URL: https://linuxfr.org/users/titoxx69/journaux/licences-gnu-le-paradigme-de-la-tour-de-babel Title: Licences GNU : le paradigme de la tour de Babel Authors: François Obada Date: 2004年09月04日T13:39:01+02:00 Tags: Score: 0 Cela fait déjà quelques années que je m'intéresse au logiciel libre, et quelques mois que j'utilise GNU/Linux. Aussi ai-je eu le temps de me documenter, en lisant quelques célèbres articles, guides et foires aux questions sur la philosophie de ce modèle de développement. Ce qui m'a le plus surpris, c'est que les licences GNU, qu'elles soient GPL, LGPL, FDL, etc. n'aient aucune valeur dans leurs versions traduites. Ex-windozien moyen, j'avais l'habitude de lire le fameux Contrat de Licence d'Utilisateur Final (CLUF) de Microsoft, afin de m'informer des droits théoriques et formels sur les logiciels. Aujourd'hui, lorsque j'installe un logiciel libre sous licence GNU et que je veux comprendre quelles sont les conditions de son utilisation, je ne peux me référer qu'à la licence anglophone ! Bien que je sois bilingue, cette situation me dérange a plus d'un titre : en premier lieu, les logiciels libres sous licence GNU ne sont pas employés que dans les pays anglo-saxons, et tous les utilisateurs potentiels peuvent ne pas maîtriser la langue anglaise. En second lieu, comment puis-je me fier à un texte rédigé dans une langue qui n'est pas officielle dans mon pays ? Il est possible de s'informer en lisant la traduction francophone, mais celle-ci n'ayant aucune valeur, je ne serais pas plus avancé. Le troisième point, celui qui me dérange le plus, est que rien ne garantit que les licences GNU soient en conformité avec la législation de mon pays, et dont prouve leur validité. Il faudrait, dans l'état actuel des choses, qu'un juge la définisse comme valable au regard de la loi. Or comment peut-il juger la validité de ces licences si la seul référence qui fait foi n'est pas dans la langue officielle de sa juridiction ? Je pense que le principe des logiciels et de la documentation libre repose sur la confiance, et que cette confiance est essentielle : lorsqu'un développeur ajoute du code à une application sous licence GNU, d'autres développeurs vont devoir vérifier ce code et l'éprouver. C'est ainsi au regard d'un nombre substantiel voire majoritaire de jugements positif que l'ajout gagne en légitimité. Autant je me réjouis que la FSF France va prochainement publier une traduction officielle de la licence GNU GPL ([http://fsffrance.org/gpl/gpl.fr.html(...)](http://fsffrance.org/gpl/gpl.fr.html) ), autant je déplore qu'il aura fallu autant de temps pour qu'une telle idée aboutisse voire se concrétise. En attendant, j'utilise des logiciels sous licence sans que rien ne puisse me prouver que j'ai compris les droits qui étaient les miens. Je contribue à Wikipédia en ayant l'idée d'avoir compris la licence GNU FDL, mais jamais _en connaissance de cause_. Aussi je m'interroge sur les griefs qui ont pu justifier l'absence d'une traduction officielle malgré les nombreux projets en ce sens : est-ce un manque de confiance des instances de la FSF ? A l'heure où GNU/Linux, quelque part le _symbole_ du logiciel libre, semble séduire un public de plus en plus large, je pense et j'espère de tout coeur que ces défauts seront rapidement corrigés, et que la couverture juridique de tels logiciels puisse s'étoffer.

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