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Hassim Tall Boukambou

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Pour les articles homonymes, voir Boukambou.

Hassim Tall Boukambou, né le à Brazzaville, est un réalisateur, producteur, archiviste et documentaliste congolais[1] ,[2] .

Il se fait connaître du public notamment grâce à la trilogie du film documentaire Révolutionnaire(s), pour lequel il reçoit en 2016 le prix Ecran du documentaire international au festival Écrans Noirs de Yaoundé.

La critique le considère comme l'un des acteurs notables du cinéma panafricain.

Hassim Tall Boukambou est le petit-fils du militant anticolonialiste, syndicaliste et homme politique Julien Boukambou. Il a conduit les 13, 14 et la révolution des Trois Glorieuses qui a mené à la démission du président congolais Fulbert Youlou [3] .

Il est le fils de Gérard Boukambou, chercheur, ingénieur agronome de formation et ancien directeur adjoint d’Agricongo[4] .

Biographie

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Jeunesse et études

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Né le à Brazzaville, en République du Congo, Hassim Tall Boukambou grandit dans un contexte marqué par les bouleversements politiques et les récits de lutte anticoloniale, notamment ceux de son grand-père, Julien Boukambou[4] ,[5] .Ces histoires influencent profondément son intérêt pour l'histoire de son pays. Après ses études secondaires, il part en France où il se spécialise dans des études de communication audiovisuelle. Ce séjour lui permet d'acquérir les compétences nécessaires pour devenir cinéaste, avec pour objectif de raconter et préserver la mémoire collective congolaise à travers le documentaire[4] .

Carrière professionnelle

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Après la réalisation de son premier film documentaire, Couleurs-urbaines Brazzaville , en 2005, Hassim Tall Boukambou commence à explorer l'histoire congolaise à travers le cinéma [4] .

Son parcours artistique est marqué par des obstacles, notamment la guerre civile qui éclate au Congo en 1997. Cet épisode tumultueux de l'histoire congolaise influence profondément sa réflexion sur les conséquences de la violence et de la destruction[4] . Dans un entretien réalisé par le journal Le Monde, le réalisateur déclare à ce sujet ; "Tous les chefs d’Etat congolais ont eu à partir de manière brutale. L’histoire du pays est violente. Et cette violence se transmet de génération en génération"[6] .

De retour à Brazzaville, ville dévastée par le conflit, il s'investit dans des mouvements intellectuels et culturels dédiés à la reconstruction du tissu social et politique du Congo. Inspiré par les figures révolutionnaires de son enfance et animé par une passion pour l'histoire et la culture, il choisit d'utiliser le cinéma comme un moyen de résistance et de transformation sociale[4] .

Maison des archives Congo

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La Maison des Archives Congo (MAC), installée en 2021 par Hassim Tall Boukambou dans les anciens locaux de la Télévision nationale à Brazzaville, œuvre à la sauvegarde du patrimoine audiovisuel congolais. Soutenue par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en France, cette initiative, adossée au projet Institut du Patrimoine et de l’Audiovisuel (IPA), a déjà permis l’identification et le nettoyage de plus de 9.000 films menacés par l’humidité et l’abandon. Malgré la perte irréversible d’une partie des archives des années 1960-1970, la MAC, ouverte au public chaque samedi, poursuit son travail de mémoire et de transmission avec des moyens limités[7] . Ces archives, qui incluent des documents des années 1960 à 2007 ainsi que des enregistrements audio de l'époque de la France libre, sont destinées à être accessibles à tous, des chercheurs aux citoyens ordinaires [8] .

Couleurs Congo (2010)

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En 2010, Hassim-Tall Boukambou initie et produit le coffret audiovisuel Couleurs Congo. Le projet vise à promouvoir la République du Congo à travers son patrimoine culturel, naturel et historique. Le coffret comprend un DVD, un CD musical et un livret. Il présente les douze départements du pays. Les images sont tournées sur l’ensemble du territoire, y compris dans des zones enclavées. Le producteur explique vouloir corriger les stéréotypes sur l’Afrique et insiste sur les ressources culturelles et naturelles du pays. Il déclare : « Il n’y a pas que le pétrole et le bois au Congo. Notre véritable richesse réside dans notre faune, notre flore, notre culture et notre histoire »[9] .

