Mustela erminea
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Hermine, Hermine d’Eurasie, Hermine d’Europe
Pour les articles homonymes, voir Hermine (homonymie).
[画像:( LC )][画像:( LC )]
LC : Préoccupation mineure
Statut CITES
- Mustela Erminea Linnaeus, 1758 (Protonyme) [1]
- Mustela erminea aestiva J. F. Gmelin, 1788 [1]
- Mustela erminea hyberna J. F. Gmelin, 1788 [1]
- Mustela stiva Daudin, 1802 [1]
- Viverra erminea (Goldfuss, 1809) [1]
- Mustela Herminea Oken, 1816 [1]
- Martes erminea (Muirhead, 1819) [1]
- Mustela herminea Hemprich, 1820 [1]
- Mustela Erminea major S. Nilsson, 1820 [1]
- Mustela erminea Var. B. maculata Billberg, 1827 [1]
- Putorius erminea (Gapper, 1830) [1]
- Mustela erminia S.D.W., 1836 [1]
- Mustella erminea Crespon, 1844 [1]
- Putorius kaneii (S. F. Baird, 1857) [1]
- Mustela erminea Var. 1. africana J. E. Gray, 1865 [1]
- Mustela erminea Var. 2. kaneii J. E. Gray, 1865 [1]
- Mustela Kanei A. Murray, 1866 [1]
- Foetorius ermineus (Severtzov, 1873) [1]
- Putorius (Gale) ermines (Brayton, 1882) [1]
- Putorius ermines ferghanae (O. Thomas, 1895) [1]
- Putorius hibernicus (O. Thomas & Barrett-Hamilton, 1895) [1]
- Putorius arcticus (C. H. Merriam, 1896) [1]
- Putorius arcticus kadiacensis (C. H. Merriam, 1896) [1]
- Putorius kadiacensis (Osgood, 1901) [1]
- Putorius audax (Barrett-Hamilton, 1904) [1]
- Putorius arcticus polaris (Barrett-Hamilton, 1904) [1]
- Putorius ermineus stabilis (Barrett-Hamilton, 1904) [1]
- Putorius arcticus kadiasensis (Trouessart, 1904) [1]
- Putorius erminea ricinae (G. S. Miller, 1907) [1]
- Mustela whiteheadi Wroughton, 1908 [1]
- P(utorius) ermineus var. minimus (Cavazza, 1912) [1]
- Mustela erminea erminea G. S. Miller, 1912 [1]
- Mustela hibernica G. S. Miller, 1912 [1]
- Mustela erminea ricinæ G. S. Miller, 1912 [1]
- Mustela erminea stabilis G. S. Miller, 1912 [1]
- Mustela lymani Hollister, 1912 [1]
- Mustela arctica Cabrera, 1913 [1]
- Mustela ferghanæ Cabrera, 1913 [1]
- Mustela Limani Cabrera, 1913 [1]
- Mustela nippon Cabrera, 1913 [1]
- Putorius ermineus alpestris (von Burg, 1920) [1]
- Putorius ermineus giganteus (von Burg, 1920) [1]
- Putorius erminea var. kamtschatica (Dybowski, 1922) [1]
- Putorius erminea var. sibirica (Dybowski, 1922) [1]
- Arctogale erminea tobolica (Ognev, 1922) [1]
- Arctogale erminea (Ognev, 1925) [1]
- Mustela erminea mongolica Ognev, 1928 [1]
- Mustela erminea orientalis Ognev, 1928 [1]
- Mustela erminea transbaikalica Ognev, 1928 [1]
- Mustela erminea baturini Ognev, 1929 [1]
- Mustela erminea birulai V. E. Martino & E. V. Martino, 1930 [1]
- Mustela erminea ognevi Jurgenson, 1932 [1]
- Mustela erminea kanei Kuroda, 1933 [1]
- Mustela erminea shnitnikovi Ognev, 1935 [1]
- Mustela erminea karaginensis Jurgenson, 1936 [1]
- Mustela erminea naumovi Jurgenson, 1938 [1]
- Mustela erminea teberdina Korneev, 1941 [1]
- Mustela erminea digna E. R. Hall, 1944 [1]
- Mustela erminea salva E. R. Hall, 1944 [1]
- Mustela erminea martinoi Ellerman & Morrison-Scott, 1951 [1]
- Mustela erminea lymani Bannikov, 1952 [1]
- Mustela erminea balkarica Basiev, 1962 [1]
- Mustela erminea arctica Stroganov, 1962 [1]
- Mustela erminea tobolica Stroganov, 1962 [1]
- Mustela erminea transbaicalica Stroganov, 1962 [1]
- Mustela erminea ferghanae Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela erminea hibernica Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela erminea kadiacensis Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela erminea minima Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela erminea nippon Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela erminea polaris Wozencraft, 2005 [1]
Mustela erminea, l’Hermine , mais plus spécifiquement désignée sous le nom d’Hermine d’Eurasie, ou plus improprement sous celui d’Hermine d’Europe, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés. Elle est originaire d'Eurasie et des régions septentrionales d'Amérique du Nord. En raison de sa large distribution circumpolaire, elle est classée en préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN [2] .
