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Conjecture abc

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Joseph Oesterlé, mathématicien français
David Masser, mathématicien anglais

La conjecture abc ou conjecture d'Oesterlé-Masser est une conjecture en théorie des nombres. Elle a été formulée pour la première fois par Joseph Oesterlé (1988) et David Masser (1985). Elle est formulée en termes de trois nombres entiers positifs, a, b et c (d'où son nom), qui n'ont aucun facteur commun et satisfont à a + b = c {\displaystyle a+b=c} {\displaystyle a+b=c}. Si d est le produit des facteurs premiers distincts de abc, alors la conjecture affirme à peu près que d ne peut pas être beaucoup plus petit que c. Plus précisément, le rapport c d {\displaystyle {\tfrac {c}{d}}} {\displaystyle {\tfrac {c}{d}}} peut prendre des valeurs très grandes mais le rapport c d 1 + ε {\displaystyle {\tfrac {c}{d^{1+\varepsilon }}}} {\displaystyle {\tfrac {c}{d^{1+\varepsilon }}}} est lui borné pour tout ε > 0 {\displaystyle \varepsilon >0} {\displaystyle \varepsilon >0}.

Dorian Goldfeld l'a qualifié en 2006 de « problème non résolu le plus important en analyse diophantienne [1]  » car, si elle était vérifiée, la conjecture permettrait de démontrer aisément le théorème de Fermat-Wiles dans un sens asymptotique, entre autres.

Des démonstrations diverses de cette conjecture ont été revendiquées, mais à ce jour aucune n'est acceptée par la communauté mathématique.

Introduction

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Triplets (a, b, c)

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Un problème classique en arithmétique est de trouver des triplets (a, b, c) de nombres entiers strictement positifs, premiers entre eux, avec a + b = c où les nombres sont des puissances de nombres entiers (voir le dernier théorème de Fermat). Par exemple[2]  :

2 5 + 7 2 = 3 4 , 13 2 + 7 3 = 2 9 , 2 7 + 17 3 = 71 2 , 3 5 + 11 4 = 122 2 . {\displaystyle 2^{5}+7^{2}=3^{4},\qquad 13^{2}+7^{3}=2^{9},\qquad 2^{7}+17^{3}=71^{2},\qquad 3^{5}+11^{4}=122^{2}.} {\displaystyle 2^{5}+7^{2}=3^{4},\qquad 13^{2}+7^{3}=2^{9},\qquad 2^{7}+17^{3}=71^{2},\qquad 3^{5}+11^{4}=122^{2}.}

Tidjman et Zagier conjecturent[3] que l'équation x p + y q = z r {\displaystyle x^{p}+y^{q}=z^{r}} {\displaystyle x^{p}+y^{q}=z^{r}} n'a aucune solution avec des exposants (p, q, r) tous supérieurs à 2 et x, y, z des entiers strictement positifs et premiers entre eux.

Un autre problème arithmétique est d'écrire les entiers comme différence de deux puissances (d'exposants supérieurs à 1) de nombres entiers (voir la conjecture de Pillai, le théorème de Catalan et la conjecture de Fermat-Catalan). Par exemple :

1 = 3 2 2 3 , 2 = 3 3 5 2 , 3 = 2 7 5 3 , 4 = 5 3 11 2 , 5 = 2 5 3 3 . {\displaystyle 1=3^{2}-2^{3},\qquad 2=3^{3}-5^{2},\qquad 3=2^{7}-5^{3},\qquad 4=5^{3}-11^{2},\qquad 5=2^{5}-3^{3}.} {\displaystyle 1=3^{2}-2^{3},\qquad 2=3^{3}-5^{2},\qquad 3=2^{7}-5^{3},\qquad 4=5^{3}-11^{2},\qquad 5=2^{5}-3^{3}.}

Plus généralement, on s'intéresse à des triplets (a, b, c) de nombres entiers non nuls (éventuellement négatifs), premiers entre eux, avec a + b = c, où les nombres ont des facteurs premiers petits par rapport aux trois nombres.

