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Cercopithecus nictitans

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Hocheur, Cercopithèque hocheur

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Le hocheur ou cercopithèque hocheur (Cercopithecus nictitans) est une espèce de mammifères primates de la famille des Cercopithécidés. À ce titre, il est un singe catarhinien de l'Ancien Monde (Afrique tropicale), à longue queue non-préhensile. Au sein de ce genre des Cercopithèques arboricoles , il fait plus particulièrement partie des singes couramment appelés « pains à cacheter » ou « blancs-nez » en raison d'une tache blanche très claire et caractéristique sur leur nez. Quoique relativement petit parmi les singes de l'Ancien Monde, il est au sein de son genre l'un des plus grands.

Son nom le plus courant : le Hocheur (tout court, proprement dit) s'applique uniquement à cette espèce Cercopithecus nictitans ; mais lorsqu'il est assorti d'autres mentions, il désigne d'autres espèces proches comme : le Hocheur blanc-nez du Bénin ou Hocheur du Ghana (Cercopithecus petaurista ), le Hocheur blanc-nez du Congo (Cercopithecus ascanius ), le Hocheur à nez rouge (ou Moustac à oreilles rousses, Cercopithecus erythrotis), le Hocheur à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster ), ainsi que deux de ses sous-espèces (de Cercopithecus nictitans) : le Hocheur de Martin et le Hocheur de Stampfli. Ce nom vient de leur habitude de hocher vigoureusement la tête en situation de stress.

Dénominations

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  • Nom scientifique valide : Cercopithecus nictitans (Linnaeus, 1766)[2]
  • Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) recommandés ou typiques en français : « Hocheur »[3] ,[4] ,[5] ou « Cercopithèque hocheur »[4] ,[5] .
  • Autres noms vulgaires ou vernaculaires (langage courant) pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : « Hocheur blanc-nez »[5] (même si ce nom semble plutôt désigner l'espèce Cercopithecus petaurista ), ou « blanc-nez » tout court[6] ou encore « pain à cacheter »[6] ,[5]  ; ces trois appellations courantes peuvent donc s'appliquer à plusieurs espèces de cercopithèques (dont le Hocheur) qui portent toutes cette tâche très blanche, bien repérable et comme "signalétique" sur le nez [voir la page d'homonymie consacrée à ces appellations vernaculaires ambiguës : Blanc-nez (singe) ].

Dans d'autres langues, cette espèce porte aussi des noms vernaculaires qui renseignent sur ses caractéristiques physiques, avec une insistance sur la tache blanche nasale.
Ainsi en anglais il est le plus souvent appelé greater spot-nosed monkey (« plus grand singe à nez tacheté »), ce qui indique que malgré sa taille relativement modeste parmi tous les singes, il est bien dans son genre le plus grand ; ou parfois putty-nosed monkey (« singe au nez en pâte » ou « singe au nez mastic » <couleur farine ou mastic>, parfois traduit aussi « singe à nez retroussé »), ou encore simplement white-nosed guenons (« singes au nez blanc »). Comme en espagnol où il est el mono o cercopiteco de nariz blanca (« le singe ou cercopithèque à nez blanc »). En allemand et en italien, comme dans son nom courant en anglais, l'accent est mis à la fois sur sa taille et son nez : Große Weißnasenmeerkatze (« Grand singe à nez blanc »), et cercopiteco nasobianco maggiore (« plus grand cercopithèque à nez blanc »).

Etymologies

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  • Cercopithecus  : mot latin qui vient du grec ancien κερκοπίθηκος (« kerkopíthêkos »), lui-même de κέρκωψ (« kerkops ») donnant cercops en latin : « singe à longue queue »[7] , et de πίθηκος (« píthēkos ») : « singe » (un peu redondant, donc) ;
  • nictitans : mot latin participe présent du verbe latin scientifique *nictitare (« cligner souvent »), fréquentatif de nictare (« cligner, clignoter »)[8] , qui a donné en français l'adjectif « nictitant » indiquant qu'une paupière clignote. Peut-être parce que le Hocheur cligne souvent des yeux, ou bien parce qu'il remue la tête (par extension, donc).
  • « Hocheur » : de hocher (secouer, remuer et notamment incliner la tête), parce que ces différentes espèces de cercopithèques, lorsqu'ils se sentent menacés, ont pour habitude fréquente d’« incline[r] l'avant du corps et [de] hoche[r] rapidement la tête ce qui met en valeur la tache nasale blanche » (Haltenorth / Diller, 1985, p.274, cité sur le site de l'Université Nice-Sophia-Antipolis, entrée : « pain à cacheter ») : attitude défensive ou d'intimidation qu'ils espèrent dissuasive. [Voir l'article générique : Hocheur].