Le projet mobilise plusieurs équipes de tournage et de recherche dans une production qui dure environ un an. Couleurs Congo est présenté comme un outil de promotion nationale et un levier de développement[9] .

La Trilogie Révolutionnaire(s) (2015-2023)

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Le documentaire Révolutionnaire(s) réalisé par Hassim Tall Boukambou explore les événements des 13, 14 et , connus sous le nom « des Trois Glorieuses », qui ont été déterminants dans le processus d'autonomie politique du Congo. Le film utilise une narration basée sur des témoignages alternés pour offrir un éclairage sur les perspectives des acteurs et témoins de cette période critique[10] .

Le deuxième volet de la série, intitulé Révolutionnaire(s) : la genèse 1880-1959, retrace les différentes formes de résistance contre l'oppression coloniale, en commençant à la fin du XIXe siècle. Ce volet met en avant les pionniers de l'anticolonialisme, comme André Matswa, qui a mené la lutte pour l'émancipation du peuple congolais dans les années 1920 et 1930, jusqu'à sa mort en 1942, alors qu'il était emprisonné par les autorités coloniales[11] .

Le troisième volet, Révolutionnaire(s) : Tout pour le Peuple (1966-1991), se concentre sur l'émergence d'une nouvelle génération de leaders congolais après l'indépendance, en particulier entre 1966 et la conférence nationale de 1991[12] . À travers des images d'archives, le film retrace l'histoire politique du Congo durant cette période marquée par la lutte contre le néocolonialisme et l'impérialisme, dans un contexte de tensions liées à la guerre froide. Des figures intellectuelles, militaires, et militantes y sont présentées, illustrant leur engagement dans ces combats historiques[13] ,[14] .

Ce volet inclut une des dernières interviews de l'écrivain et homme politique Henri Lopes, qui évoque les défis de gouverner un pays nouvellement indépendant[15] .

Mémoires du CFRAD (2025)

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Le , la salle CanalOlympia de Brazzaville a accueilli l’avant-première de son film-documentaire Mémoires du CFRAD . Le film retrace l’histoire du Centre de formation et de recherche en art dramatique (CFRAD), lieu majeur de la vie politique et culturelle congolaise, de 1904 à 2024 [16] ,[17]

À travers des archives et des témoignages d’artistes, d’historiens et d’acteurs culturels, le documentaire révèle le rôle du CFRAD dans le développement du théâtre et de la création artistique au Congo, ainsi que sa réhabilitation récente. Il souligne également l’importance de la transmission culturelle et de l’engagement des artistes, notamment des femmes, dans la mémoire collective congolaise[16] .

«Le CFRAD est un bâtiment de marque. La France est là, parce que ce bâtiment a été identifié comme une marque à la fois de notre histoire commune, mais aussi de l’avenir du Congo.»

—Claire Bodony, Ambassadrice de France au Congo-Brazzaville, La Semaine Africaine [18] .

Vie privée

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Marié depuis le à Danielle Ekouya-Peya, Hassim Tall Boukambou est père de trois enfants : Lukeni Tall, Linga Kiamanga et Leya Korila[19] .

Distinctions

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Films-documentaires

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Sources des crédits[20] .