Le mot « hermine » désigne également l'animal lorsqu'il revêt son pelage d'hiver blanc pur, ainsi que sa fourrure elle-même[3] . Au XVe siècle, la fourrure d'hermine était prisée par les monarques catholiques, qui l'utilisaient parfois pour confectionner leur mosette. Elle orne depuis longtemps les robes de cérémonie des membres de la Chambre des lords au Royaume-Uni. On la retrouve aussi sur les capes de certaines représentations religieuses, telles que l'Enfant Jésus de Prague. Mais en francophonie, elle est surtout connue comme la composante principale des manteaux de rois de France, ainsi qu’un symbole fort de la Bretagne.
L'hermine a été introduite en Nouvelle-Zélande à la fin du XIXe siècle afin de contrôler les populations de lapins. Cependant, elle a eu un impact dévastateur sur les populations d'oiseaux endémiques ; l'espèce figure ainsi sur la liste des 100 « espèces envahissantes parmi les plus néfastes au monde »[4] .
Dénominations
[modifier | modifier le code ]- Nom scientifique valide : Mustela erminea Linneaus, 1758[5] ;
- Nom normalisé anglais : Stoat ; Eurasian ermine ;
- Noms typiques en français : Hermine ;
- Noms vulgaires : Hermine d’Eurasie[6] , Hermine d’Europe[7] , Belette hermine (Nom technique).
Étymologie
[modifier | modifier le code ]La plupart des sources s’accordent à dire que le substantif féminin Hermine, attesté dans le milieu du XIIe siècle, plus précisément en 1140, proviendrait de l’expression en latin classique Mus armenius « souris / rat d’Arménie », de part la forte abondance de l’animal en Asie mineure [8] ,[9] .
Si aujourd’hui le mot tend à désigner l’animal quelle que soit son espèce ou sa forme, les acceptions les plus anciennes limitaient son utilisation qu’à la forme blanche arborée par le mustélidé en hiver. La forme estivale, était alors, et est toujours désignée en français sous le nom de Roselet, mais dont l’étymologie, dérivée de rose, est bien plus récente, puisqu’elle remonte au XVIIIe siècle[10] . Selon John Guillim dans son traité Display of Heraldrie, le terme « hermine » dériverait d'Arménie, pays dont on pensait que l'espèce était originaire[11] , bien que d'autres auteurs le rattachent au normand issu du teutonique harmin (et de l'anglo-saxon hearma). Ce dernier semble lié au mot lituanien šarmu[12] . En Amérique du Nord, elle est parfois appelée belette à queue courte. Le mâle est parfois désigné en anglais sous les termes de dog, hob ou jack, et la femelle par le mot jill. Un groupe d'hermines se dit gang ou pack[13] .
Le mot anglais pour l'hermine, « stoat », provient probablement soit du néerlandais stout (« audacieux »)[11] , soit du gothique 𐍃𐍄𐌰𐌿𐍄𐌰𐌽 (stautan, « pousser »)[12] .
Taxonomie
[modifier | modifier le code ]L’espèce Mustela erminea est présente dès la dixième édition de Systema Naturæ parue en 1758, elle y est présentée comme l’espèce-type du genre Mustela et donc de toute la famille des Mustélidés.
Autrefois considérée comme une espèce unique dotée d'une très vaste répartition circumpolaire, une étude phylogénétique publiée en 2021 a scindé M. erminea en trois espèces distinctes : M. erminea sensu stricto (Eurasie et Alaska), Mustela richardsonii (majeure partie de l'Amérique du Nord) et Mustela haidarum (plusieurs îles de la côte du Nord-Ouest Pacifique)[14] ,[15] ,[16] .
Sous-espèces
[modifier | modifier le code ]| Sous-espèce et Image | Description | Répartition | Synonymes |
|---|---|---|---|
| M. e. erminea Linnaeus, 1758 (Sous-espèce type) |
De taille petite à moyenne avec une région faciale relativement courte et large[18] . | La péninsule de Kola, la Scandinavie. | hyberna (Kerr, 1792) maculata (Billberg, 1827) |
| M. e. aestiva Kerr, 1792 |
De taille moyenne avec un pelage d'été sombre, fauve ou châtaigne[18] . | Russie européenne (sauf la péninsule de Kola), Europe centrale et Europe occidentale. | algiricus (Thomas, 1895) alpestris (Burg, 1920) giganteus (Burg, 1920) major (Nilsson, 1820) |
| M. e. arctica Merriam, 1896 |
Grande sous-espèce au pelage d'été brun-jaune foncé, au ventre jaune intense et dotée d'un crâne massif ; elle ressemble plus aux formes eurasiennes qu'aux autres formes américaines[19] . | Alaska, nord-ouest du Canada et archipel arctique canadien (sauf l'île de Baffin). | audax (Barrett-Hamilton, 1904) kadiacensis (Merriam, 1896) richardsonii (Bonaparte, 1838) |
| M. e. augustidens Brown, 1908 |
|||
| M. e. ferghanae Thomas, 1895 |
