Heinrich Bartels
| Heinrich Bartels | |
| Surnom | «Heiner» |
|---|---|
| Naissance | Linz |
| Décès | (à 25 ans) Bad Godesberg |
| Origine | Drapeau de l'Autriche Autriche |
| Allégeance | Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand |
| Arme | Luftwaffe (Wehrmacht) |
| Unité | JG 26, JG 1, JG 5, JG 27 |
| Grade | Oberfeldwebel |
| Années de service | 1941 – 1944 |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Faits d'armes | Front Ouest Front Est Théâtre méditerranéen Défense du Reich |
| Distinctions | Croix de chevalier de la croix de fer |
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Heinrich Bartels, ( – mort au combat le ) était un as de l'aviation autrichien de la Luftwaffe durant la Seconde guerre mondiale.
Biographie
[modifier | modifier le code ]Il débuta sa carrière en 1941 au sein d'un escadrille avancée d'entraînement, la Einsatzstaffel/JG 26, une des antichambres des unités de combat au front. Au cours d'un de ces vols, l'Unteroffizier Bartels descendit un Spitfire le suivi d'un deuxième huit jours plus tard[1] .
Le , la Erg./JG 26 est renommée 11./JG 1 commandée par l'Oberleutnant Hermann Segatz dans la cadre de la formation du quatrième groupe de la Jagdgeschwader 1 ou IV./JG 1. L'unité participa à l'opération Donnerkeil le suivant[2] avant de se rendre à Trondheim en Norvège à la fin du mois pour peser sur les convois alliés de l'Arctique. Finalement, le IV./JG 1 changea de nouveau de nom le pour devenir III./JG 5 proche d'un déploiement à Petsamo [3] , la 11./JG 1 passant ainsi sous nomination 8./JG 5[4] .
Jusqu'ici, Heinrich Bartels avait décroché deux succès sur le front de la Manche mais son score va très vite grimper[5] . En juin, six marques de victoires ornaient son Messerschmitt ; le , il obtint son premier triplé sur des Hurricanes [6] . À l'issue du mois, le pilote comptait 19 victoires mais c'est en septembre que l'as va enchaîner les succès, avec sa 100e mission effectuée le et son meilleur exploit signé le 22, avec quatre Hurricane et deux MiG-3 descendus dans la région de Mourmansk, soit 21 pour tout le mois qui inclurent également quatre triplés[7] '[8] ,[9] . Avec les fortes détériorations météos du mois d'octobre, les sorties furent fortement réduites. Bartels scora de nouveau le 21 en descendant deux MiG-3, puis trois autres le ce qui porta son score à 45 succès qui lui vaudront la Croix de Chevalier. Quand l'Oberst Alexander Holle lui remis la médaille le , l'as en avait ajouté un 46e ; ce même sésame revint également ce jour-là au Leutnant Theodor Weissenberger du II./JG 5. Toutefois, l'ensoleillement déclina fortement en cette fin d'année et le III./JG 5 entra dans une longue période d'hivernage[10] . Le Feldwebel Bartels rempila en descendant un P-39 et deux P-40, portant son palmarès à 49[11] .
Heinrich Bartels était l'image d'une combinaison gagnante de prudence et d'audace. Bon camarade et doté d'un fort accent autrichien, il avait cependant la notoriété à boire plus que de raison et de se retrouver dans toutes sortes de situations délicates, dont l'une d'elle amènera à son renvoi pur et simple du front. Un soir, ivre mort et après avoir essayé d'enivrer un de ses amis, Walter Schuck, en compagnie d'un troisième pilote, il tenta de démarrer un véhicule qui s'encastra finalement dans une amas de neige. Réveillé, le chauffeur le sortit du véhicule avant de l'aggresser physiquement, mais retourna très vite se coucher en voyant qu'il venait de frapper un porteur de Croix de Chevalier. Bartels retrouva l'homme au dortoir et lui rendit son uppercut, sauf...qu'il se trompa de personne...allongée en réalité en silence dans la couchette du dessus. Il visita ensuite le dortoir de femmes lapones affectées aux taches de corvées de la base et s'offusqua de leurs odeurs corporelles (ces femmes avaient l'habitude de dormir dehors et de soigner des reines). Enfin, Bartels se rendit à l'écurie et emmena une des mules de bât à la hutte d'un sous-officier qu'il n'appréciait guère, avant de faire déféquer l'animal sur l'homme endormi. La nouvelle fit naturellement grand bruit et le commandant du groupe n'eut d'autre choix que de signaler ses frasques aux autorités supérieures. Peu de temps après, Bartels fut retiré du front arctique et connaitra des sanctions disciplinaires[12] .
L'as connut une seconde carrière en intégrant la 11./JG 27 appartenant au IV./JG 27. Ce groupe, activé en Grèce à la fin du printemps 1943 et opérationnel début juillet de la même année, combat alors la 15th Air Force et les appareils de la RAF [13] . Bartels ne va rien perdre de sa superbe sur ce nouveau front en descendant le une paire de Boston. Il enchaîne ensuite les victoires multiples comme trois P-38 abattus le , ou encore un Whitley et un nouveau trio de P-38 descendus le 25. Il réédita cette même prouesse les 15 et mais en sens inverse. Avec son Gruppenkommandeur Joachim Kirschner, l'as enregistrera la moitié des succès du IV./JG 27 jusqu'à la mort de ce dernier à la mi-décembre[14] . Des photos de Bartels le montrent près de son Bf 109G6/R6 «13 rouge» à Kalamaki à l'automne 1943 portant le prénom de «Marga» inscrit sous l'avant du cockpit. Sur la dérive sont également dessinées ses nombreuses barres de victoires surplombées d'une Croix de Chevalier entourée d'une couronne de laurier[15] .