Références

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  1. Robert de Brazza, « Sous la lumière », sur Canal +,
  2. « Afrique, mémoires d'un continent - Au Congo avec Hassim Tall Boukambou, chasseur d’archives », sur RFI, (consulté le )
  3. horw2023, « Le film documentaire, «Révolutionnaire(s)», projeté au Canal Olympia de Brazzaville », sur lhorizonafricain, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 Afrik, « Hassim Tall Boukambou, cinéaste panafricain et révolutionnaire », sur Afrik, (consulté le )
  5. lasemaineafricaine, « CINEMA/FILM SUR LA REVOLUTION : Comprendre l’histoire de la Révolution congolaise - La Semaine Africaine 2024 », (consulté le )
  6. Joan Tilouine, « Au Congo, « la violence se transmet de génération en génération » », Le Monde, (lire en ligne)
  7. La Rédaction, « LES ARCHIVES DU CONGO : HASSIM TALL, LE GARDIEN DE LA MÉMOIRE AUDIOVISUELLE DU CONGO », sur VM Medias, (consulté le )
  8. « À Brazzaville, le documentaliste Hassim Tall Boukambou organise une visite des archives audiovisuelles », sur RFI, (consulté le )
  9. 1 2 David Cadasse, « Le Congo par Couleurs Congo », sur Afrik, (consulté le )
  10. « Révolutionnaire(s) | Images en bibliothèques », sur imagesenbibliotheques.fr (consulté le )
  11. « Congo-Brazaville: Le douloureux cheminement vers la démocratie », sur parismatch.com, (consulté le )
  12. « Reportage Afrique - «Révolutionnaires», l'histoire du Congo vue par Hassim Tall Boukambou », sur RFI, (consulté le )
  13. Film-documentaire.fr, « Révolutionnaire(s) », sur www.film-documentaire.fr (consulté le )
  14. « Révolutionnaire(s), tout pour le peuple (1966-1991) en streaming | TV5MONDE Afrique », sur afrique.tv5monde.com, (consulté le )
  15. (en-US) Adam Nossiter, « Henri Lopes, 86, Who Straddled Literature and Politics in Africa, Dies », The New York Times, (ISSN 0362-4331 , lire en ligne, consulté le )
  16. 1 2 Michel Bampély, « CFRAD : « C’était le lieu de divertissement par excellence du Congo-Brazzaville » », sur Afrik, (consulté le )
  17. Merveille Jessica Atipo, « Cinéma : « Mémoires du Cfrad » d’Hassim Tall en avant-première | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur www.adiac-congo.com (consulté le )
  18. Philippe BANZ, « CINEMA :‘’Mémoires du CFRAD’’: un film qui retrace l’histoire du Centre et rassure son avenir », sur La Semaine Africaine, (consulté le )
  19. Roland kouloungou, « 7ème art : Hassim Tall Boukambou, le cinéaste de la mémoire congolaise », sur Journal Opinion Publique du Congo, (consulté le )
  20. 1 2 3 « PALMARES ECRANS NOIRS 2016 », sur Ecrans Noirs: le festival du cinéma africain (consulté le )

Bibliographie

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  • Héloïse Kiriakou, Brazzaville : laboratoire de la révolution congolaise (1963-1968), thèse soutenue en 2019, sous la direction de Pierre Boilley, École doctorale d'Histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Rémy Boutet, Les trois Glorieuses ou la chute de Fulbert Youlou, Éditions Chaka, coll. « Afrique contemporaine », 1990 (ISBN 2907768050).
  • Jean-Pierre Bat, La fabrique des Barbouzes : Histoire des réseaux Foccart en Afrique, Editions Nouveau Monde, 2015, (ISBN 978-2-36942-176-4).
  • Florence Bernault, Démocraties ambiguës en Afrique centrale: Congo-Brazzaville, Gabon, 1940-1965, Éditions Karthala, (ISBN 2865376362).
  • Rémy Bazenguissa-Ganga, Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique, Éditions Karthala, (ISBN 2865377393).
  • Samir Amin et Catherine Coquery-Vidrovitch, Histoire économique du Congo, 1881-1968, Éditions Anthropos, .
  • Philippe Decraene, « Congo-Brazzaville », in Encyclopædia Universalis , Tome 4, édition 1973, p. 891-892

Liens externes

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