Éditorial de juillet 2026
collectif - Vendredi 10 juillet 2026 08:50 - (901 Lectures)J'ai un frère audiophile.
C'est une passion dévorante qui l'a amené à changer régulièrement de matériels depuis son adolescence.
C'est une passion coûteuse car les montées en gamme ont un prix dont l'accroissement est souvent exponentiel, dès que l'on franchit un nouveau seuil de qualité ou de technologie.
Il vient de se faire livrer une configuration (l'ultime, prétend-il), exclusivement fabriquée sur commande au Danemark, dont le coût avoisine celui d'un véhicule de luxe.
Je ne partage que très modérément cet engouement mais j'ai tout de même un souvenir audio qui restera gravé dans ma mémoire.
Nous sommes au tout début des années 80, à Dunkerque. Un pote m'a embauché pour une quinzaine de jours pour l'assister sur un chantier du bâtiment. Nous logeons, hors saison, dans un hôtel de bord de mer. L'automne est doux et ensoleillé.
Le copain, qui a quelques moyens, vient de faire l'acquisition d'un de ces nouveaux balladeurs à K7 japonais, un Walkman (l'original).
Il se lève plus tard que moi et j'en profite, chaque matin, pour lui piquer l'appareil, avec une bonne K7, et aller déambuler sur l'immense plage, au pied de l'hôtel, sous le soleil levant.
Ce fut un choc de découvrir que ce minuscule dispositif, avec ses écouteurs super légers, produisait un son équivalent, voire meilleur que celui que dispensaient, à la maison, nos monstrueuses chaînes hifi flanquées de leurs baffles surdimensionnés. Et puis c'était une expérience troublante que de se trouver au petit matin sur une plage déserte, libre de ses mouvements et silencieux pour l'extérieur mais toujours accompagné d'un flot musical à volume constant.
Bien sûr ce souvenir date de presque 50 ans et paraîtra sans doute anodin à beaucoup d'entre vous, à l'ère du smartphone.
Mais le fait de pouvoir emmener partout sa musique, avec une qualité audio satisfaisante, avec ses propres programmations, tout en restant discret dans son environnement me semble, encore aujourd'hui, avoir été un tournant majeur dans les modes de diffusion du son.
L'audio était devenue nomade et individuelle. La K7 a quasiment disparu au profit d'autres supports, d'autres machines, mais ce mode de consommation solitaire reste d'actualité. Il y eut bien un avant et un après, donc.
Aussi, si vous mixez vos productions cet été, pensez au promeneur automnal et solitaire de la plage de Dunkerque...
Merci.