URL: https://linuxfr.org/users/renault/journaux/de-la-convergence-des-interfaces-le-revers-de-la-medaille Title: De la convergence des interfaces, le revers de la médaille Authors: Renault Date: 2012年06月05日T23:28:31+02:00 License: CC By-SA Tags: tablette, gnome_shell, gnome3, kde4, windows8, apple et microsoft Score: 32 Depuis quelques années, les systèmes d'exploitation et leur environnement étaient cantonnées à des machines de bureaux mais peu à peu les téléphones portables, les tablettes ou même les consoles ont repris certaines bases de cet ensemble. D'ailleurs les constructeurs et éditeurs vont de plus en plus vers une convergence totale des interface, quel que soit le périphérique et le tactile impose ses règles. Petit rappel de l'évolution en ce sens ----------- La fusion de ces interfaces se fait un peu partout, le plus abouti actuellement est sans contexte Windows 8 qui va présenter une interface pratiquement identique pour Xbox 360, téléphone, tablette et tout ordinateur dotée d'une interface graphique. Apple a entrepris cela depuis quelques versions où iOS et Mac OS X fusionnent peu à peu, ce dernier reprenant des concepts issus de la version mobile comme le centre de notification... Sans oublier Google qui y participe aussi avec Chrome OS et Android sur ces différents types de machines. Mais le Logiciel Libre n'est pas en reste, KDE 4 et Gnome 3 ont particulièrement œuvré pour prendre en compte l'aspect tactile en même temps qu'un usage classique donnant un mélange un peu étonnant. Intérêts de ce procédé ----------- Cette pratique n'est pas réellement apparue par hasard, elle procure des avantages assez évidents. La première étant tout d'abord l'économie de code et de développement. Il n'est ainsi plus nécessaire de concevoir et coder 3/4 interfaces totalement inédites sans aucun lien et l'intégration des logiciels en est donc amélioré. Cela est dorénavant possible grâce à la puissance de calcul disponible maintenant sur ces périphériques qui permet une telle situation. Enfin, pour l'utilisateur ça permet une cohérence de pensée incroyable et ne doit apprendre le fonctionnement que d'une seule interface pour toutes les machines, à moins qu'il choisisse des systèmes différents pour chacune des périphériques. Cependant, je persiste à croire que c'est un mauvais choix et nous verrons pourquoi... Procédé sous-estimant les différences entre périphériques ----------- Qui dit interface unique, dit interaction unique avec le système ce qui suppose que la manière d’interagir est identique entre chaque. Pourtant ce n'est pas le cas aujourd'hui et ne le sera pas dans le futur. Les tablettes et téléphones puissants partagent une interface tactile pour la navigation. Si le tactile a des avantages en terme de précision de geste et possibilité de gestuelles, ça reste un dispositif de pointage particulièrement imprécis pour le clic, le survol qui ne pourra pas égaler la souris (ou le trackball sur ce point). Pourtant les interfaces modernes comme Métro (Windows 8) ou Gnome 3 proposent de grosses icônes pour les ordinateurs équipés d'une souris. Quelle utilité dans ce cas ? C'est d'ailleurs amusant car Windows 8 nécessite dans sa manipulation dans l'interface Metro des mouvements facilement réalisables avec le doigt et moins avec la souris, de quoi perdre en productivité. par exemple le fait de glisser un élément, ou encore de s'amuser à aller dans un coin de l'écran bien éloigné (le coin inférieur droit) pour activer un menu central du système... De plus les ordinateurs de bureaux ou portables ont des écrans bien plus grands que les téléphones et tablettes. Ces derniers n'ont pas besoin d'avoir la notion de fenêtre car une seule fenêtre est réellement exploitable en un instant. C'est d'ailleurs totalement l'inverse sur les écrans récents particulièrement grands où les fenêtres cohabitent souvent ensemble, le plein écran étant peu utile à cause de la place perdu par le reste de l'interface. Et de part cette différence de tailles d'écran, les moyens de présenter l'information sont différentes, Android et iOS ont un centre de notification qui est adapté à cet usage mais qui est bien moins souple et puissant que ce qu'on pourrait faire pour un ordinateur. Pourquoi ignorer ces différences et sous-exploiter les avantages de chaque matériel ? Pour quels usages au final ? ----------- Les usages ne sont d'ailleurs pas non plus les mêmes. La mise en veille est bien plus fréquente sur les téléphones et tablette que l'extinction de l'appareil, mais qu'en est-il sur les machines de bureaux ? La situation n'est pas identique et explique le revers de l'équipe Gnome-Shell à propos de la mise en avant de la veille au détriment de l'extinction... D'ailleurs les machines ne sont pas toutes destinées à un usage identique en terme de logiciel. Il semble intéressant de voir le téléphone et la tablette comme deux appareils destinés à accroitre le « tout connecté » qui implique une grande consommation du web, des fichiers multimédias et de petites applications. Alors que les ordinateurs, de part des écrans plus grands et des dispositifs de saisis et de pointages plus précis, permettent des applications professionnelles ou similaires très complexes. Il semble difficile d'imaginer manipuler Blender uniquement au bout des doigts, ou encore un SolidWorks, etc. de part cette différence, les besoins en terme d’interaction et d'interface sont très différentes et ne saurait être compatible avec la fusion qui se dessine. Donc je me demande si cette fusion aura bien lieu et ce que cela va donner concrètement en terme d'expérience utilisateur. En tout cas je ne suis pas convaincu que la voie soit bonne et si les « ergonomes » ont réellement réfléchi à ces difficultés.

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