Radical et qualité d'un triplet

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Article détaillé : Radical d'un entier.

Soit (a, b, c) un triplet de nombres entiers (non nuls) tel que c = a + b. Le produit des facteurs premiers de abc est appelé le radical de abc.

On définit la qualité d'un triplet (a , b , c) de nombres positifs (avec c = a + b) par :

q ( a , b , c ) = log ( c ) log ( rad ( a b c ) ) {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log(c)}{\log(\operatorname {rad} (abc))}}} {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log(c)}{\log(\operatorname {rad} (abc))}}}

Un premier exemple

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a = 1 , b = 2 3 = 8  et  c = a + b = 9 = 3 2 . {\displaystyle a=1,\quad b=2^{3}=8\quad {\text{ et }}\quad c=a+b=9=3^{2}.\quad ,円} {\displaystyle a=1,\quad b=2^{3}=8\quad {\text{ et }}\quad c=a+b=9=3^{2}.\quad ,円}

Les nombres premiers qui divisent abc sont 2 et 3.

Le radical du triplet (1 ; 8 ; 9) est le produit des diviseurs premiers de abc : rad ( 1 × 8 × 9 ) = 2 × 3 = 6 {\displaystyle \operatorname {rad} (1\times 8\times 9)=2\times 3=6} {\displaystyle \operatorname {rad} (1\times 8\times 9)=2\times 3=6}.

On remarque que, dans notre exemple, le radical est plus petit que c, le plus grand des nombres a, b, c : rad ( a b c ) < c {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)<c} {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)<c}. Les triplets (a, b, c) de nombres positifs, premiers entre eux, avec a + b = c, tels que rad ( a b c ) < c {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)<c} {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)<c}, sont rares. Par exemple, il n'y en a que six[4] parmi les triplets de nombres inférieurs à 100.

Dans notre exemple la qualité du triplet vaut environ 1,2263 : q ( 1 , 8 , 9 ) = log ( 9 ) log ( 6 ) 1,226 3 {\displaystyle q(1,8,9)={\frac {\log(9)}{\log(6)}}\approx {}1{,}2263} {\displaystyle q(1,8,9)={\frac {\log(9)}{\log(6)}}\approx {}1{,}2263}.

La qualité du triplet (1 ; 8 ; 9) est la puissance à laquelle il faut élever le radical pour obtenir c. On a : c = a + b rad ( a b c ) 1,226 3 {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}2263}} {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}2263}}.

Les triplets dont le radical est inférieur à c sont ceux qui ont une qualité supérieure à 1.

Deuxième exemple

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a = 3 , b = 5 3 = 125  et  c = 2 7 = 128. {\displaystyle a=3,\quad b=5^{3}=125\quad {\text{ et }}\quad c=2^{7}=128.\;} {\displaystyle a=3,\quad b=5^{3}=125\quad {\text{ et }}\quad c=2^{7}=128.\;}

Le radical du triplet (3 ; 125 ; 128) est : rad ( 3 × 125 × 128 ) = 2 × 3 × 5 = 30 {\displaystyle \operatorname {rad} (3\times 125\times 128)=2\times 3\times 5=30} {\displaystyle \operatorname {rad} (3\times 125\times 128)=2\times 3\times 5=30}, qui est beaucoup plus petit que c.

La qualité du triplet est environ 1,4266 : q ( 3 , 125 , 128 ) = log ( 128 ) log ( 30 ) 1,426 6 {\displaystyle q(3,125,128)={\frac {\log(128)}{\log(30)}}\approx {}1{,}4266} {\displaystyle q(3,125,128)={\frac {\log(128)}{\log(30)}}\approx {}1{,}4266}

On a : c = a + b rad ( a b c ) 1,426 6 {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}4266}} {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}4266}}.

On voit que la qualité du triplet (a, b, c) est encore inférieure à 2. C'est le cas de tous les triplets de nombres premiers entre eux (a, b, c) dont la qualité a été calculée.