Petite sous-espèce au pelage très clair, brun-paille ou grisâtre, court et doux. Des taches claires sur le cou forment parfois un collier. Ne devient pas blanche en hiver[20] ,[21] . | Montagnes du Tian Shan et du Pamir-Alay, Afghanistan, Inde, ouest du Tibet et franges chinoises du Tian Shan. | shnitnikovi (Ognev, 1935) whiteheadi (Wroughton, 1908) |
| M. e. hibernica Thomas & Barrett-Hamilton, 1895 |
Plus grande qu'aestiva mais plus petite que stabilis. Se distingue par le tracé irrégulier de la ligne de démarcation sur les flancs (bien que 13,5 % des individus présentent une ligne droite typique)[22] . Ne blanchit pas en hiver[23] ,[24] . | Irlande et Île de Man. | |
| M. e. kadiacensis Merriam, 1896 |
Île Kodiak (Alaska). | ||
| M. e. kaneii Baird, 1857 |
Taille moyenne, plus petite que tobolica, avec de fortes similitudes avec arctica. Le pelage d'été est relativement clair, déclinant des teintes brun-jaune variables[25] . | Sibérie orientale et Extrême-Orient russe, y compris le Kamtchatka (sauf l'oblast d'Amour et l'Oussouri), la Transbaïkalie et les monts Saïan. Présente aussi à Hokkaidō (Japon). | baturini (Ognev, 1929) digna (Hall, 1944) kamtschatica (Dybowski, 1922) naumovi (Jurgenson, 1938) |
| M. e. karaginensis Jurgenson, 1936 |
Très petite, avec une livrée d'été couleur châtaigne clair[26] . | Île Karaguinski (côte est du Kamtchatka). | |
| M. e. lymani Hollister, 1912 |
Taille moyenne ; pelage moins dense que chez tobolica. Teintes rousses estivales faiblement développées. Crâne similaire à aestiva[25] . | Montagnes du sud de la Sibérie jusqu'au lac Baïkal et zones limitrophes de la Mongolie. | |
| M. e. martinoi Ellerman & Morrison-Scott, 1951 |
birulai (Martino, 1930) | ||
| M. e. minima Cavazza, 1912 |
Suisse, vallées alpines. | ||
| M. e. mongolica Ognev, 1928 |
Province de Govi-Altai (Mongolie). | ||
| M. e. nippon Cabrera, 1913 |
Nord de l'île de Honshū (Japon). | ||
| M. e. ognevi Jurgenson, 1932 |
|||
| M. e. polaris Barrett-Hamilton, 1904 |
Groenland. | ||
| M. e. ricinae Miller, 1907 |
Les Hébrides (Écosse). | ||
| M. e. salva Hall, 1944 |
|||
| M. e. stabilis Barrett-Hamilton, 1904 |
Plus grande que les hermines d'Europe continentale[22] . | Grande-Bretagne ; introduite en Nouvelle-Zélande. | |
| M. e. teberdina Korneev, 1941 |
Petite sous-espèce, pelage estival couleur café à roux-fauve[18] . | Pente nord de la partie centrale de la chaîne du Caucase. | balkarica (Basiev, 1962) |
| M. e. tobolica Ognev, 1923 |
Grande sous-espèce, un peu plus forte qu'aestiva, pourvue d'une fourrure longue et dense[27] . | Sibérie occidentale, vers l'est jusqu'au Ienisseï, Altaï et Kazakhstan. |
Évolution
[modifier | modifier le code ]L'ancêtre direct de l'hermine était Mustela palerminea, un carnivore commun en Europe centrale et orientale au cours du Pléistocène moyen [28] , qui a migré vers l'Amérique du Nord à la fin du Blancan ou au début de l'Irvingtonien [29] . L'hermine est le fruit d'un processus évolutif amorcé il y a 5 à 7 millions d'années, lorsque les forêts septentrionales ont cédé la place à des prairies ouvertes, provoquant une diversification explosive de petits rongeurs fouisseurs. Plus grands à l'origine, les ancêtres de l'hermine ont vu leur taille se réduire pour s'adapter et exploiter cette ressource de nourriture souterraine. L'hermine est d'abord apparue en Eurasie, peu après que la Belette à longue queue, qui appartient à un genre distinct (Neogale ), a émergé comme son équivalent écologique en Amérique du Nord il y a environ 2 millions d'années. L'hermine a prospéré pendant la dernière période glaciaire, son corps allongé et sa petite taille lui permettant d'évoluer sous le manteau neigeux et de chasser dans les terriers. Les deux lignées sont restées géographiquement isolées jusqu'à il y a 500 000 ans, période où la baisse du niveau de la mer a exondé le Pont de la Béringie[30] .
Des restes fossilisés d'hermine ont notamment été retrouvés dans la grotte de Denisova [31] . Les analyses phylogénétiques indiquent que ses parents vivants les plus proches sont l'Hermine d'Amérique (M. richardsonii) et l'Hermine Haïda (M. haidarum), cette dernière descendant partiellement de M. erminea par hybridation historique[14] . Elle occupe une position basale vis-à-vis de la plupart des autres membres du genre Mustela, seules la Belette à ventre jaune (M. kathiah) et la Belette à dos rayé (M. strigidorsa) s'avérant plus basales[32] . La Belette de montagne (Mustela altaica), autrefois considérée comme son espèce sœur, s'est révélée être bien plus éloignée. De même, les liens supposés avec les membres du genre Neogale ont été écartés à la suite de la création de ce nouveau genre[33] .