Fin , le IV./JG 27 se retrouva en Autriche où le Feldwebel Bartels alors titulaire de 73 victoires put de nouveau faire parler son talent[16] . En l'espace d'un mois, l'as détruisit trois Spitfire et neuf chasseurs américains[17] pour atteindre le score de 85, confortant un peu plus sa place de meilleurs tireur du groupe[18] . Engagé en Normandie, il lui faudra douze jours pour descendre 11 chasseurs[19] : quatre P-47 le 14 et deux autres le surlendemain, un Spitfire et un Mustang le , encore deux mustang le 24 et un dernier Lightning le 25[20] . Excellent tireur et très apprécié, Heinrich Bartels prodiguait des conseils judicieux aux jeunes recrues auxquels il se souciait de faire partager son expérience[13] ,[21] . Alors que la JG 27 se mourrait dans les Ardennes [22] , Bartels continuait d'encourager les camarades pour donner le meilleur d'eux-mêmes et demeurait un pilier de son groupe en dépit de la situation difficile[23] .
Bénéficiant d'un congé pour Noël, le pilote souhaitait néanmoins rester auprès de son unité pour célébrer les fêtes par une centième victoire. Le au sud de Bonn, il descendit son 99e opposant (un P-47)[24] , mais l'Oberfeldwebel Bartels ne rentrera pas de cette 500e mission de guerre[25] . Il sera nommé pour les feuilles de chêne à titre posthume et restera porté disparu durant un quart de siècle[26] . Le , son corps et son appareil seront retrouvés près de Bad Godesberg [27] .
La plupart des as allemands qui établirent leurs palmarès en cumulant des succès multiples (3, 4 victoires ou plus en une mission) le firent bien souvent face aux forces soviétiques [28] . À ce titre, Heinrich Bartels est l'un des rares à avoir réalisé ce genre de faits d'armes sur le front ouest, et ce de façon régulière[1] .
Références
[modifier | modifier le code ]- 1 2 https://cyberaerobreton.fr/pilote/monographie/bartel_h.pdf.
- ↑ Mombeek 1997, p. 44-47.
- ↑ Weal 2016, p. 26.
- ↑ Girbig 2012, p. 48-49.
- ↑ Weal 2016, p. 29.
- ↑ Weal 2016, p. 35, 52, 108-105.
- ↑ https://www.military-art.com/mall/aces.php?PilotID=183.
- ↑ Girbig 2012, p. 80.
- ↑ Weal 2016, p. 57.
- ↑ Weal 2016, p. 58-59.
- ↑ Weal 2016, p. 64-65.
- ↑ Schuck 2010, p. 78-82.
- 1 2 Frappé 1999, p. 217.
- ↑ Weal 2008, p. 100-101.
- ↑ Scutts 2006, p. 55-56.
- ↑ Weal 2008, p. 71.
- ↑ Weal 2008, p. 66.
- ↑ Weal 2008, p. 110.
- ↑ Weal 2008, p. 76.
- ↑ Frappé 1999, p. 220-221.
- ↑ Roba 2012, p. 155.
- ↑ Weal 2008, p. 115-116.
- ↑ Ring et Girbig 2012, p. 302-303.
- ↑ Schuck 2010, p. 82.
- ↑ Frappé 1999, p. 220.
- ↑ Weal 2008, p. 82.
- ↑ Ring et Girbig 2012, p. 303.
- ↑ http://pascal.guillerm2.free.fr/avions%20de%20combat/as/indexasluftpres.htm.
Bibliographie
[modifier | modifier le code ]- Eric Mombeek, JG 1, Histoire de la Jagdgeschwader 1 "Oesau", LELA Presse, , 411p. (ISBN 2-9509485-2-9)
- (en) John Weal, Artic Bf 109 and Bf 110 aces, Osprey Publishing, , 112p. (ISBN 978-1-78200-798-2)
- (en) Werner Girbig, Jagdgeschwader 5: The Luftwaffe's JG 5 "Eismmeerjäger" in world war II, Schiffer Publishing, , 306p. (ISBN 978-0-7643-4272-1)
- (en) Walter Schuck, Luftwaffe Eagle: From the Me 109 to the Me 262, Hikoki Publications, , 235p. (ISBN 9-781902-109060)
- Jean-Bernard Frappé, La Luftwaffe face au débarquement: 6 juin au 31 août 1944, Bayeux, Heimdam, , 352p. (ISBN 2-84048-126-X)
- Jean-Louis Roba, Les as de la chasse de jour allemande, 1939-1945, Antony, E-T-A-I, , 191p. (ISBN 978-2-7268-9635-8)
- (en) Jerry Scutts, Bf 109 Aces of North Africa and Mediterranean, Osprey Publishing, , 99p. (ISBN 978-1-85532-448-0)
- (en) John Weal, Bf 109 Defence of the Reich Aces, Osprey Publishing, , 96p. (ISBN 978-1-84176-879-3)
- (en) John Weal, Bf 109F/G/K Aces of the western front, Osprey Publishing, , 99p. (ISBN 978-1-85532-905-8)
- (de) Hans Ring et Werner Girbig, Chronik Jagdgeschwader 27, Motorbuch Verlag, , 367p. (ISBN 978-3-613-03461-7)