La conjecture abc énonce que les triplets de nombres (positifs et premiers entre eux) pour lesquels c = a + b > rad ( a b c ) 1 + ϵ {\displaystyle c=a+b>\operatorname {rad} (abc)^{1+\epsilon }} {\displaystyle c=a+b>\operatorname {rad} (abc)^{1+\epsilon }} n'existent qu'en nombre fini quel que soit le nombre ϵ > 0 {\displaystyle \epsilon >0} {\displaystyle \epsilon >0} fixé.

Énoncé de la conjecture

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Quel que soit ε > 0 {\displaystyle \varepsilon >0} {\displaystyle \varepsilon >0}, il existe une constante K ε {\displaystyle K_{\varepsilon }} {\displaystyle K_{\varepsilon }} telle que, pour tout triplet ( a , b , c ) {\displaystyle (a,b,c)} {\displaystyle (a,b,c)} d'entiers relatifs (non nuls) premiers entre eux vérifiant a + b = c {\displaystyle a+b=c} {\displaystyle a+b=c}, on ait :

max ( | a | , | b | , | c | ) K ε ( rad ( a b c ) ) 1 + ε {\displaystyle \max(|a|,|b|,|c|)\leq \operatorname {K} _{\varepsilon }(\operatorname {rad} (abc))^{1+\varepsilon }} {\displaystyle \max(|a|,|b|,|c|)\leq \operatorname {K} _{\varepsilon }(\operatorname {rad} (abc))^{1+\varepsilon }}

rad ( n ) {\displaystyle \operatorname {rad} (n)} {\displaystyle \operatorname {rad} (n)} est le radical de n, c'est-à-dire le produit des nombres premiers divisant n.

Formulations équivalentes

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Une deuxième formulation utilise les logarithmes. En prenant le logarithme dans la première formulation, on obtient :

max ( log | a | , log | b | , log | c | ) log K ε + ( 1 + ϵ ) log rad ( a b c ) {\displaystyle \max(\log |a|,\log |b|,\log |c|)\leq \log \operatorname {K} _{\varepsilon }+(1+\epsilon )\log \operatorname {rad} (abc)} {\displaystyle \max(\log |a|,\log |b|,\log |c|)\leq \log \operatorname {K} _{\varepsilon }+(1+\epsilon )\log \operatorname {rad} (abc)}

On peut formuler la conjecture en faisant intervenir la notion de qualité q(a, b, c) d'un triplet (a ; b ; c), définie par

q ( a , b , c ) = log | c | log ( rad ( a b c ) ) {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log |c|}{\log(\operatorname {rad} (abc))}}} {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log |c|}{\log(\operatorname {rad} (abc))}}}

Avec cette notation, la conjecture suppose que pour tout ε > 0, il n'existe qu'un nombre fini de triplets (a ; b ; c) d'entiers positifs et premiers entre eux tels que : a + b = c et

q(a, b, c) > 1 + ε.

Une autre forme de la conjecture affirme que pour tout ε > 0, il n'existe qu'un nombre fini de triplets (a ; b ; c) d'entiers positifs et premiers entre eux tels que : a + b = c et

c > ( rad ( a b c ) ) 1 + ε . {\displaystyle c>(\operatorname {rad} (abc))^{1+\varepsilon }.} {\displaystyle c>(\operatorname {rad} (abc))^{1+\varepsilon }.}

Le cas ε = 0

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On ne peut pas enlever l'hypothèse ε > 0 {\displaystyle \varepsilon >0} {\displaystyle \varepsilon >0} dans la formulation de la conjecture. En effet, si on prend[5]  :

a n = 3 2 n , b n = 1 ,  et  c n = 3 2 n 1 {\displaystyle a_{n}=3^{2^{n}},\quad b_{n}=-1,\quad {\text{ et }}\quad c_{n}=3^{2^{n}}-1} {\displaystyle a_{n}=3^{2^{n}},\quad b_{n}=-1,\quad {\text{ et }}\quad c_{n}=3^{2^{n}}-1},