Description
[modifier | modifier le code ]Morphologie
[modifier | modifier le code ]L'hermine partage avec la petite belette des proportions générales, des postures et des mouvements similaires. Sa queue est toutefois relativement plus longue, dépassant toujours le tiers de la longueur du corps[34] , mais restant plus courte que celle de la belette à longue queue. L'hermine possède un cou allongé, sa tête s'insérant très en avant des épaules. Le tronc est presque parfaitement cylindrique et ne présente pas de renflement abdominal. Sa circonférence maximale équivaut à un peu plus de la moitié de sa longueur totale[35] . Bien que proche de celui de la belette, son crâne est proportionnellement plus long avec une boîte crânienne plus étroite. Les crêtes osseuses et les reliefs dentaires sont faiblement développés, mais demeurent plus marqués que chez la petite belette[36] . Les yeux sont ronds, noirs et légèrement saillants. Les vibrisses, fort longues, sont de couleur brune ou blanche. Les oreilles sont courtes, arrondies et presque appliquées contre le crâne. Les griffes, non rétractiles, sont grandes par rapport aux doigts. Chaque membre se termine par cinq doigts. Le mâle possède un baculum incurvé muni d'un renflement proximal dont le poids s'accroît avec l'âge[37] . Le tissu graisseux se dépose en priorité le long de la colonne vertébrale et des reins, puis sur le mésentère intestinal, sous les membres et autour des épaules. L'hermine est dotée de quatre paires de mamelles, visibles uniquement chez la femelle[37] .
Les mensurations de l'hermine se révèlent variables, quoique de manière moins extrême que chez la petite belette[38] . Fait singulier chez les carnivores, la taille du corps a tendance à diminuer aux latitudes élevées, ce qui contredit la règle de Bergmann [28] . Le dimorphisme sexuel est prononcé : les mâles sont environ 25 % plus grands que les femelles et pèsent 1,5 à 2 fois leur poids[22] . En moyenne, la longueur tête-corps des mâles oscille entre 187 et 325 mm, tandis que celle des femelles varie de 170 à 270 mm. La queue mesure de 75 à 120 mm chez le mâle et de 65 à 106 mm chez la femelle. Le poids moyen s'élève à 258 g pour les mâles, alors que les femelles pèsent généralement moins de 180 g[38] .
L'hermine possède de grandes glandes anales odoriférantes mesurant 8,5 ×ばつ 5 mm chez le mâle. D'autres glandes cutanées sont réparties sur les joues, le ventre et les flancs[37] . Les sécrétions épidermiques, déposées lors du frottement du corps, dont les caractéristiques chimiques diffèrent des substances émises par les glandes anales, ces dernières contenant une plus forte proportion de composés volatils sulfurés. En cas d'agression ou de comportement défensif, l'hermine évacue le contenu de ses glandes anales, dégageant une odeur musquée forte et tenace, bien distincte de celle de la petite belette[39] .
Fourrure
[modifier | modifier le code ]Le pelage d'hiver est dense, soyeux mais court et bien appliqué, tandis que la livrée d'été s'avère plus ruêche, plus courte et plus clairsemée[34] . En été, la coloration est brun-sable sur le dos et la tête, et blanche sur le dessous. La ligne de démarcation sur les flancs est généralement droite, sauf chez la sous-espèce irlandaise. L'hermine mue deux fois par an. Au printemps, la mue s'opère lentement, débutant sur le front pour s'étendre vers le dos puis le ventre. En automne, le processus est plus rapide et suit le chemin inverse. Déclenchée par la photopériode, la mue débute plus tôt en automne et plus tard au printemps dans les latitudes élevées. Dans la partie septentrionale de son aire de répartition, l'hermine acquiert une livrée hivernale entièrement blanche, à l'exception notable de l'extrémité de sa queue qui reste noire[37] . Ces variations saisonnières s'estompent chez les populations méridionales, où la fourrure reste brune en hiver tout en devenant plus dense et parfois légèrement plus claire qu'en été[40] .
Répartition et habitat
[modifier | modifier le code ]L'hermine possède une distribution circumboréale englobant l'Europe, l'Asie et une partie de l'Amérique du Nord. En Europe, sa limite sud atteint le 41oN au Portugal, et elle occupe la majorité des îles à l'exception de l'Islande, du Svalbard, des îles de la Méditerranée et de quelques petites îles de l'Atlantique Nord. Au Japon, elle peuple les massifs montagneux du centre dans les Alpes japonaises jusqu'au nord de Honshū (surtout au-dessus de 1 200 m d'altitude)[2] ainsi que l'île de Hokkaidō. Son amplitude altitudinale s'étend du niveau de la mer jusqu'à 3 000 m d'altitude. En Amérique du Nord, elle occupe l'Alaska et l'ouest du Yukon, s'étendant à travers le Grand Nord canadien jusqu'au Groenland. Dans le reste du continent nord-américain, elle est remplacée par l’Hermine d’Amérique (Mustela richardsonii )[14] .
L'hermine est présente depuis 2010 dans l'archipel des Orcades, au nord de l'Écosse, où elle exerce une forte prédation sur le Campagnol des Orcades [41] ainsi que sur l'avifaune locale. En 2018, un programme d'éradication à grande échelle, appelé Orkney Native Wildlife Project, a été déployé[42] . En 2024, ce projet avait mobilisé un budget de 7,9 millions de livres sterling et permis de piéger plus de 6 300 animaux[43] .