Liste des sous-espèces

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Selon Grubb et alii (2003), cité dans Animal Diversity Web [9] , deux sous-espèces distinctes ont été reconnues en fonction de leur répartition géographique :

  • la sous-espèce Cercopithecus nictitans nictitans (« Hocheur » tout court), quasi-menacée[1]  : en danger modéré[10]  ; elle occupe la partie orientale de l'aire de répartition, du Cameroun à la République démocratique du Congo[9]  ;
  • la sous-espèce Cercopithecus nictitans martini (« Hocheur de Martin »), en danger d'extinction[10]  ; elle représenterait les populations occidentales de plusieurs sous-espèces distinctes, dont une présente sur l'île de Bioko [9] .

Dans d'autres catalogues, notamment dans Mammal Species of the World (version 3, 2005) (9 mai 2026)[11] , on trouve aussi répertoriée :

  • la sous-espèce Cercopithecus nictitans stampfli (ou stampflii[12] , de son nom commun « Hocheur de Stampfli »)[5] , en danger critique d'extinction[10] .

En ce qui concerne l'espèce elle-même, Cercopithecus nictitans, certaines sources comme Mammal Species of the World émettent l'hypothèse que ce taxon, naguère nommé Cercopithecus signatus (par Jentink en 1886), ferait partie d'un groupe d'espèces autour de Cercopithecus mitis , et serait né d'une hybridation notée comme « probable » entre cette dernière et l'une des espèces du groupe cephus (Oates, 1985)[10] .

Description

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Le Hocheur est aisément reconnaissable par sa tache nasale à peu près ronde, en forme de poire, et surtout d'un blanc pur éclatant[9] . Sa blancheur est rehaussée par le fait que le reste de son pelage est majoritairement sombre : dos, membres et tête sont couverts d'une fourrure allant du vert olive foncé au noir[9] . Parfois son poitrail est blanc ainsi que la face antérieure de son cou et les poils autour de sa bouche, mais d'un blanc moins vif que sa tache nasale. Parfois aussi, les poils de son front se teintent d'une nuance beige dorée à reflets verdâtres. Le jeune et la femelle ont en général un pelage moins sombre que le mâle adulte.

C'est un singe plutôt petit qui pèse autour de 5 kg en moyenne, qui mesure de 40 à 70 cm de long, avec une longue queue qui peut faire presque 1 m. Le dimorphisme sexuel est évident, les mâles présentant une longueur et une masse corporelle nettement supérieures à celles des femelles : une femelle adulte pèse en moyenne 4,2 kg, et le mâle 6,6 kg ce qui en fait l'un des plus grands du groupe des Cercopithèques [9] .

Il a des abajoues pour stocker la nourriture pendant sa quête d'aliments. Comme la plupart des singes (y compris l'Homme) il possède une vision trichromatique, et sa perception des couleurs est probablement identique à la vision humaine[9] .

Répartition et habitat

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Aire de répartition

Le singe Hocheur est originaire de l'Afrique de l'Ouest tropicale humide, et se rencontre aussi en Afrique centrale [9]  :
cette espèce est présente au Liberia, en Côte d'Ivoire, au Nigeria, au Cameroun, en Guinée équatoriale, en République centrafricaine, au Gabon, en République du Congo et en République démocratique du Congo. Elle serait attestée aussi en Angola, en Guinée, au Nigeria , en République centrafricaine, en Sierra Leone et au Togo [13] .

Ce singe vit dans la forêt tropicale humide primaire et secondaire, de plaine et de montagne[14] du niveau de la mer jusqu'à 1 500 m d'altitude[15] , voire au maximum 2 200 m[1]  ; il vit aussi dans la forêt marécageuse d'eau douce [15] ou la forêt de mangrove, ainsi que dans les forêts galeries denses d'Afrique de l'Ouest et centrale[9] . On le trouve également en bordure de forêt pluviale dans la zone de transition avec la savane [12] .

L'étendue du territoire de Cercopithecus nictitans n'est pas aujourd'hui connue avec exactitude, mais il pourrait être similaire à celui de Cercopithecus diana (espèce proche de lui et dans les mêmes zones), dont la superficie est comprise entre 0,5 et 1 km2[9] .

Du fait de leur taille assez robuste, leur activité se limite principalement à la strate moyenne-supérieure de la canopée intermédiaire, et ils ne descendent volontairement au sol que rarement[9] .

Comportement

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Le Cercopithèque hocheur est en effet essentiellement arboricole et diurne.

Pour se déplacer au sol (rarement) ou sur les grosses branches horizontales il pratique la quadrupédie [16] . Dans la canopée intermédiaire, on le voit souvent effectuer des mouvements très acrobatiques tels que des sauts spectaculaires et des déplacements ultra-rapides[16] .

Vie sociale

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Vie sociale en captivité des singes Hocheurs (Cercopithecus nictitans).

Cette espèce est sociale et vit en groupes de tailles variables : celles-ci s'échelonnent, selon les sources et selon les observations de terrain entre 12 et 30 individus[16] , ou de 5 (au minimum) à 60 (au maximum)[17] , ou de 11 à 20[15] .