a n , b n ,  et  c n {\displaystyle a_{n},b_{n},{\text{ et }}c_{n}} {\displaystyle a_{n},b_{n},{\text{ et }}c_{n}} sont premiers entre eux et on a a n + b n = c n {\displaystyle a_{n}+b_{n}=c_{n}} {\displaystyle a_{n}+b_{n}=c_{n}}. De plus, si n > 0, 2 n + 2 {\displaystyle 2^{n+2}} {\displaystyle 2^{n+2}} divise[6] c n {\displaystyle c_{n}} {\displaystyle c_{n}}, donc :

rad ( | a n b n c n | ) 3 × 2 × | c n | 2 n + 2 < 3 | a n | 2 n + 1 {\displaystyle \operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)\leq 3\times 2\times {|c_{n}| \over 2^{n+2}}<{3|a_{n}| \over 2^{n+1}}} {\displaystyle \operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)\leq 3\times 2\times {|c_{n}| \over 2^{n+2}}<{3|a_{n}| \over 2^{n+1}}}.

Par conséquent, on a un exemple de triplet (a, b, c) tel que

max ( | a n | , | b n | , | c n | ) = | a n | > 2 n + 1 3 rad ( | a n b n c n | ) > 2 n 1 rad ( | a n b n c n | ) {\displaystyle \max(|a_{n}|,|b_{n}|,|c_{n}|)=|a_{n}|>{\frac {2^{n+1}}{3}}\operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)>2^{n-1}\operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)} {\displaystyle \max(|a_{n}|,|b_{n}|,|c_{n}|)=|a_{n}|>{\frac {2^{n+1}}{3}}\operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)>2^{n-1}\operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)}.

Le rapport max ( | a n | , | b n | , | c n | ) rad ( | a n b n c n | ) > 2 n 1 {\displaystyle {\frac {\max(|a_{n}|,|b_{n}|,|c_{n}|)}{\operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)}}>2^{n-1}} {\displaystyle {\frac {\max(|a_{n}|,|b_{n}|,|c_{n}|)}{\operatorname {rad} (|a_{n}b_{n}c_{n}|)}}>2^{n-1}} prend des valeurs arbitrairement grandes.

Pour n = 2, 3 2 2 = 81 ,  et  3 2 2 1 = 80 = 2 4 × 5 {\displaystyle 3^{2^{2}}=81,\quad {\text{ et }}\quad 3^{2^{2}}-1=80=2^{4}\times 5} {\displaystyle 3^{2^{2}}=81,\quad {\text{ et }}\quad 3^{2^{2}}-1=80=2^{4}\times 5},

le triplet (1 ; 80 ; 81) a pour radical : rad ( 1 × 80 × 81 ) = 2 × 3 × 5 = 30 {\displaystyle \operatorname {rad} (1\times 80\times 81)=2\times 3\times 5=30} {\displaystyle \operatorname {rad} (1\times 80\times 81)=2\times 3\times 5=30}

et max ( | a | , | b | , | c | ) = 2 , 7 rad ( a b c ) > 2 rad ( a b c ) {\displaystyle \max(|a|,|b|,|c|)=2{,}7\operatorname {rad} (abc)>2\operatorname {rad} (abc)} {\displaystyle \max(|a|,|b|,|c|)=2{,}7\operatorname {rad} (abc)>2\operatorname {rad} (abc)}.

La qualité du triplet (1 ; 80 ; 81) est environ 1,2920 : q ( 1 , 80 , 81 ) = log ( 81 ) log ( 30 ) 1,292 0 {\displaystyle q(1,80,81)={\frac {\log(81)}{\log(30)}}\approx {}1{,}2920} {\displaystyle q(1,80,81)={\frac {\log(81)}{\log(30)}}\approx {}1{,}2920}. (On a : max ( | a | , | b | , | c | ) rad ( a b c ) 1,292 0 {\displaystyle \max(|a|,|b|,|c|)\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}2920}} {\displaystyle \max(|a|,|b|,|c|)\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}2920}}).

