URL: https://linuxfr.org/users/vladislav/journaux/l-aventure-spatiale-perd-un-peu-de-sa-liberte Title: L’aventure spatiale perd un peu de sa liberté Authors: vladislav askiparek Date: 2012年10月07日T00:11:08+02:00 License: CC By-SA Tags: spatial Score: 30 Voilà, c’est fait. Le privé s’immisce dans une des dernières chasses gardées.  Demain, le dimanche 7 octobre, un véhicule spatial va être lancé pour ravitailler la station spatiale internationale. La différence de ce lancement avec tous ses précédents réussis, c’est qu’il est privé. Il s’agit d’une capsule Dragon fabriquée par la société [SpaceX](http://www.spacex.com/), créée en 2002 par Elon Musk, le fondateur de Paypal, Paypal ayant été revendu ensuite à eBay. Ce lancement fait suite au lancement de test qui a eu lieu au mois de mai 2012. ##Côté technique## La capsule [Dragon](http://www.spacex.com/dragon.php) peut transporter du fret vers ISS, mais le but final est d’effectuer des missions de transfert d’astronautes vers la station. Il est prévu demain de lancer une mission de ravitaillement d’environ 500 kg et de rapatrier environ la même charge en matériel (le lancement dépendant bien sûr des conditions météorologiques). Vous retrouverez les [caractéristiques complètes](http://www.spacex.com/downloads/dragonlab-datasheet.pdf) de Dragon sur le lien ci‐avant, mais en gros la capsule fait 4,4 m de long pour un diamètre de 3,66 m et a une masse max totale de 6 t. La charge utile est répartie en deux catégories : pressurisée ou non‐pressurisée. Le compartiment pressurisé a un volume utile de 10 m^3, et le non‐pressurisé de 14 m^3 pour une charge utile totale de 3 t. L’engin est prévu, après plusieurs tests grandeur nature, pour transporter 7 personnes vers la station ISS.  La capsule ne peut actuellement s’amarrer à la station et sera attrapée « au vol » par le bras manipulateur, ainsi que l’étaient les navettes américaines et comme le sont toujours les cargos HTV japonais. Contrairement aux cargos russes et européens qui sont amarrés automatiquement et disponibles tels des modules supplémentaires pour l’ISS. Le lanceur [Flacon-9](http://www.spacex.com/falcon9.php) a été développé par SpaceX également. Je vous laisse découvrir les caractéristiques techniques de l’engin sur le site de SpaceX. Pour les personnes qui auraient la chance de tenir le guidon de l’engin, il existe un [guide de l’utilisateur](http://www.spacex.com/Falcon9UsersGuide_2009.pdf) à jour.  Ce projet privé a débuté en 2009, et le premier amarrage du module Dragon a en fait eu lieu le 22 mai 2012. Cette mission était une mission de validation pour le couple Dragon + Falcon-9. Dragon s’est approché à une distance de sécurité de 2,5 km de la station ISS, le troisième jour, pour le contrôle de fonctionnement des capteurs et systèmes d’approche. La capsule a également démontré ses capacités à interrompre un arrimage, si cela s’avère nécessaire. Le quatrième jour, la capsule a été arrimée à la station ISS grâce au bras manipulateur. ##Côté historico‐politique## Il s’agit ici d’un nouveau « grand pas pour l’humanité » dans la conquête spatiale qui vient d’être franchi.> « La Station spatiale internationale (en anglais _International Space Station_ ou ISS) est une station spatiale placée en orbite terrestre basse, occupée en permanence par un équipage international qui se consacre à la recherche scientifique dans l’environnement spatial. Ce programme est lancé et piloté par la NASA, et est développé conjointement avec l’agence spatiale fédérale russe (FKA), avec la participation des agences spatiales européenne, japonaise et canadienne. » ([source Wikipédia](http://fr.wikipedia.org/wiki/Station_spatiale_internationale)). ISS est un programme créé et géré par des nations. L’ensemble est financé par de l’argent public, cela signifie que les découvertes et développements ne sont pas directement soumis à des brevets. Que va‐t‐il advenir de ce principe maintenant que des sociétés privées entrent dans le jeu ? Si la conquête de l’espace a progressé aussi rapidement, c’est grâce au partage des connaissances. Même durant la guerre froide, ces connaissance scientifiques étaient partagées, sinon diffusées. Maintenant, avec le privé, qu’en sera‐t‐il ? En arrivera‐t‐on à breveter un système d’arrimage au point de refuser qu’un vaisseau russe ou japonais puisse s’amarrer au module américain de la station ISS sans avoir au préalable payé sa licence ? Actuellement, quatre nations ont réalisé des engins capables de voyager vers la station ISS : les États‐Unis, la Russie, l’Union européenne et le Japon. Les États-Unis sont actuellement hors-jeu après avoir mis fin au programme des navettes. La NASA a choisi la voie du privé pour le développement et le financement des futurs projets de lanceurs vers ISS, étant donné les coupes faites dans le budget de l’agence. La suprématie des États‐Unis dans la conquête spatiale ne tenant plus qu’à un fil, le fil de la rentabilité, le fil du bon vouloir du privé.  **P.‐S. :** _Il y a encore beaucoup à dire sur le sujet, ce journal n’est pas exhaustif. Il est soumis à ma compréhension de la langue de Shakespeare, qui est, somme toute, très limitée. En outre, il se trouve que dans les sources que j’ai consultées au sujet de ce programme, il y a beaucoup de contradictions, ne fussent que sur les dates. Cependant, il ne s’agit pas d’un complot, si toutes les conditions techniques et météorologiques sont réunies, il y aura bien lancement demain. N’hésitez pas à soumettre une correction orthographique, technique ou historique aux modos._