URL: https://linuxfr.org/users/patrick_g/journaux/ni-par-pri%C3%A8res-ni-par-menaces Title: Ni par prières ni par menaces... Authors: patrick_g Date: 2010年03月10日T18:42:14+01:00 Tags: openoffice Score: 74 [Jonathan Schwartz](http://en.wikipedia.org/wiki/Jonathan_I._Schwartz) est l'ancien patron de la firme Sun et c'est un bonhomme intéressant. Il a annoncé son départ de Sun par un Haiku posté sur Twitter et rien que pour ça il mérite qu'on lui lui tire notre chapeau : _Financial crisis/ Stalled too many customers/ CEO no more._ Il tient un blog intitulé "What I Couldn't Say" (Ce que je ne pouvais pas dire) et ça balance sec ! [Le dernier post](http://jonathanischwartz.wordpress.com/2010/03/09/good-artists-copy-great-artists-steal/) est au sujet des attaques judiciaires pour violations de brevets et Jonathan révèle que Steve Jobs et Bill Gates ont tout deux tentés de le menacer en utilisant cette tactique. En 2003 Steve Jobs lui a téléphoné pour l'informer que le [projet Looking Glass](http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Looking_Glass) (logiciel libre de bureau 3D) enfreignait des brevets Apple : "_Steve a appelé à mon bureau pour me faire savoir que les effets graphiques violaient la propriété intellectuelle d'Apple. Si nous commercialisions le projet il nous attaquerait en justice_". Réplique immédiate de Jonathan : "_Ma réponse a été simple: "Steve, je viens juste de voir ta dernière présentation et le [logiciel Keynote](http://en.wikipedia.org/wiki/Keynote_%28presentation_software%29) ressemble bigrement au logiciel Concurrence sur lequel nous avons la propriété intellectuelle. Et puis la dernière fois que j'ai regardé MacOS était construit sur Unix. Je pense que Sun a quelques brevets sur l'OS aussi". Steve est resté silencieux et c'est la dernière fois que j'ai entendu parler de ce sujet_." L'épisode suivant se déroule lors d'une conférence ou Bill Gates et Steve Ballmer rencontrent leurs homologues de chez Sun. Bill attaque sur le sujet d'OpenOffice et Jonathan raconte: "_Bill a évité les parlottes inutiles et en est venue au coeur du sujet très rapidement: "Microsoft possède le marché des suites bureautiques et nos brevets couvrent toutes les fonctions d'OpenOffice". Bill tentait une variante un peu plus sophistiquée de ce que Steve avait fait puisqu'il a proposé une solution: "Nous serions heureux de vous vendre l'utilisation de nos brevets. Vous n'auriez plus de problèmes si vous nous payiez des royalties pour chaque téléchargement"._". Là encore Jonathan (après avoir expliqué qu'il s'agit de la version numérique d'un racket à la protection) avait des armes dans sa besace pour faire reculer l'assaillant : "_Nous nous étions préparé pour cette rencontre. Microsoft a l'habitude d'imiter les produits ayant du succès et d'utiliser son poids pour éliminer la compétition. Quand ils ont créé .NET il est évident qu'ils ont puisé leur inspiration dans Java et cela a été ma réponse: "Nous avons regardé .NET et vous êtes en train de piétiner un gros paquets de brevets Java. Donc est-ce que vous accepteriez de nous payer pour chaque copie de Windows ?". Bill a expliqué le business du logiciel consistait à générer des flux de revenus variables à partir de coûts d'ingénierie fixes et que le paiement de royalties ne s'intégrait pas à leur modèle...pour tout dire ce fut une discussion assez brève_". Jonathan continue son post en expliquant que les attaques en violation de brevets sont des actions souvent contre-productives. Cela vaut le coup d'aller le lire en entier (_Developers I know aren't getting less interested in Google's Android platform, they're getting more interested_). On en retire le sentiment que les brevets sur le logiciel ne sont bons que comme armes de dissuasion et ne favorisent en rien l'innovation alors que cela devrait être leur but. Il est aussi assez stupéfiant de voir des PDG décrocher en personne leurs téléphones ou se rencontrer lors de réunions et se menacer de procès les uns les autres. On s'attendrait plutôt à ce qu'ils demandent à leurs départements juridiques de monter des dossiers en béton plutôt que de lancer l'attaque de façon aussi cavalière ! On voit bien que la menace d'attaque en justice joue, pour les grandes firmes, le même rôle que jouait la menace de tabassage en échange des bonbons sur les cours de récré de notre enfance. Le méchant menace et la victime désignée peut soit s'écraser et payer ou au contraire se rebeller et intimider le méchant en étant encore plus méchant. Ou peut-être qu'une analogie avec la Mafia serait plus appropriée ?

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