Exemples de triplets abc de qualité élevée

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Le triplet (1 ; 4 374 ; 4 375)

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Un exemple de triplet ayant une qualité élevée est :

a = 1 , b = 2 × 3 7 = 4 374  et  c = 5 4 × 7 = 4 375. {\displaystyle a=1,\quad b=2\times 3^{7}=4\;374\quad {\text{ et }}\quad c=5^{4}\times 7=4\;375.} {\displaystyle a=1,\quad b=2\times 3^{7}=4\;374\quad {\text{ et }}\quad c=5^{4}\times 7=4\;375.} Son radical est : rad ( a b c ) = 2 × 3 × 5 × 7 = 210 {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)=2\times 3\times 5\times 7=210} {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)=2\times 3\times 5\times 7=210}

La qualité du triplet (a ; b ; c) est environ 1,5679 : q ( a , b , c ) = log ( 4 375 ) log ( 210 ) 1,567 9 {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log(4\;375)}{\log(210)}}\approx {}1{,}5679} {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log(4\;375)}{\log(210)}}\approx {}1{,}5679}

On a : c = a + b rad ( a b c ) 1,567 9 {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}5679}} {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}5679}}

Le triplet de Reyssat

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Éric Reyssat (de) a découvert le triplet qui a la plus grande qualité connue :

a = 2 , b = 3 10 × 109 = 6 436 341  et  c = 23 5 = 6 436 343. {\displaystyle a=2,\quad b=3^{10}\times 109=6\;436\;341\quad {\text{ et }}\quad c=23^{5}=6\;436\;343.} {\displaystyle a=2,\quad b=3^{10}\times 109=6\;436\;341\quad {\text{ et }}\quad c=23^{5}=6\;436\;343.}

Son radical est : rad ( a b c ) = 2 × 3 × 109 × 23 = 15 042 {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)=2\times 3\times 109\times 23=15\;042} {\displaystyle \operatorname {rad} (abc)=2\times 3\times 109\times 23=15\;042}

La qualité du triplet (a ; b ; c) est environ 1,6299 : q ( a , b , c ) = log ( 23 5 ) log ( 15 042 ) 1,629 9 {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log(23^{5})}{\log(15\;042)}}\approx {}1{,}6299} {\displaystyle q(a,b,c)={\frac {\log(23^{5})}{\log(15\;042)}}\approx {}1{,}6299}

On a : c = a + b rad ( a b c ) 1,629 9 {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}6299}} {\displaystyle c=a+b\approx \operatorname {rad} (abc)^{1{,}6299}}

Analogie avec les polynômes : le théorème de Mason-Stothers

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L'idée de la conjecture abc s'est formée par analogie avec les polynômes. Un théorème abc est en effet disponible pour les polynômes sur un corps algébriquement clos de caractéristique nulle[7] .

L'analogue pour les polynômes (en) a été démontré par Wilson Stothers (en) en 1981, et de manière élémentaire par Richard Mason (nl) en 1984. Il se formule ainsi :

Pour tous les polynômes a ( t ) , b ( t ) , c ( t ) {\displaystyle a(t),b(t),c(t)} {\displaystyle a(t),b(t),c(t)} premiers entre eux vérifiant a + b = c {\displaystyle a+b=c} {\displaystyle a+b=c}, on a

max ( deg { a , b , c } ) n 0 ( a b c ) 1 {\displaystyle \max(\deg\{a,b,c\})\leq n_{0}(abc)-1} {\displaystyle \max(\deg\{a,b,c\})\leq n_{0}(abc)-1}

n 0 ( a b c ) {\displaystyle n_{0}(abc)} {\displaystyle n_{0}(abc)} est le nombre de racines distinctes de abc.