De plus ces groupes se mélangent souvent avec d'autres espèces de singes qui partagent une partie de leurs habitats respectifs : il peut vivre en association avec eux, soit en compétition (ou plutôt : entraide/émulation) pour le fourrageage, soit pour coopérer, particulièrement face à des prédateurs [12] . Cette association se rencontre notamment avec des espèces assez proches comme le Moustac (Cercopithecus cephus), le Mona (Cercopithecus mona ), ou d'autres Cercopithecidæ [15] , comme la Mone de Campbell (Cercopithecus campbelli)[18] . C'est le cas aussi du Cercopithèque diane (Cercopithecus diana), dont l'habitat chevauche celui du Hocheur.

On pense même que les deux espèces (hocheur et diane) forment des groupes mixtes de grande dimension, relativement stables et courants, pour se défendre contre les prédateurs et pour démultiplier la quête de nourriture afin de partager les ressources alimentaires[16] . Des observations directes et une série d'expériences de terrain du début des années 2000 auraient d'ailleurs confirmé le rôle crucial des plus grands singes mâles Hocheur dans la défense contre leur prédateur commun l'Aigle couronné, suggérant que les singes Diane permettent au Hocheur un accès privilégié aux arbres fruitiers (qu'ils excellent à trouver) en échange des avantages anti-prédateurs que leur offrent les mâles Hocheur. Un sorte de troc ou d'échange de bons procédés "gagnant-gagnant" que les auteurs de l'étude "Coopération et compétition chez deux espèces de singes forestiers" parue en mai 2004 dans la revue Behavioral Ecology (« écologie comportementale ») discutent à la lumière de ce qu'ils appellent la « théorie du marché biologique »[12] .

Alimentation

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Il est frugivore et granivore. Il complète son alimentation avec des feuilles et des insectes[16] .

Reproduction

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Cercopithecus nictitans est polygame, un mâle dominant vit avec plusieurs femelles et leurs petits. La femelle atteint sa maturité sexuelle à 4 ans environ. La gestation dure 172 jours en moyenne[16] .

Notes et références

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  1. a b et c (en) D.T. Cronin, F. Maisels, E. Gadsby, S. Gonedelé Bi, R. Ikemeh & I. Imong (assesseurs), © International Union for Conservation of Nature and Natural Resources, « Putty-nosed Monkey (Cercopithecus nictitans) », sur « La liste rouge des espèces menacées de l’UICN, version 2025-2 », ISSN 2307-8235 : iucnredlist.org, 2016/2020 (consulté le ).
  2. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 20 juin 2019.
  3. Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. [lire en ligne]. Montpellier, France, Cirad.
  4. a et b UICN, consulté le 20 juin 2019.
  5. a b c d et e (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier, , 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne), entrée N°1057.
  6. a et b Blancs-nez dans Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales . Montpellier, France, Cirad.
  7. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré Latin-Français, Hachette, (lire en ligne), page 291.
  8. Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré Latin-Français, Hachette, (lire en ligne), page 1 028.
  9. a b c d e f g h i j et k (en) Alexandra Neinast (édition et supervision : Eric Sargis & Tanya Dewey) de l'Université Yale, « Cercopithecus nictitans (white-nosed guenon) », sur ADW : Animal Diversity Web (animaldiversity.org), (consulté le ).
  10. a b c et d (en) Mammal Species of the World, département Biology de l'Université Bucknell, « Cercopithecus nictitans », sur departments.bucknell.edu (consulté le ).
  11. Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le 9 mai 2026.
  12. a b c et d (en) W. Eckardt & K. Zuberbühler, « Cooperation and competition in two forest monkeys » [« Coopération et compétition chez deux espèces de singes forestiers »], Behavioral Ecology (« écologie comportementale »), vol. 15, no 3,‎ , pp. 400–411 (DOI 10.1093/beheco/arh032 , lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le ).
  13. Ministère français de la transition écologique, « Fiche Taxon: Cercopithecus nictitans (Animalia) », sur cites.application.developpement-durable.gouv.fr, site du ministère pour l'application de la Convention de Washington sur le commerce international des espèces sauvages « CITES » (consulté le ).
  14. (en) UICN  : espèce Cercopithecus nictitans (Linnaeus, 1766) (consulté le )
  15. a b c et d (en + fr + zh) Adesolive, pseudonyme de contributeur, commentaires accompagnant le document, « Putty-nosed Monkey », sur commons.wikimedia.org, (consulté le ).
  16. a b c d e et f (en) Animal Diversity Web  : Cercopithecus nictitans
  17. C'est la fourchette élargie de taille de groupe proposée pour l'espèce Cercopithecus nictitans sur Wikipedia en espagnol : [1].
  18. Hélène Bouchet, Camille Coye, Alban Lemasson, coordination du numéro Clément de Guibert, « Le langage est-il le propre de l'homme ? Apports des études sur les primates non humains », Tétralogiques, Centre Interdisciplinaire d’Analyse des Processus Humains et Sociaux, no 21 sur le thème : « Existe-t-il un seuil de l’humain ? »,‎ , pp. 87-133 (lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le ).

Liens externes

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