Introduction en Nouvelle-Zélande
[modifier | modifier le code ]L'hermine a été introduite à la fin du XIXe siècle en Nouvelle-Zélande pour lutter contre la prolifération des lapins et des lièvres, mais elle constitue aujourd'hui l'une des menaces majeures pour les oiseaux endémiques de l'archipel. Cette introduction s'était pourtant heurtée aux mises en garde de plusieurs scientifiques britanniques et néo-zélandais, à l'instar de l'ornithologue Walter Buller. Ces avertissements furent ignorés et les premières vagues d'hermines en provenance de Grande-Bretagne débutèrent dans les années 1880, entraînant un déclin visible de la faune aviaire en l'espace de six ans[44] . Les oiseaux nichant au sol ou dans des cavités arboricoles sont particulièrement vulnérables. Les pics de prédation par l'hermine surviennent généralement après les années de forte production de faines (le fruit du hêtre), qui provoquent une pullulation de rongeurs dont l'hermine se nourrit, stimulant en retour sa propre reproduction[45] . Par exemple, la population sauvage de Takahé du Sud, espèce en danger critique d'extinction, a chuté d'un tiers entre 2006 et 2007 après qu'une invasion d'hermines a décimé plus de la moitié des effectifs de takahés dans les zones non protégées par le piégeage[46] .
Comportement et écologie
[modifier | modifier le code ]Reproduction et développement
[modifier | modifier le code ]Dans l'hémisphère Nord, l'accouplement se déroule entre avril et juillet. Au printemps, les testicules du mâle augmentent de volume, un phénomène corrélé à une hausse de la concentration de testostérone plasmatique. La spermatogenèse s'amorce dès décembre, et les mâles se montrent fertiles de mai à août avant que les testicules ne rapetissent[47] . Les femelles ne sont généralement en chaleur que durant une courte période, induite par les variations de la durée du jour[48] . La copulation peut durer jusqu'à une heure[49] . L'hermine n'est pas monogame et les portées présentent fréquemment des cas de paternité multiple. L'espèce pratique la diapause embryonnaire : l'ovule fécondé ne s'implante pas immédiatement dans l'utérus, mais demeure en état de dormance pendant neuf à dix mois[50] . La durée totale de la gestation est donc variable mais avoisine généralement 300 jours. Ainsi, après un accouplement estival, les jeunes ne naissent qu'au printemps suivant. Les femelles adultes passent la quasi-totalité de leur vie gestantes ou en œstrus[48] . En cas d'hiver particulièrement rigoureux ou de disette, la femelle peut réabsorber ses embryons et interrompre sa portée[51] .
Les mâles ne prennent aucune part à l'élevage des jeunes. Les petits naissent aveugles, sourds, dépourvus de dents et recouverts d'un fin duvet rosâtre ou blanc. Les dents de lait émergent après trois semaines, et l'alimentation solide est acceptée dès la quatrième semaine. Les yeux s'ouvrent au bout de 5 à 6 semaines, et l'extrémité noire de la queue se dessine une semaine plus tard. Le sevrage est complet à 12 semaines. Avant l'âge de 5 à 7 semaines, les jeunes possèdent des capacités de thermorégulation rudimentaires, ce qui les pousse à s'agglutiner en l'absence de leur mère pour maintenir leur température. Les mâles atteignent leur maturité sexuelle vers 10 à 11 mois, alors que les jeunes femelles sont précoces et deviennent mûres dès l'âge de 2 à 3 semaines, alors qu'elles sont encore sourdes, aveugles et nues. Elles sont ainsi fréquemment saillies par des mâles adultes au sein même du nid avant d'être sevrées[52] .
Territorialité et gîtes
[modifier | modifier le code ]L'hermine adopte une organisation territoriale typique des mustélidés, où le territoire d'un mâle adulte englobe les domaines de plusieurs femelles, qu'il défend contre l'intrusion d'autres mâles. La superficie de ces domaines varie selon les saisons, la disponibilité des proies et la quête de partenaires. Durant la saison de reproduction, les femelles restent fidèles à leur territoire tandis que les mâles étendent considérablement leurs déplacements, devenant parfois erratiques. Les mâles âgés et dominants possèdent des territoires pouvant être jusqu'à 50 fois plus vastes que ceux des jeunes individus socialement subordonnés. Les deux sexes marquent leur espace par de l'urine, des fèces et des sécrétions des glandes. Le frottement de l’arrière-train que le sol à signaler l'occupation du territoire, tandis que le frottement du corps est plutôt lié aux interactions agonistiques[39] .
L'hermine ne creuse pas ses propres terriers ; elle s'approprie les galeries et les nids des rongeurs qu'elle tue. Elle tapisse sa chambre de ponte avec la fourrure et la peau de ses victimes. Les gîtes de l'hermine se situent parfois dans des endroits anthropisés, comme des empilements de bois contre les habitations. Elle s'installe également dans les souches d'arbres en décomposition, sous les racines, dans les tas de broussailles, les meules de foin, les fissures des bâtiments abandonnés, les pierriers ou même dans de vieux nids de pies. Mâles et femelles vivent séparément, mais à relative proximité[53] . Chaque individu dispose de plusieurs gîtes de repli disséminés dans son domaine, comprenant de multiples galeries situées à moins de 30 cm de la surface du sol[54] .