Ce théorème permet de démontrer de manière aisée le théorème de Fermat pour les polynômes : l'équation

X ( t ) n + Y ( t ) n = Z ( t ) n {\displaystyle X(t)^{n}+Y(t)^{n}=Z(t)^{n}} {\displaystyle X(t)^{n}+Y(t)^{n}=Z(t)^{n}}

X ( t ) , Y ( t ) , Z ( t ) {\displaystyle X(t),Y(t),Z(t)} {\displaystyle X(t),Y(t),Z(t)} sont des polynômes non constants, n'a pas de solutions si n 3 {\displaystyle n\geq 3} {\displaystyle n\geq 3}.

La tentation est alors grande de trouver un analogue pour les entiers, car il permettrait de démontrer tout aussi facilement le théorème de Fermat dans un sens asymptotique.

Conséquences

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Le théorème de Fermat asymptotique

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En supposant la conjecture abc, on peut démontrer une version asymptotique du théorème de Fermat[5] , dans le sens où on montre qu'il existe N tel que pour tout n N {\displaystyle n\geq N} {\displaystyle n\geq N}, x n + y n = z n {\displaystyle x^{n}+y^{n}=z^{n}} {\displaystyle x^{n}+y^{n}=z^{n}} n'a plus de solutions entières (strictement positives). Ce N dépendrait cependant explicitement de la constante K ε {\displaystyle K_{\varepsilon }} {\displaystyle K_{\varepsilon }} donnée par la conjecture abc[8] .

En prenant un ϵ {\displaystyle \epsilon } {\displaystyle \epsilon } strictement positif quelconque, on suppose que x, y et z sont des entiers tous non nuls tels que x n + y n = z n {\displaystyle x^{n}+y^{n}=z^{n}} {\displaystyle x^{n}+y^{n}=z^{n}}. Quitte à les réorganiser, on les suppose tous positifs et, quitte à les diviser par leur PGCD à la puissance n, on suppose qu'ils sont premiers entre eux. On a donc d'après la conjecture abc :

max ( | x | n , | y | n , | z | n ) = z n K ϵ rad ( ( x y z ) n ) 1 + ε {\displaystyle \max(|x|^{n},|y|^{n},|z|^{n})=z^{n}\leq \operatorname {K} _{\epsilon }\operatorname {rad} ((xyz)^{n})^{1+\varepsilon }} {\displaystyle \max(|x|^{n},|y|^{n},|z|^{n})=z^{n}\leq \operatorname {K} _{\epsilon }\operatorname {rad} ((xyz)^{n})^{1+\varepsilon }}.

Or rad ( ( x y z ) n ) = rad ( x y z ) {\displaystyle \operatorname {rad} ((xyz)^{n})=\operatorname {rad} (xyz)} {\displaystyle \operatorname {rad} ((xyz)^{n})=\operatorname {rad} (xyz)}. Ceci donne, compte tenu de rad ( x y z ) x y z z 3 {\displaystyle \operatorname {rad} (xyz)\leq xyz\leq z^{3}} {\displaystyle \operatorname {rad} (xyz)\leq xyz\leq z^{3}} :

z n K ε z 3 ( 1 + ε ) {\displaystyle z^{n}\leq \operatorname {K} _{\varepsilon }z^{3(1+\varepsilon )}} {\displaystyle z^{n}\leq \operatorname {K} _{\varepsilon }z^{3(1+\varepsilon )}}

donc en supposant z 2 {\displaystyle z\geq 2} {\displaystyle z\geq 2}, on obtient :

n 3 ( 1 + ε ) + ln ( K ε ) ln ( 2 ) {\displaystyle n\leq 3(1+\varepsilon )+{\frac {\ln(\operatorname {K} _{\varepsilon })}{\ln(2)}}} {\displaystyle n\leq 3(1+\varepsilon )+{\frac {\ln(\operatorname {K} _{\varepsilon })}{\ln(2)}}}

Avec ϵ = 1 {\displaystyle \epsilon =1} {\displaystyle \epsilon =1}, on a n 6 + ln ( K 1 ) ln ( 2 ) {\displaystyle n\leq 6+{\frac {\ln(\operatorname {K} _{1})}{\ln(2)}}} {\displaystyle n\leq 6+{\frac {\ln(\operatorname {K} _{1})}{\ln(2)}}} ce qui fournit un majorant de n dépendant explicitement de K 1 {\displaystyle \operatorname {K} _{1}} {\displaystyle \operatorname {K} _{1}}.

