URL: https://linuxfr.org/users/sam_from_ms/journaux/insucc%C3%A8s-de-linux-sur-le-desktop-les-raisons Title: Insuccès de Linux sur le Desktop : les raisons ? Authors: Samuel Pajilewski Date: 2010年09月21日T20:48:33+02:00 Tags: openoffice et opensuse Score: -24 Bonjour, Ce journal n'a pas vocation à attirer les trolls, mais d'avoir une discussion sur les raisons de l'insuccès de Linux sur les postes de travail et les ordinateurs personnels (portables ou non). Les derniers rapports sont mauvais : [http://linuxfr.org/~roduit/30207.html](http://linuxfr.org/~roduit/30207.html) [http://linuxfr.org/~Sam_from_MS/30152.html](http://linuxfr.org/~Sam_from_MS/30152.html) Et on peut manipuler les chiffres comme l'on veut, Linux n'a pas réussi à convaincre les utilisateurs, professionnels ou non, et ce malgré quelques succès (ELCOT en Inde, notamment, ou le ministère de la justice belge) Même à Munich, seuls 2000 postes sur les 14000 initialement prévus ont été déployés, dans la douleur, et pour un cout conséquent (bien moins intéressant que de changer de version de Windows) Je vois plusieurs raisons à cela : * Architecture Linux non adaptée à un usage personnel ou de bureau Malgré les efforts des différents éditeurs dans le process d'installation et de mise à jour (migrer d'une version OpenSuSE à une autre - même avec deux versions d'écart - est possible, ce qui n'était pas garanti il y a quelques années), le gros problème sous Linux reste son architecture, qui empêche ou complexifie toute mise à jour d'un driver sans devoir changer de noyau. Je m'explique : si j'ai une carte réseau quelconque, qui utilise un driver non libre mais disponible sous Linux. Si je souhaite mettre à jour seulement ce driver (bug fixes, security fixes, ajout de fonctionnalités), et bien je suis quasi sur de devoir mettre à jour mon noyau, ou de recompiler l'interface du driver si possible (un peu ce que fait Nvidia, par exemple). D'autres solutions consistent à ajouter un dépôt supplémentaire pour chaque matériel : HP fourni par exemple des dépôt Broadcom pour les PC préinstallés avec SLED 11. Si bien que l'on est obligé d'ajouter des dépendances (ici, RPM) pour éviter de casser les compatibilités. L'inverse est encore plus criant : toute mise à jour du noyau entraine une incompatibilité avec les drivers du noyau précédent, même pour une mise à jour extrêmement mineure (security fix) Si bien que l'on donne un travail supplémentaire de maintenance et d'administration soit au constructeur (par exemple HP) soit à l'utilisateur (ou l'administrateur système dans le cadre d'un environnement professionnel) Je trouve aberrant d'avoir ce genre de comportement en 2010 pour un système d'exploitation. Si on image tout cela : si vous refaites une chambre chez vous il faudrait à chaque fois retaper l'ensemble de l'appartement/maison. Si vous changez de roue vous devez réviser l'ensemble de la voiture. Bref, choses qui ne facilitent pas la tâche des utilisateurs * Manque d'applications grand public On ne le répétera jamais assez, le manque d'applications grand public, que l'on trouve dans les super marchés ou la FNAC par exemple, est un frein à l'adoption de Linux. Et les succédané de logiciels libres, souvent une pale copie qui se veut générique mais a qui il manque une finissions artistique, ne permettent pas de combler ce vide * Promotion d'applications qui ne le méritent pas Là aussi, à force de crier sur tous les toits qu'OpenOffice est la meilleure suite bureautique au monde, que The Gimp est bien plus convivial que Photohop et que K3B démoli Nero & consort, les gens s'y mettent et, pour une grand partie d'entre eux, reviennent déçus. Pour avoir vu une migration OpenOffice qui a échoué et utilisé ce logiciel pendant des années, je me demande comment on peut le qualifier d'autant de superlatifs. Ce logiciel est : * Lourd * Lent (parcours des pages) * Incomplet dans ses filtres (peut être la pire compatibilité jamais vu avec les documents MS Office, même en version 2000. Même KOffice semble faire mieux) * Une compatibilité ODF pas au top (générez un document OpenWriter avec un tableau et testez le sur le validator ODF, et vous verrez !) Alors oui, il existe des tentatives de Fork (Symphony, Go Office), qui sont mieux finis, mais qui ne parviennent pas à se détacher complètement du coeur d'OpenOffice. Et c'est là que notre erreur (nous, ceux qui tentons de promouvoir Linux) devient capitale dans le rejet du système d'exploitation libre. Car oui, il existe des alternatives, bien plus abouties, et qui pourraient amener plus de gens à apprécier Linux : - NeroLinux 4 - SoftMaker Office - YNAB 3 Et bien d'autres. Ces logiciels ne sont pas libres, mais l'immense majorité des gens, eux, se fichent de se conformer à d'obscures raisons idéologiques. Et ça, beaucoup d'entre nous ne l'ont pas encore compris... * Le trop grand nombre de distributions La diversité c'est bien. La cohérence, c'est mieux. Et même si la LSB a tenté de mettre de l'ordre (pour éviter un UNIX 2), on en arrive à plus de 300 distributions, dont certaines sont, franchement, d'utilité plus qu'incertaine. Et non seulement il y a beaucoup de distributions, mais certains projets d'envergure... se permettent de se créer la sienne. Je peux citer Viennux (echec), LiMux (semi echec) Puis il y a eu Linux pour l'Estremadure, puis d'autres... Pourquoi ne pas se reposer sur une distribution corporate, mise à jour par une société reconnue et experte dans le secteur, qui se chargerait d'apporter les mises à jour de sécurité ? Parce que créer sa propre distribution, meme pour la ville de Munich, n'est pas une charge complémentaire, et rendre une ville pas forcément ouvertes aux différents produits (qui me dit qu'un Soft Lambda certifié LSB fonctionnera sur Limux ou Viennux ?) Les principaux succès viennent essentiellement de distributions reconnues : - ELCOT (30 000 postes) - Ministère de la justice Belge - Province du North West en Afrique du Sud Alors pourquoi prendre un risque si grand ? * Le manque de marketing Il manque en effet le marketing adéquat pour pouvoir ne serait-ce être considéré dans les différents appels d'offres. Et surtout, il manque un leader incontesté dans le domaine de Linux pour WorkStation/Particuliers. Redhat n'est pas (encore) intéressée. Novell est dans la tourmente (temporaire ?). Canonical fait bien rire. Tout cela accumulé n'aide pas à rendre Linux crédible sur ce secteur. * Et pourtant, des occasions existent... et se perdent Il y a eu plusieurs occasions de ratées : Les Netbook, Windows Vista... occasions qui risquent de ne plus revenir avant longtemps. Est-ce que Microsoft est imbattable dans ce secteur ? Certainement pas, et on peut citer un exemple : Google. En l'espace de deux ans, Google a réussi sur les Smartphones là où Linux a échoué en 8 ans. Pourquoi ? Interface/API stables, bon marketing auprès des constructeurs, uniformité, un certain contrôle sur les applications, qualité des développeurs et surtout, un système dédié aux utilisateurs, et non aux puristes. Et le succès d'Android amènera certainement Google à attaquer plus férocement le marché des Desktop. Le succès de Google signifiera certainement la mort de Linux sur les Desktop... mais aussi la fin d'un monopole étouffant, le début d'une compétition intéressante et surtout de meilleurs produits à des prix inférieurs. Linux persistera sur les serveurs, les DataCenters, et peut être, pour certains pays, dans les postes de bureau - là où Google n'est pour l'instant pas intéressée - mais je crains que ces échecs successifs ne sonne le glas d'un rêve qui date quand même de 2000. 2011 : L'année de la mort de Linux sur les Desktop ?