Régime alimentaire
[modifier | modifier le code ]À l'instar de la belette, les petits rongeurs (notamment les campagnols et souris) constituent la base de l'alimentation de l'hermine. Elle s'attaque néanmoins régulièrement à des proies plus volumineuses, telles que de grands rongeurs ou des lagomorphes, maîtrisant des animaux bien plus lourds qu'elle. En Russie, ses proies incluent le Grand campagnol, le Hamster d'Europe ou les Pikas, qu'elle capture directement dans leurs réseaux de galeries. Les oiseaux, les poissons, les musaraignes et, plus rarement, les amphibiens, les lézards et les insectes forment des compléments alimentaires secondaires[55] . Elle consomme également des lemmings[56] . En Grande-Bretagne, le Lapin de garenne représente une ressource alimentaire majeure. Les mâles capturent les lapins plus fréquemment que les femelles, ces dernières restant inféodées aux rongeurs de petite taille. En Irlande, les rats et les musaraignes entrent régulièrement dans son menu. En Nouvelle-Zélande, l'hermine se nourrit principalement d'oiseaux, s'en prenant à des espèces menacées ou rares comme le kiwi, le kaka, le Mohoua à tête jaune ou le Pluvier rousset[57] . L'hermine consomme en moyenne 50 g de nourriture par jour, soit l'équivalent de 25 % de sa masse corporelle vivante[58] .
L'hermine est un prédateur opportuniste qui inspecte méthodiquement chaque anfractuosité ou terrier de leur proie. En raison de leur gabarit imposant, les mâles pénètrent moins facilement que les femelles au fond des galeries de petits rongeurs. L'hermine grimpe volontiers aux arbres pour piller les nids d'oiseaux ou visiter les nichoirs. On lui prête parfois la faculté d'hypnotiser des proies comme les lapins par une « danse » désordonnée, bien que ce comportement erratique puisse être la conséquence d'une infection parasitaire par des nématodes du genre Skrjabingylus[57] . Pour mettre à mort de grandes proies, l'hermine leur assène une morsure ciblée à la nuque afin d'endommager la base du crâne. L'hermine pratique parfois le surplus killing lorsque l'occasion se présente ; elle dissimule alors l'excédent de nourriture dans des caches pour le consommer ultérieurement[59] . Si les petites proies meurent sur le coup, les lapins succombent fréquemment à un état de choc, les canines de l'hermine étant parfois trop courtes pour briser instantanément la colonne vertébrale ou sectionner les grandes artères de ces animaux[57] .
Communication
[modifier | modifier le code ]L'hermine est un animal généralement silencieux, bien qu'elle dispose d'un répertoire vocal comparable à celui de la petite belette. Les jeunes émettent de fins pépiements. Les adultes produisent des trilles excités avant l'accouplement, et manifestent leur soumission par des trilles étouffés, des gémissements ou des cris aigus. En situation de stress ou d'alerte, l'hermine feule, poussant parfois des jappements secs ou des cris stridents en cas d'agression caractérisée[39] .
Les comportements agressifs se manifestent sous différentes formes :
- L'approche sans contact, parfois accompagnée d'une posture d'intimidation et de vocalisations ;
- L'estocade vers l'avant, associée à un cri aigu, typique de la défense d'un gîte ou d'un nid ;
- L'appropriation d’une nichée, lorsqu'un individu dominant déloge un congénère plus faible ;
- Le kleptoparasitisme, consistant à dérober la proie capturée par un autre individu à l'issue d'une confrontation.
Prédateurs
[modifier | modifier le code ]Plusieurs grands mammifères carnivores comptent l'hermine parmi leurs proies, notamment le Renard roux (Vulpes vulpes) et la Zibeline (Martes zibellina)[60] . Elle est également la cible de nombreux rapaces, allant de la Chouette épervière (Surnia ulula) et du Hibou des marais (Asio flammeus) jusqu'aux buses, milans, autours et au Grand-duc d'Europe (Bubo bubo) ou à l'Aigle royal (Aquila chrysaetos)[61] . Bien qu'il ne s'agisse pas d'un rapace, le Héron cendré (Ardea cinerea) capture occasionnellement des hermines[62] .
Maladies et parasites
[modifier | modifier le code ]Des cas de tuberculose ont été répertoriés chez des hermines en ex-URSS et en Nouvelle-Zélande. L'espèce s'avère globalement résistante à la tularémie, mais s'emble sensible à la maladie de Carré en captivité. Des symptômes de gale ont également été documentés[63] .
L'hermine héberge divers ectoparasites liés à ses proies ou à la fréquentation des nids d'autres animaux. Le pou Trichodectes erminea a été identifié chez des populations au Canada, en Irlande et en Nouvelle-Zélande. En Europe continentale, 26 espèces de puces peuvent infester l'hermine, parmi lesquelles Rhadinospylla pentacantha, Megabothris rectangulatus ou Ceratophyllus gallinae. Les tiques les plus communes sur l'hermine incluent Ixodes hexagonus et Ixodes ricinus . Elle subit aussi les attaques d'acariens comme le trombidion d'automne (Neotrombicula autumnalis) ou Listrophorus mustelae[63] .
