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Atlas Network

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Pour l'organisme policier, voir Réseau Atlas.

Atlas Network
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L'Atlas Network (en français Réseau Atlas), anciennement connu sous le nom d'Atlas Economic Research Foundation (fr. Fondation Atlas pour la recherche économique), est une association à but non lucratif américaine libertarienne destiné à l'influence politique, créée en 1981 par Antony Fisher et ayant siège à Arlington en Virginie. En 2023, elle coordonnait 589 laboratoires d'idées et partenaires dans 103 pays, grâce à un budget de 28 millions de dollars, essentiellement issus de dons d'entreprises et de milliardaires[1] .

Inspiré par l'économiste Friedrich Hayek et sa Société du Mont-Pèlerin, Antony Fisher crée d'abord l'Institute of Economic Affairs en 1955 avant de lancer le Réseau Atlas en 1981 [1] .

Dans le champ académique, Marie-Laure Djelic et Reza Mousavi ont analysé l'Atlas Network comme l'organisation ayant assuré la « mondialisation du modèle du think tank néolibéral » à partir de 1981, en fournissant un cadre de formation, de financement et de mise en réseau à des organisations partageant l'idéologie du libre marché[2] . Une étude de Srdjan Vucetic, publiée en 2024 dans la revue International Affairs (Oxford University Press), conclut que les organisations du réseau maintiennent une fidélité constante aux principes néolibéraux centraux, tout en faisant preuve d'une « indifférence sélective » à l'égard de la montée du conservatisme radical, contrastant avec la vigueur avec laquelle elles s'opposent aux politiques de gauche[3] .

Positionnement politique et idéologique

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L'Atlas Network est conservateur, positionné la droite de l'échiquier politique, et parfois à l'extrême droite ou soutenant des régimes illibéraux.

Une étude récente (2024), publiée dans la revue International Affairs[4] a analysé la manière dont la pensée néolibérale réagit à la montée du conservatisme radical dans le monde (aux États-Unis y compris, avec Donald Trump). Pour cela Srdjan Vucetic a examiné les publications (2017‐2022) d'organisations affiliées au réseau mondial Atlas. Il a conclu que — malgré une fidélité constante aux principes centraux du néolibéralisme (mondialisation et marchandisation) — les signes explicites de tensions idéologiques sont rares au sein du réseau « seuls quelques think tanks affichent ouvertement un alignement avec des positions illibérales et autoritaires. Cependant, dans son ensemble, le réseau apparaît constamment — et volontairement — apathique envers l’extrême droite. Cette indifférence contraste avec la vigueur et la régularité avec lesquelles le réseau affronte les idées, partis et gouvernements de gauche »[4] .

Outils de communication

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Le Réseau Atlas est doté de divers outils de communication, dont :

  • une plateforme Internet ;
  • un journal trimestriel (Freedom’s Champion) ;
  • une conférence annuelle (les Liberty Forums) ;
  • les Templeton Freedom Awards, un prix reçu entre autres par le média français Contrepoints  ;
  • le relais et la mise en réseau de plusieurs centaines de laboratoires d'idées libertariens de droite.

Cet organisme de droit privé a pour but de favoriser et promouvoir une économie de marché partout dans le monde en soutenant le développement d'organisations de recherche ou de laboratoires d'idées promouvant à leur tour le libéralisme économique [5] .

Selon l'analyse de Marie-Laure Djelic et Reza Mousavi, les partenaires du réseau Atlas ne se limitent pas à la promotion du libéralisme économique, mais soutiennent également des positions conservatrices sur des questions sociétales telles que l'avortement et le mariage entre personnes de même sexe [2] . Des membres du réseau, tels que la Fondation John-Templeton et Dick DeVos (en), ont financé des organisations opposées à l'avortement et au mariage homosexuel. Alejandro Chafuen, directeur général d'Atlas de 1991 à 2017, a, selon la même source, encouragé des alliances avec des mouvements conservateurs-religieux dans plusieurs pays[1] .

Selon le rapport de l'Observatoire des multinationales (2021), des partenaires du réseau, dont l'American Legislative Exchange Council (ALEC) et la Federalist Society, s'opposent à diverses réglementations dans les domaines climatique, électoral et social[6] .

En Australie, des organisations partenaires du réseau Atlas, notamment le Centre for Independent Studies, l'Institute of Public Affairs et LibertyWorks, ont participé à la campagne en faveur du « Non » lors du Référendum australien de 2023 sur la Voix autochtone au Parlement. Une étude de Jeremy Walker, de l'université de Sydney, publiée dans la revue Cosmopolitan Civil Societies, analyse cette campagne comme une manifestation de l'opposition du réseau aux politiques climatiques, et soutient qu'elle aurait été menée pour le compte d'intérêts liés aux industries d'énergie fossile[7] . Cette interprétation est contestée par les organisations concernées.

