 Virginie Sassoon, « La représentation du couple dans le magazine féminin Amina : une vision androcentrique », Le Temps des médias, vol. 19, no 2, , p. 145–158 (ISSN 1764-2507 , DOI 10.3917/tdm.019.0145 , lire en ligne, consulté le )
  12. « Vérification que vous n'êtes pas un robot ! », sur journals.openedition.org (consulté le )
  13. neonegritude33, « La revue littéraire du monde noir », sur PRINTEMPS DES POETES DES AFRIQUES ET D'AILLEURS (consulté le )
  14. « Charles Michel de BRETEUIL », sur carnetdujour.lefigaro.fr (consulté le )

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