Le nématode Skrjabingylus nasicola s'avère particulièrement pathogène pour l'hermine, car il ronge les os des sinus nasaux, altérant ses capacités de chasse et sa fertilité. D'autres vers parasites internes affectent l'espèce, comme Capillaria putorii ou le ténia Taenia tenuicollis[63] .
Dans la culture
[modifier | modifier le code ]Folklore et mythologie
[modifier | modifier le code ]En Europe
[modifier | modifier le code ]Dans la mythologie irlandaise, l'hermine faisait l'objet d'anthropomorphisme : on lui prêtait une vie de famille et la tenue de rituels funéraires pour ses morts. Perçue comme un animal nuisible et voleur, une croyance affirmait que sa salive pouvait empoisonner un homme adulte. Croiser une hermine au début d'un voyage était de mauvais augure, mais le sort pouvait être conjuré en saluant l'animal poliment comme un voisin[64] . Une autre superstition voulait que les hermines recueillent les âmes des nourrissons morts avant d'avoir reçu le baptême [65] .
Dans le folklore du peuple Komi, dans la région de l'Oural, l'hermine est la métaphore de la beauté et de la sensualité des jeunes femmes désirables[66] .
Une légende européenne populaire affirmait que l'hermine blanche préférait mourir plutôt que de voir sa fourrure immaculée souillée. Traquée par les chasseurs, elle préférait ainsi faire face et s'abandonner à ses poursuivants plutôt que de traverser une mare de boue pour leur échapper, faisant d'elle un symbole de pureté et d'intégrité[67] .
Ordres chevaleresques
[modifier | modifier le code ]Deux ordres de chevalerie séculiers ont été nommés d'après l'hermine :
- L'Ordre de l'hermine, fondé par le duc breton Jean IV en 1381, qui est passé sous le contrôle du roi de France au XVIe siècle - en liaison avec l'incorporation de la Bretagne à la couronne de France - et a ensuite sombré dans l'insignifiance.
- L'Ordre napolitain de l'hermine, fondé en 1464 par le roi Ferdinand Ier.
Au Japon
[modifier | modifier le code ]Dans certaines parties des préfectures de Gunma, Nagano et Yamanashi, l'hermine est traditionnellement considérée comme la messagère de Jūni-sama, la divinité de la montagne ; les croyances populaires rapportent qu'elle suit les voyageurs et qu'elle peut maudire ou posséder les humains si elle est maltraitée[68] . Au-delà de son statut d'animal sacré, l'hermine est intimement liée à la figure mythologique du bake-kitsune (esprit-renard) et aux phénomènes de possession spirituelle (tsukimono), au point d'être assimilée, selon les régions, à la véritable identité de l'osaki ou du kuda-gitsune [68] . Ainsi, dans le village d'Ueno (préfecture de Gunma), le terme yama-osaki (« osaki des montagnes ») sert d'appellation régionale pour désigner explicitement l'hermine, le folklore local distinguant ces spécimens montagnards inoffensifs des sato-osaki (« osaki des villages ») qui peuvent posséder les vivants[69] . Cette proximité avec les petits mustélidés se retrouve également dans la littérature de l'époque d'Edo, où l'apparence physique de l'osaki est souvent dépeinte comme celle d'un petit quadrupède agile proche de la belette. De la même manière, le kuda-gitsune (ou « renard-pipe »), un esprit-familier miniature capable de se glisser dans les manches ou des tubes de bambou, partage de nombreuses similitudes morphologiques avec l'hermine. Dans la préfecture de Nagano, cette créature utilisée par les dévots du shugendō est historiquement appelée īzuna (飯綱), un terme qui, dans le Japon moderne (イイズナ), désigne précisément la petite belette (Mustela nivalis), une espèce très proche de l'hermine. Dans l'est de la préfecture d'Aichi, les légendes locales attribuent même les blessures traditionnellement causées par le kamaitachi (la belette-faucille) à un īzuna féroce emporté par les tourbildons de vent pour sucer le sang de ses victimes.
Représentations et symboliques visuelles
[modifier | modifier le code ]La fourrure d’Hermine
[modifier | modifier le code ]Les peaux d'hermines sont historiquement très prisées dans le commerce de la pelleterie, en particulier le pelage d'hiver blanc. Cette fourrure hivernale est un symbole historique majeur du Duché de Bretagne, figurant sur ses armoiries et ses bannières dès le Moyen Âge. En Europe, elle est associée à la royauté, à la justice et à la haute distinction sociale. Les robes d'apparat des pairs du Royaume-Uni ainsi que les épitoges académiques des universités d'Oxford et de Cambridge étaient traditionnellement bordées d'hermine[70] . De nos jours, la fourrure de lapin ou la fausse fourrure synthétique s'y sont substituées pour des motifs économiques et d'éthique animale. Certains hauts prélats de l'Église catholique portent encore des ornements liturgiques ornés d'hermine.