À titre d'exemples, parmi les laboratoires d'idées que l'Atlas Network a aidé à mettre en place ou à persister figurent aux États-Unis le Manhattan Institute ; au Canada l'Institut Fraser ; à Hong Kong le Lion Rock Institute ; au Royaume-Uni l'Adam Smith Institute, le TaxPayers' Alliance (TPA) et environ une dizaine d'autres groupes de pression et laboratoires d'idées installés (ou l'ayant été) à Londres (Westminster plus précisément) au 55 Tufton Street (entités que le journaliste George Monbiot a identifiées, dans The Guardian , comme ayant exercé une influence significative sur le processus ayant conduit au Brexit)[8] .

Le réseau Atlas ne se contente pas de fournir un soutien financier à ses partenaires, mais les met aussi en relation avec d’autres financeurs et propose des programmes de consulting, des séminaires, et des formations pour renforcer leurs capacités et créer un sentiment de communauté[1] .

Parmi les entités majeures du réseau, figurent les organismes suivants :

En 2017, ses revenus déclarés étaient de 10 815 000 $. Et ses dépenses ont été de 12 585 000 $ sur l'année[12] . Il existe un réseau équivalent pour le niveau européen : le réseau de Stockholm. Certains laboratoires d'idées libertariens européens peuvent adhérer aux deux réseaux.

L'Atlas Network dit tirer son financement de dons de particuliers, de fondations ou d'entreprises[13] . D'après SourceWatch et Mother Jones, la Fondation a notamment été alimentée par des dons d'entreprises comme Exxon Mobil ou Philip Morris ainsi que par des dons d'individus comme Charles et David Koch [13] (dont notamment ExxonMobil [14] , Philip Morris [15] , Pfizer[1] et Koch Industries), mais aussi de dotations de fonds publics consenties par le ministère des Affaires étrangères américain ainsi que le National Endowment for Democracy, fonds de dotation semi-public et bras essentiel du soft power américain[16] .

En 2017, une étude révèle que 37 % des partenaires d'Atlas aux États-Unis ont reçu des financements de l'industrie du tabac [1] .

Entre 2017 et 2019, Students for Liberty reçoit des dons de plus de 100 000 dollars de la part de l'Atlas Network[17] .

Références

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  1. a b c d e et f Anne-Sophie Simpere, Le réseau Atlas, la France et l’extrême-droitisation des esprits, Paris, Observatoire des multinationales, , 58 p. (lire en ligne).
  2. a et b Marie-Laure Djelic et Reza Mousavi, « How the Neoliberal Think Tank Went Global: The Atlas Network, 1981 to Present », dans Dieter Plehwe, Quinn Slobodian et Philip Mirowski, Nine Lives of Neoliberalism, Verso, , 257-282 p.
  3. Srdjan Vucetic, « Atlas asunder? Neo-liberal think tanks and the radical right », International Affairs, Oxford University Press, vol. 100, no 5,‎ (DOI 10.1093/ia/iiae178 )
  4. a et b (en) Srdjan Vucetic, « Atlas asunder? Neo-liberal think tanks and the radical right », International Affairs, vol. 100, no 5,‎ , p. 2173–2193 (ISSN 0020-5850 et 1468-2346 , DOI 10.1093/ia/iiae132 ).
  5. THINK TANKS, Expansion mondiale - Encyclopædia Universalis
  6. Simpere 2021
  7. Jeremy Walker, « Silencing the Voice: the fossil-fuelled Atlas Network's Campaign against Constitutional Recognition of Indigenous Australia », Cosmopolitan Civil Societies: An Interdisciplinary Journal, vol. 15, no 2,‎ (ISSN 1837-5391 , DOI 10.5130/ccs.v15.i2.8813 )
  8. Monbiot G (2020) For Your Eyes Only. The opaque and secretive networks on which Boris Johnson builds his power. The Guardian |publié le 2020年09月02日|consulté le=2021年02月11日
  9. « Vaping: The real dollars behind fake consumer organisations », Le Monde ,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. (en-GB) Dom Phillips, « Brazil's right on the rise as anger grows over scandal and corruption », The Guardian ,‎ (ISSN 0261-3077 , lire en ligne, consulté le ).
  11. « Le réseau libertarien et ultraconservateur américain qui veut imposer ses idées en France » Accès libre, Observatoire des multinationales, (consulté le ).
  12. (en) « Annual Report 2017 » [PDF], sur atlasnetwork.org (consulté le ).
  13. a et b Atlas Economic Research Foundation, sur SourceWatch.
  14. « Put a Tiger In Your Think Tank », Mother Jones, mai-juin 2005.
  15. (en) Julia Smith, Sheryl Thompson et Kelley Lee, « The atlas network: a "strategic ally" of the tobacco industry », International Journal of Health Planning and Management, vol. 32, no 4,‎ , p. 433-448 (ISSN 0749-6753 , e-ISSN 1099-1751 , PMID 27125556 , PMCID PMC5716244 , DOI 10.1002/hpm.2351 , S2CID 23216652 , lire en ligne [PDF]).
  16. Lee Fang, « Sphere of influence: how American libertarians are remaking Latin American politics », The Intercept, .
  17. (en-US) Clare Carlile, « US Oil-Linked Pressure Group Attacks EU Green Policies, Breaks Lobbying Rules », sur DeSmog (en) , (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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