Autres conséquences

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La conjecture abc permettrait de prouver d'autres théorèmes importants en théorie des nombres, parmi lesquels :

La conjecture d'Erdős-Woods s'en déduirait également[8] , à un ensemble fini près de contre-exemples [9] .

Démonstrations revendiquées

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Lucien Szpiro a proposé une démonstration en 2007 mais elle a été rapidement décelée comme incorrecte [10] . La conjecture qui porte son nom sous une forme modifiée est équivalente à la conjecture abc.

En , le mathématicien japonais Shinichi Mochizuki a publié un article sur sa page personnelle où il annonce avoir démontré cette conjecture[11] ,[12] . Mais cette démonstration n'a pas été validée par les autres spécialistes de la question[13] ,[14] ,[15] . Peter Scholze et Jacob Stix ont publiquement déclaré que, en , cette démonstration n'était en l'état pas recevable[16] . Néanmoins, en , sa démonstration est acceptée pour publication dans Publications of the Research Institute for Mathematical Sciences, journal publié par l'Institut de recherches pour les sciences mathématiques dont Mochizuki est l'éditeur en chef[17] .

ABC@home est un projet de calcul réparti utilisant BOINC afin de démontrer la conjecture abc en trouvant tous les triplets (a, b, c) jusqu'à 1018, voire plus.

Notes et références

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  1. (en) Dorian Goldfeld , « Beyond the last theorem  », The Sciences (en) ,‎ , p. 34-40.
  2. Prime Numbers, a computational perspective, 2nd edition, Springer, 2005, p. 416
  3. Prime Numbers, a computational perspective, 2nd edition, Springer, 2005, p. 417
  4. Statistiques sur le nombre de triplets abc sur le site www.rekenmeemetabc.nl (archive de 2016).
  5. a et b Serge Lang, Algebra, 3e édition revue, Springer, 2002, p. 196.
  6. Cela peut se démontrer avec un raisonnement par récurrence en utilisant l'identité remarquable : 3 2 n + 1 1 = ( 3 2 n 1 ) ( 3 2 n + 1 ) {\displaystyle 3^{2^{n+1}}-1=(3^{2^{n}}-1)(3^{2^{n}}+1)} {\displaystyle 3^{2^{n+1}}-1=(3^{2^{n}}-1)(3^{2^{n}}+1)}.
  7. Serge Lang, Algebra, 3e édition revue, Springer, 2002, p. 194.
  8. a b c et d Pascal Boyer, Petit compagnon des nombres et de leurs applications, Paris/58-Clamecy, Calvage et Mounet, , 648 p. (ISBN 978-2-916352-75-6), II. Nombres premiers, chap. 5.6 (« Quelques conjectures en récente évolution »), p. 254-256.
  9. M. Langevin, « Cas d'égalité pour le théorème de Mason et applications de la conjecture abc », CRAS , vol. 317, no 5,‎ , p. 441-444
  10. Finiteness Theorems for Dynamical Systems, Lucien Szpiro, talk at Conference on L-functions and Automorphic Forms (on the occasion of Dorian Goldfeld's 60th Birthday), Columbia University, May 2007, cf. Peter Woit, « Proof of the abc Conjecture? », .
  11. a+b=c ? : article de Pierre Colmez du 6 septembre 2012 sur Images des mathématiques , à propos de l'annonce de démonstration de la conjecture abc par Mochizuki
  12. Mochizuki, Shinichi, « Inter-Universal Teichmüller Theory IV: Log-Volume Computations and Set-Theoretic Foundations », Travail en cours,
  13. (en) Cathu O'Neil, « La conjecture abc n'a pas encore été prouvée », (consulté le )
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Voir aussi

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Liens externes

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