L'hermine a constitué un pilier de l'économie de la fourrure en Russie jusqu'au XXe siècle. À certaines périodes, près de la moitié des captures mondiales provenaient des frontières de l'Union soviétique, réputée fournir les peaux les plus fines. La chasse à l'hermine s'effectuait essentiellement au moyen de pièges à boîte, de pièges à mâchoires ou à l'aide de chiens à proximité des villages, l'usage des armes à feu étant proscrit pour ne pas endommager les précieuses peaux[71] .
Dans la peinture
[modifier | modifier le code ]L'hermine est un animal apprécié au Moyen Âge, comme beaucoup d'animaux blancs plus ou moins exotiques, elle peuple les ménageries appartenant à des hommes désirant afficher ainsi leur influence[72] . L'usage ne tombera complètement en désuétude qu'à partir de l'époque romantique[réf. souhaitée] . Le célèbre tableau La Dame à l'hermine de Léonard de Vinci, portrait de Cecilia Gallerani, atteste cette mode. Toutefois l'énorme animal, dont la taille rapportée à la main de la dame peut être estimée entre 45 et 55 cm contre 22 à 32 cm pour une hermine, et dont les pattes avant ne sont pas assez trapues, est plus probablement un furet blanc, albinos, même si l'intention du peintre est bien de représenter une hermine[73] .
L'Emblème 75 de Henry Peacham, qui représente une hermine poursuivie par un chasseur et deux chiens, est intitulé « Cui candor morte redemptus » (« La pureté achetée avec sa propre mort »)[74] . Peacham poursuit en prêchant que les hommes et les femmes devraient suivre l'exemple de l'hermine et garder leur esprit et leur conscience aussi purs que l'hermine légendaire garde sa fourrure[74] .
Héraldique
[modifier | modifier le code ]En héraldique, l'hermine est une fourrure ; on la considère comme étant formée de la fourrure de l'hermine sur laquelle sont parsemées les extrémités noires de la queue (les « mouchetures »).
En héraldique, l'hermine est une fourrure, c'est-à-dire un émail, constitué d'un champ d'argent (blanc) semé de mouchetures de sable (noir) figurant graphiquement les queues de l'animal. Les doublures des manteaux de couronnement médiévaux étaient réalisées en cousant côte à côte une multitude de peaux d'hermines de manière à créer ce motif régulier tacheté. En raison de son association avec le pouvoir souverain, l'usage de cet émail héraldique est resté principalement réservé aux ornements extérieurs de l'écu, tels que les manteaux de pairs, les doublures de couronnes ou les pavillons royaux[75] . L'hermine (qu'il s'agisse de M. erminea ou de M. richardsonii) possédait également une grande valeur pour les peuples autochtones de la côte Nord-Ouest du Pacifique, notamment les Tlingits, qui l'intégraient à leurs coiffes d'écorce de cèdre ou à leurs chemises d'apparat comme marqueur de haut rang social[76] .
L'animal entier est plus rarement représenté. L'hermine est un des symboles historiques de la Bretagne [77] depuis 1316. La chanson de Gilles Servat La Blanche hermine est d'ailleurs devenue un hymne pour les Bretons.
Culture contemporaine
[modifier | modifier le code ]Dans la franchise Pokémon
[modifier | modifier le code ]Selon Ken Sugimori, Kungfouine et son évolution Shaofouine ont été créés après que les concepteurs du jeu ont réclamé des Pokémon de type Combat inspirés d'animaux, car la plupart de ceux déjà existants avaient une apparence humanoïde. C'est dans cette optique que Kungfouine a été conçu en prenant pour modèle une hermine et un pratiquant de kung-fu[78] ,[79] .
En tant que Mascottes
[modifier | modifier le code ]En 2018 l'hermine a été choisie comme animal de l'année en Suisse par l'organisation Pro Natura, dans ce pays ce petit prédateur est victime de la disparition de son biotope : le paysage agricole[80] .
Aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026
[modifier | modifier le code ]L'hermine a servi d'inspiration pour la création du duo de mascottes officielles « Tina et Milo » lors des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026[81] . Leurs prénoms sont des diminutifs des deux villes hôtes, Milan et Cortina d'Ampezzo [82] .
Présentés comme un frère et une sœur, ils incarnent des valeurs différentes : Milo, la mascotte paralympique, est représenté sans une patte arrière et a appris à utiliser sa queue pour se déplacer, symbolisant la résilience, la créativité et la force de caractère. Tina, la mascotte olympique, incarne quant à elle les arts, la musique et le pouvoir de la beauté.
Notes et références
[modifier | modifier le code ]Notes
[modifier | modifier le code ]Références
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Voir aussi
[modifier | modifier le code ]Sur les autres projets Wikimedia :
- Galerie : Mustela erminea, sur Wikimedia Commons
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Liens externes
[modifier | modifier le code ]- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Mustela erminea (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Mustela erminea
- (en) Brainmuseum : Mustela erminea
- (en) Fauna Europaea : Mustela erminea Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Mustela erminea Linnaeus, 1758
- (en) Animal Diversity Web : Mustela erminea
- (en) NCBI : Mustela erminea (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Mustela erminea (consulté le )
- « Une nouvelle espèce fait son apparition en Algérie: L’hermine », sur Vitamine DZ, (consulté le )
- (fr + en) CITES : espèce Mustela erminea Linnaeus, 1758 (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC)
- (en) GISD : espèce Mustela erminea Linnaeus, 1758